Affaire Nisman en Argentine: appel contre le non-lieu en faveur de Kirchner

La présidente Cristina Kirchner est soupçonnée d'avoir entravé... (Photo MARTIN ACOSTA, Reuters)

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La présidente Cristina Kirchner est soupçonnée d'avoir entravé l'enquête sur un attentat contre la communauté juive à Buenos Aires en 1994.

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Agence France-Presse
BUENOS AIRES

Un procureur argentin enquêtant sur les accusations de son défunt collègue Alberto Nisman a fait appel mercredi de la décision d'un juge de ne pas poursuivre la présidente Cristina Kirchner, soupçonnée d'avoir entravé l'enquête sur un attentat contre la communauté juive à Buenos Aires en 1994.

L'appel a été formulé par le procureur Gerardo Pollicita suite à l'annonce du juge Daniel Rafecas, le 26 février, de ne pas donner suite aux accusations de Nisman, qui soupçonnait la présidente d'avoir couvert des dirigeants iraniens qui auraient commandité l'attentat.

Le juge Rafecas avait conclu que Mme Kirchner n'avait pas demandé à Interpol de lever les avis de recherche des suspects iraniens, comme le soutenait Nisman.

Selon lui, les conditions minimales exigées pour engager des poursuites pénales n'étaient pas réunies, car «aucune des deux hypothèses de délit, soutenues par le procureur Pollicita dans sa requête, ne se tient un minimum, car le délit présumé n'a jamais été commis», avait-il expliqué.

Le procureur Pollicita pense que le magistrat s'est empressé de clore le dossier et souhaite une étude poussée des affirmations de Nisman, a-t-il précisé dans un document manuscrit de 35 pages.

Dans une affaire qui secoue le pays tout entier, Gerardo Pollicita a insisté sur «la répercussion politique, sociale et journalistique qu'ont eue sur le plan national et international tant la présentation (de l'accusation) que ses conséquences».

Le gouvernement argentin, de son côté, a affirmé que l'objectif du procureur Nisman était de déstabiliser le pouvoir, dans un communiqué publié mercredi dans la presse nationale.

Le texte qualifie les accusations du défunt procureur Alberto Nisman de «truffée(s) de contradictions, qui manque(nt) de logique et de contenu juridique».

«Peut-on envisager une hypothèse autre que celle de chercher à générer un effet politique de déstabilisation?», questionne le gouvernement de Cristina Kirchner, qui termine son mandat dans une situation politique très houleuse.

Gerardo Pollicita est chargé depuis février d'étudier les accusations de Nisman, procureur retrouvé mort d'une balle dans la tête quatre jours après avoir mis en cause le gouvernement et à la veille de la présentation devant le Parlement de ses soupçons. Le suicide est la thèse privilégiée par les enquêteurs.

L'attentat contre la mutuelle juive AMIA, en 1994, avait fait 85 morts et 300 blessés, soit le pire attentat terroriste de l'histoire argentine. Il n'a toujours pas été élucidé.

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