Tournée en Amérique latine pour Vladimir Poutine

Le président russe dans sa résidence officielle, en... (PHOTO MAXIM SHIPENKOV, ARCHIVES REUTERS)

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Le président russe dans sa résidence officielle, en banlieue de Moscou, le 8 juillet.

PHOTO MAXIM SHIPENKOV, ARCHIVES REUTERS

Anna SMOLCHENKO
Agence France-Presse
MOSCOU

président russe Vladimir Poutine commence vendredi une tournée ambitieuse de l'Amérique latine au cours de laquelle il rencontrera les dirigeants cubain, brésilien et argentin, avec pour but de les rallier à sa cause, en pleine confrontation entre Russes et Occidentaux.

Au cours de ce voyage de six jours, Vladimir Poutine doit rencontrer le père de la Révolution cubaine, Fidel Castro, prendre part au sommet des BRICS (Brésil, Russie, Chine, Inde, Chine, Afrique du Sud) et assister à la finale de la Coupe du monde de soccer à Rio de Janeiro, au Brésil.

Cette tournée de l'homme fort du Kremlin intervient alors que la Russie continue de s'opposer à l'Occident sur la crise en Ukraine, où les combats entre les forces ukrainiennes et les séparatistes prorusses ont déjà fait près de 500 morts.

Les discussions entre Vladimir Poutine et les dirigeants d'Amérique du Sud, traditionnelle chasse gardée des États-Unis, sont un pied de nez du Kremlin à Washington, estiment des analystes.

«La tournée a pour but de renforcer et de déplacer le pivot (de la politique russe, NDLR) de l'Amérique du Nord à l'Amérique latine», explique Vladimir Orlov, président du centre de recherche moscovite PIR.

Partenaires à l'attitude impartiale

Alors que le conflit en Ukraine et le rattachement de la Crimée à la Russie en mars ont provoqué la pire crise entre l'Est et l'Ouest depuis la Guerre froide, Moscou «se tourne vers ses partenaires naturels, qui n'ont pas une attitude partiale à son égard», poursuit cet analyste.

Vladimir Poutine commencera sa tournée par une visite à Cuba, où il discutera de la coopération en matière d'énergie, de transport, de l'aviation civile et de l'espace avec le dirigeant cubain Raul Castro, a indiqué le Kremlin.

Moscou, qui au cours des dernières années, a tenté de raviver les liens avec l'île communiste, a annulé vendredi 90 % de la dette contractée par Cuba envers l'URSS, qui représentait au total 35 milliards de dollars.

Selon Vladimir Davidov, directeur de l'Institut de l'Amérique latine au sein de l'Académie russe des Sciences, La Havane et Moscou pourraient notamment signer un accord sur l'énergie impliquant le géant russe du pétrole Rosneft.

Vladimir Poutine rencontrera également Fidel Castro.

«Fidel est le dernier des Mohicans, avec lequel Poutine peut discuter de l'actuel et futur ordre mondial», souligne Vladimir Orlov.

Après Cuba, le président russe rejoindra samedi Buenos Aires pour des discussions portant sur le commerce et l'énergie avec la présidente argentine Cristina Kirchner, puis s'envolera pour le Brésil pour une visite de quatre jours.

Le président russe doit y rencontrer des hommes d'affaires locaux afin de les convaincre d'investir en Russie, qui subit une importante fuite de capitaux depuis le début de la crise ukrainienne.

Il participera ensuite à une rencontre des dirigeants des BRICS les 15 et 16 juillet. Les pays émergents doivent y sceller la création de leur banque de développement commune, un objectif de longue date visant à concurrencer les institutions internationales basées à Washington (Banque mondiale et FMI) dans lesquelles ils s'estiment mal représentés.

Le ministre russe des Finances, Anton Silouanov, a indiqué mercredi que cette institution spécialisée dans le financement des infrastructures devait apparaître en 2016 et être dotée d'ici à sept ans de dix milliards de dollars (deux milliards par pays membre).

«Les BRICS représentent cinq civilisations clés et comptent pour 43 % de la population» mondiale, a rappelé Vladimir Davidov.

Le point culminant de la visite du président russe sera sans doute la cérémonie de fermeture de la Coupe du monde, au cours de laquelle la présidente brésilienne Dilma Rousseff cèdera les responsabilités de l'organisation de la prochaine Coupe à son homologue russe.

Hôte de la Coupe du monde de 2018, la Russie a déjà promis de dépenser des milliards de dollars pour construire des stades et des infrastructures afin d'accueillir l'événement, l'un des plus suivis au monde.




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