Étudiants disparus: l'armée mexicaine arrête des policiers corrompus

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S'il se confirmait que ces corps sont ceux des étudiants disparus, il s'agirait de l'un des pires massacres au Mexique depuis le début de la guerre lancée en 2006 contre les narcotrafiquants et qui a fait plus de 80 000 morts.

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Leticia PINEDA
Agence France-Presse
Iguala de la Independencia

Les forces fédérales mexicaines, armée et gendarmerie, ont pris lundi le contrôle de la ville d'Iguala (État de Guerrero), où ont disparu 43 étudiants attaqués par des agents municipaux et des narcotrafiquants.

L'armée a procédé au désarmement de la police municipale dans le cadre d'un déploiement des forces fédérales ordonné par le président Enrique Peña Nieto afin de prendre le contrôle de la ville et mener l'enquête, alors que les corps des étudiants disparus pourraient se trouver dans des fosses communes trouvées durant le week-end.

«Les policiers municipaux encore actifs ont été désarmés par le Secrétariat de la défense nationale», a expliqué aux médias le commissaire à la sécurité, Monte Alejandro Rubido.

Ils seront transférés vers une base militaire dans le centre du pays, pendant que leurs armes seront examinées pour vérifier si elles ont servi à commettre des délits, a-t-il précisé.

La gendarmerie remplace la police

Le nouveau corps spécial de gendarmerie, soutenu par l'armée, est lui chargé des «tâches de sécurité publique» dans cette commune de 140 000 habitants, a indiqué Monte Alejandro Rubido.

Plus tôt dans l'après-midi, le président mexicain Enrique Peña Nieto avait assuré que les responsables de l'enlèvement seraient punis.

«Dans l'État de droit, il n'y a pas la moindre place (...) pour l'impunité», a-t-il déclaré dans un message diffusé en direct à la télévision depuis le palais présidentiel.

Ces faits sont «révoltants, douloureux et inacceptables», a ajouté M. Peña Nieto, assurant de sa pleine collaboration pour résoudre cette affaire. «Je regrette tout particulièrement la violence qui a été employée et surtout le fait qu'il s'agisse de jeunes étudiants.»

Au total, 22 policiers de Iguala ont été arrêtés, accusés de travailler pour un gang du crime organisé, Guerreros Unidos, après la fusillade survenue le 26 septembre dernier contre des autobus transportant des étudiants, pour des raisons encore non élucidées.

Les étudiants, élèves à l'école normale d'Ayotzinapa, connue pour être un foyer de contestation, étaient venus avec des dizaines d'autres du même établissement à Iguala, à 100 km de distance, pour, selon leurs dires, récolter des fonds et manifester.

Ils s'étaient ensuite emparés de trois autobus des transports publics locaux pour rentrer chez eux.

Des policiers municipaux et des hommes armés non identifiés avaient tiré sur ces bus, faisant trois morts, et d'autres fusillades dans la soirée avaient fait trois autres morts.

Des témoins ont assuré avoir vu des dizaines d'étudiants être emmenés peu après dans des voitures de police vers une destination inconnue.

Deux membres présumés de Guerreros Unidos ont avoué avoir tué 17 des étudiants disparus, selon les autorités locales. Parallèlement, 28 corps ont été trouvés dans une fosse près d'Iguala.

Les proches gardent espoir

Les suspects ayant avoué ont indiqué avoir fait descendre les étudiants d'un autobus, «se sont emparés de 17 d'entre eux pour les transférer vers les hauteurs d'une colline de Pueblo Viejo (commune d'Iguala), où ils ont des fosses clandestines et où ils disent les avoir abattus», a rapporté le procureur de l'État de Guerrero, Iñaky Blanco.

«Dans les fosses localisées à Pueblo Viejo, ont été mis en place une couche de branches et des troncs sur lesquels ont été placés les corps des victimes, qu'ils ont arrosés d'une substance inflammable», a-t-il détaillé.

Des spécialistes argentins vont participer aux travaux d'identification des cadavres.

Mais ce travail risque de durer : «Les spécialistes considèrent que le processus (...) va osciller entre 15 jours et deux mois», a souligné le procureur.

Les proches des disparus continuent de les croire vivants. «Nous n'allons pas croire que ce sont nos enfants», a affirmé Manuel Martinez, porte-parole du comité des parents, à propos des corps trouvés dans des fosses, lors d'une conférence de presse donnée à l'intérieur de l'école des étudiants.

La participation du gouvernement fédéral à l'enquête «n'est pas une faveur, c'est une obligation de nous rendre nos enfants en vie le plus tôt possible», a dit de son côté la mère d'un des disparus.

S'il se confirmait que les corps sont ceux des étudiants disparus, il s'agirait de l'un des pires massacres au Mexique depuis le début de la guerre lancée en 2006 contre les narcotrafiquants et qui a fait plus de 80 000 morts.

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