Argentine: rejet de la plainte pour entrave contre la présidente Kirchner

La présidente argentine Cristina Kirchner.... (PHOTO ALEJANDRO PAGNI, ARCHIVES AFP)

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La présidente argentine Cristina Kirchner.

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Alexandre PEYRILLE
Agence France-Presse
BUENOS AIRES

Le spectre de poursuites judiciaires contre la présidente argentine Cristina Kirchner s'éloigne: la justice a estimé jeudi sans fondement l'accusation du défunt procureur Alberto Nisman, selon qui le pouvoir a couvert des dirigeants iraniens soupçonnés d'avoir commandité un attentat contre la communauté juive à Buenos Aires en 1994.

Dans un document de 63 pages, le juge Daniel Rafecas a battu jeudi en brèche les accusations lancées contre Cristina Kirchner le 14 janvier par le procureur Alberto Nisman.

Ce magistrat accusait la présidente Cristina Kirchner et son ministre des Affaires étrangères Hector Timerman de protéger les Iraniens accusés.

Cette mise en cause de la présidente avait fait sensation, tout comme la mort mystérieuse du procureur Nisman, quatre jours plus tard.

Dans son propre document de 63 pages, le juge Daniel Rafecas, magistrat respecté en Argentine, explique qu'il n'engage pas de poursuites contre Cristina Kirchner, au pouvoir depuis 2007, et Hector Timerman «faute de commission d'un délit».

Divers juristes avaient déjà estimé que les faits énoncés ne pouvaient pas déclencher des poursuites judiciaires, quand le dossier d'accusation du procureur Nisman avait été rendu public après sa mort.

En 2007, M. Nisman avait accusé Téhéran d'avoir ordonné l'attentat et soutenait que le mouvement chiite libanais Hezbollah s'était chargé de la logistique et de l'exécution de l'opération.

Pour Alberto Nisman, le mémorandum scellé en 2013 entre Buenos Aires et Téhéran, prévoyant l'audition en Iran des suspects iraniens dont l'Argentine demandait en vain l'extradition depuis 2007, était en fait une manoeuvre visant à assurer l'impunité des Iraniens.

Le 18 juillet 1994 à Buenos Aires, une puissante explosion a dévasté un bâtiment abritant les institutions juives d'Argentine, dont la mutuelle juive de l'AMIA, tuant 85 personnes et faisant plus de 300 blessés.

Le 13 février, Cristina Kirchner, et son ministre des Affaires étrangères, Hector Timerman, avaient été formellement mise en cause pour «les délits d'entrave à la justice et manquement au devoir d'un fonctionnaire» par le procureur Gerardo Pollicita, qui avait repris l'accusation de Nisman, et demandé leur inculpation.

À la suite de l'analyse du dossier, M. Rafecas assure «qu'aucune des deux hypothèses de délit formulées par le procureur Pollicita ne tient, et qu'il n'y a pas de délit avéré».

La députée d'opposition Patricia Bullrich s'attend à ce que le procureur Pollicita «porte le dossier devant la Cour d'appel».

Le procureur Nisman, en charge du dossier AMIA depuis 2004, a été retrouvé mort le 18 janvier dernier. Les premiers éléments de l'enquête laissent penser à un suicide, thèse à laquelle ne croient pas les Argentins.

Vingt ans après, l'attentat non revendiqué contre la mutuelle juive AMIA n'a toujours pas été élucidé.

Le 18 février, des centaines de milliers de personnes ont manifesté à Buenos Aires en hommage au procureur, un mois après sa mort.

Ce n'est pas la première fois qu'un chef d'État est éclaboussé par cette affaire. L'ancien président Carlos Menem (1989-1999) et l'ancien patron des services secrets attendent la date de leur procès pour entrave à l'enquête, tout comme le juge chargé de l'instruction du dossier de 1994 à 2003, Juan José Galeano, inculpé pour avoir remis un pot de vin de 400 000 dollars en échange d'un témoignage accablant.

Pour l'opposition, le pouvoir de Mme Kirchner porte une responsabilité dans la disparition d'Alberto Nisman, alors que le gouvernement y voit l'ombre d'agents incontrôlés des services secrets.

À l'initiative de Mme Kirchner, le Congrès a entériné jeudi une réforme du service de renseignement controversée. Le Secrétariat au renseignement (SI) est remplacé par une Agence fédérale de renseignement (AFI).

Fragilisée par l'affaire Nisman, Cristina Kirchner a changé jeudi de chef du gouvernement, rappelant un fidèle, Anibal Fernandez, qui avait déjà occupé le poste de 2009 à 2011.

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