Étudiants disparus: des manifestants bloquent l'aéroport d'Acapulco

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La manifestation de colère, qui fait suite à de nombreuses autres organisées depuis la disparition le 26 septembre de 43 étudiants de l'école normale d'Ayotzinapa, survient après l'annonce vendredi de leur massacre probable par des membres du crime organisé.

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Carola SOLÉ
Agence France-Presse
Acapulco

Des Mexicains ont bloqué lundi pendant trois heures l'accès à l'aéroport international d'Acapulco, protestant après le massacre présumé de 43 étudiants, disparus depuis fin septembre, et s'indignant face à l'inaction du président Enrique Peña Nieto.

Le visage dissimulé, armés pour la plupart de bâtons ou de machettes, les manifestants ont pris d'assaut l'aéroport de cette ville touristique du sud du pays, après un affrontement avec des policiers qui tentaient de leur barrer la route.

Dix-neuf agents ont été blessés par des jets de pierres et d'un cocktail Molotov.

Après des négociations menées entre des officiers et Felipe de la Cruz, porte-parole des parents des 43 étudiants, les policiers ont laissé passer les manifestants.

Au total, des milliers de personnes ont convergé vers l'aéroport, une manifestation conduite par les parents des disparus et des élèves de l'école normale d'Ayotzinapa (État du Guerrero, sud), à laquelle appartenaient les étudiants.

«Personne n'entre, personne ne sort jusqu'à nouvel ordre», a déclaré à l'AFP un étudiant masqué bloquant l'entrée des bâtiments avec sept autres protestataires armés de bâtons et de barres métalliques.

Les vols de trois compagnies ont dû être annulés, dont ceux de l'américaine United Airlines, selon le groupe Aeropuerto Centro Norte, qui gère l'aéroport.

Tania Gomez, vendeuse de vêtements de 26 ans, devait prendre un vol vers Mexico pour ensuite partir en vacances à Los Angeles.

«C'est inquiétant car on est au bord de l'insécurité totale. J'ai peur de voir tant de gens avec des bâtons et le visage caché», a-t-elle raconté.

«Nous, tous les Mexicains, sommes en lutte. Peu m'importe d'arriver plus tard, parce que ce qu'ils font est juste», disait pour sa part Beatriz Barros, une autre voyageuse.

Peña assassin!

La manifestation de colère, qui fait suite à de nombreuses autres organisées depuis la disparition le 26 septembre de 43 étudiants de l'école normale d'Ayotzinapa, survient après l'annonce vendredi de leur massacre probable par des membres du crime organisé, dont plusieurs ont avoué avoir fait brûler les corps sur un gigantesque bûcher pendant 14 heures avant de disperser les restes dans une rivière avoisinante.

Les étudiants ont disparu après une attaque conjointe de policiers et de membres du crime organisé à Iguala (État du Guerrero), contre le bus qui les transportait. Cette attaque a fait 6 morts, dont 3 étudiants.

Lundi, le ministre de la Justice, Jesus Murillo Karam, a estimé qu'il serait très difficile d'identifier les restes carbonisés qui pourraient s'avérer être ceux des 43 étudiants disparus, précisant qu'il n'est possible de réaliser des tests ADN que sur deux fragments d'os.

Les experts ont fait savoir aux autorités qu'il y avait «deux restes, seulement une rotule et un autre fragment, qui peuvent» être soumis à des tests ADN, a-t-il déclaré à la chaîne Televisa.

Les deux fragments vont être envoyés à un laboratoire qui «ne nous a pas dit s'il pourrait (les identifier), mais qu'il y avait une possibilité», a-t-il ajouté.

Les parents de ces jeunes veulent encore y croire. «Tant qu'il n'y a pas de preuves, nos enfants sont vivants», avait alors déclaré Felipe de la Cruz.

Selon les autorités fédérales, les étudiants ont été attaqués sur ordre de l'ancien maire d'Iguala, José Luis Abarca, et de son épouse, Maria de Los Angeles Pineda, soeur de trois narcotrafiquants notoires, qui craignait que les étudiants ne perturbent un événement public qu'elle tenait ce jour-là.

L'affaire, qui jette une lumière crue sur la collusion des autorités politiques et policières avec le crime organisé, constitue la plus grave crise de la présidence d'Enrique Peña Nieto, arrivé au pouvoir en décembre 2012.

«Peña dehors!», «Peña assassin!» sont parmi les slogans les plus repris par les manifestants, qui lui reprochent aussi d'avoir maintenu un déplacement diplomatique en cours en Chine.

Le président est également l'objet d'une polémique à propos de l'achat par son épouse d'une maison luxueuse, d'une valeur de 7 millions de dollars à un groupe mexicain de construction ayant bénéficié de marchés gouvernementaux.

Cette entreprise faisait partie du consortium mené par un groupe chinois et qui avait été choisi le 3 novembre pour la construction du premier TGV mexicain. L'attribution du contrat à ce groupe a été annulée trois jours après et l'appel d'offre relancé fin novembre pour une durée de six mois.

Des policiers blessés

Onze policiers ont été blessés lundi matin près de l'aéroport d'Acapulco, dans le sud du Mexique, dans des heurts avec des manifestants qui protestaient contre la disparition des 43 étudiants, ont annoncé les autorités.

Quelque 300 manifestants accompagnés de parents et de proches des jeunes disparus ont tenté de se diriger vers l'aéroport de cette destination touristique située dans l'État de Guerrero, mais ont été bloqués par des équipes de la police fédérale.

Plusieurs manifestants, dont certains masqués, ont commencé à lancer des pierres contre les policiers, a constaté un photographe de l'AFP.

Dix agents ont été blessés par des pierres et un autre par un cocktail molotov, a indiqué un membre de la Sécurité publique régionale du Guerrero.

Plusieurs des manifestants sont armés de bâtons et certains autres de machettes. L'avenue menant à l'aéroport était bloquée dans les deux sens à 10h00 locales (11h00, heure de Montréal) tandis qu'un porte-parole des parents des jeunes disparus, Felipe de la Cruz, tentait de mener un dialogue avec des responsables de la police.

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