Uruguay: le candidat de gauche contraint à un second tour

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Le favori des sondages, Tabaré Vazquez, a fait part de ses espoirs de succès: «Nous espérons faire mieux, mais ce sont les gens qui parleront».

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Ana Inés CIBILS, Giovanna FLEITAS
Agence France-Presse
MONTEVIDEO

Les Uruguayens ont placé dimanche en tête le candidat de gauche et ancien président Tabare Vazquez pour succéder à l'atypique José Mujica mais ont privé le Frente Amplio au pouvoir de majorité parlementaire, malgré une décennie de prospérité économique.

Les sondages de sortie des urnes accordent entre 44% et 46% des suffrages au candidat du Frente Amplio (FA, gauche), Tabaré Vazquez, suivi de Luis Lacalle Pou (Parti National, centre-droite), avec 31% à 34% des voix, selon les instituts Equipos Mori, Factum et Cifra.

Le candidat du Parti Colorado (conservateur), Pedro Bordaberry, recueillerait pour sa part environ 14% des voix, contre 3% au représentant du Parti indépendant (PI, gauche).

Ces résultats, conformes aux enquêtes réalisées avant le scrutin, privent toutefois le Frente Amplio de majorité parlementaire et le contraindra à des alliances, notamment avec le PI.

Ces scrutins présidentiel et législatifs pourraient sonner le glas de la plus ambitieuse loi votée sous la présidence Mujica, fin 2013: la légalisation de la production et de la vente du cannabis sous contrôle de l'État.

M. Lacalle Pou a déjà promis en cas d'élection de faire modifier la loi pour supprimer notamment son aspect le plus polémique : la vente publique en pharmacie, sur laquelle Tabare Vazquez est également réservé.

«Nous espérons le meilleur, mais les gens décideront», avait déclaré au moment de voter M. Vazquez, un cancérologue respecté de 74 ans, premier président du gauche du pays entre 2005 et 2010.

«Il nous appartient de continuer à aller de l'avant ou de reculer de 1000 pas», avait estimé devant l'AFP une électrice, Alejandra Correa, enroulée dans un large drapeau du Frente Amplio.

Au total, 2,6 millions d'électeurs de ce pays de 3,3 millions d'habitants étaient appelés à choisir, outre leur président, les 30 sénateurs et 99 députés du parlement.

Les électeurs se prononçaient également par référendum sur l'abaissement à 16 ans de l'âge de responsabilité pénale des criminels, mais aucun résultat partiel n'était disponible en milieu de soirée.

Entouré de ses partisans, le président José Mujica a été l'un des premiers à voter dans le quartier populaire de Cerro (ouest de Montevideo), sous l'objectif notamment d'une équipe du réalisateur Emir Kusturica qui tourne un documentaire sur l'ex-guérillero de 79 ans.

L'élection «n'est pas une guerre, c'est une étape importante, mais le pays va continuer à aller de l'avant», a déclaré le président, qui devra laisser la présidence à son successeur le 1er mars 2015, avant de repartir avec son chauffeur et son épouse dans sa vieille Coccinelle Volkswagen.

L'enjeu du Parlement 

Le 30 novembre, M. Vazquez affrontera donc un jeune député de 41 ans, issu d'une grande famille de la politique et auteur d'une campagne électorale dynamique qui a fait souffler un vent de fraîcheur sur le paysage politique local.

Pour espérer l'emporter, M. Lacalle Pou devra toutefois faire le plein des voix de Pedro Bordaberry, fils de l'auteur du coup d'État qui avait mené à l'instauration d'une dictature militaire (1973-1985).

«Nous sommes très heureux de la campagne», s'était félicité dimanche M. Lacalle Pou peu avant de voter.

«Lacalle est jeune et je veux une rénovation», avait témoigné Alba Ramirez, 67 ans, également drapée dans une bannière aux couleurs du Parti National à l'arrivée à son bureau de vote, dans les environs de Montevideo.

Au-delà de la succession de «Pepe» Mujica, qui a conquis la planète avec son mode de vie modeste qui lui a valu le surnom de «président le plus pauvre du monde» et ses discours anti-consuméristes, l'autre enjeu du scrutin résidait dans les législatives.

Malgré son bilan plutôt positif, avec une croissance du PIB de 4,4% en 2013 - 11e année consécutive de hausse -, un chômage autour de 6% et une pauvreté divisée par trois entre 2006 et 2013, le Frente Amplio semble perdre sa majorité au Congrès qui lui avait permis de voter notamment le mariage homosexuel ou le droit à l'avortement.

Le bilan du gouvernement de Jose Mujica pêche effectivement sur la sécurité, l'éducation ou l'inflation (environ 10% par an), thèmes auxquels sont sensibles les classes moyennes, largement majoritaires.

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