Étudiants disparus: des milliers de manifestants à Mexico

Plusieurs milliers de manifestants sont à nouveau descendus dans la rue lundi à... (Photo: Reuters)

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Leticia PINEDA, Jennifer GONZALEZ COVARRUBIAS
Agence France-Presse
Mexico

Plusieurs milliers de manifestants sont à nouveau descendus dans la rue lundi à Mexico, quatre mois après la disparition de 43 étudiants dans le sud du Mexique, en appui aux parents des jeunes probablement massacrés.

La manifestation, qui a réuni plus de 15 000 personnes selon la mairie de la ville, a convergé sans incident de cinq points de la capitale vers le Zocalo, la place centrale de la capitale mexicaine, pour un meeting final.

Plusieurs parents des 43 disparus le 26 septembre à Iguala, ville de l'État du Guerrero en proie à la violence des narcotrafiquants, ont raconté à cette occasion le cauchemar sans fin qu'ils vivent, car ils sont convaincus que leurs enfants sont encore vivants, en l'absence de preuves formelles de leur mort.

«Je cherche mon fils et je vais le trouver», s'est exclamée Carmelita de la Cruz sous une immense banderole portant les photos des 43 jeunes tandis que retentissait encore le cri de guerre des proches: «Ils ont été emmenés vivants, vivants nous les voulons!».

Le porte-parole des parents, Felipe de la Cruz, s'est attaqué au gouvernement du président Enrique Peña Nieto et à l'armée, accusés de savoir où sont les jeunes. Il a assuré que les parents, les enseignants et les normalistes du Guerrero ne permettrait pas le déroulement des élections locales prévues en juin pour l'élection d'un nouveau gouverneur.

«Non aux élections parce qu'aucun parti ne détient la solution au problème du Mexique. Voter, c'est voter pour le crime organisé», s'est écrié De la Cruz.

Quatre mois après, les parents exigent que l'on continue de trouver leurs enfants car, pour le moment, le laboratoire autrichien d'Innsbruck qui examine les restes supposés des étudiants n'ont pu identifier qu'un seul des 43 disparus.

Selon la reconstitution des faits par les autorités judiciaires, sur la base d'aveux de membres du groupes criminel des Guerreros Unidos, les étudiants ont été remis par la police locale à des tueurs de cette organisation, sur instruction de l'ex-maire de la ville, détenu ainsi que sa femme et une centaine de personnes, dont des dizaines de policiers municipaux.

Des éléments des Guerreros Unidos auraient tué les élèves enseignants de l'école normale d'Ayotzinapa, puis les auraient brûlés sur un immense bûcher disposé dans une décharge des environs de la localité de Cocula, près d'Iguala. Les restes calcinés auraient été ensuite jetés dans une rivière proche.

Les proches sont sceptiques sur cette version et soupçonnent l'armée de ne pas avoir aidé les étudiants attaqués et même d'avoir appuyé leurs agresseurs. Cette version est formellement démentie par le gouvernement dans une affaire qui n'a pas livré tous ses mystères.

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