Mexique: quand les civils s'opposent aux cartels

  • Jose Manuel Mireles, chef de la police communautaire de Michoacan, en compagnie de « justiciers volontaires ». (Jorge Dan Lopez, Reuters)

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    Jose Manuel Mireles, chef de la police communautaire de Michoacan, en compagnie de « justiciers volontaires ».

    Jorge Dan Lopez, Reuters

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  • Des membres de la police communautaire réunis dans la ville de Nueva Italia ()

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    Des membres de la police communautaire réunis dans la ville de Nueva Italia

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  • Des membres du groupe d'autodéfense en patrouille aux abords de la ville de Paracuaro. ()

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    Des membres du groupe d'autodéfense en patrouille aux abords de la ville de Paracuaro.

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  • Blessé par balles lors d'un affrontement avec des narcotrafiquants, un membre de la police communautaire est transporté par camion afin de recevoir les premiers soins ()

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    Blessé par balles lors d'un affrontement avec des narcotrafiquants, un membre de la police communautaire est transporté par camion afin de recevoir les premiers soins

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  • Affrontement armé entre un groupe de miliciens et des membres du cartel des templiers à Nueva Italia ()

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    Affrontement armé entre un groupe de miliciens et des membres du cartel des templiers à Nueva Italia

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  • À Tierra Caliente, des membre du groope d'autodéfense se préparent pour une embuscade. ()

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    À Tierra Caliente, des membre du groope d'autodéfense se préparent pour une embuscade.

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  • Des miliciens prennent couvert dans un parc de Nueva Italia lors d'une fusillade. ()

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    Des miliciens prennent couvert dans un parc de Nueva Italia lors d'une fusillade.

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  • La fenêtre criblée de balles d'une succursale bancaire d'Apatzingan après une fusillade ()

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    La fenêtre criblée de balles d'une succursale bancaire d'Apatzingan après une fusillade

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  • Les membres du groupe d'autodéfense de Michoacan patrouillent à bord d'un camion protégé par des sacs de sable. ()

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    Les membres du groupe d'autodéfense de Michoacan patrouillent à bord d'un camion protégé par des sacs de sable.

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Emmanuelle Steels
La Presse

(Mexico) Une quasi-guerre civile règne au Mexique, dans l'État du Michoacán, mettant aux prises des habitants armés avec les narcotrafiquants qu'ils tentent de chasser. Le gouvernement a envoyé l'armée pour rétablir l'ordre, mais les militaires ont tiré sur des civils, aggravant la confusion. Quels sont les enjeux de ce conflit inédit?

Le conflit pourrait être le «Viêtnam du gouvernement mexicain»

Dans l'État du Michoacán, dans l'ouest du Mexique, le gouvernement tolère depuis un an les groupes d'autodéfense qui résistent aux agressions du cartel des Chevaliers templiers. Ces civils armés sont parvenus à chasser les narcotrafiquants et à prendre le contrôle de 25 municipalités. Mais en début de semaine, alors que les affrontements s'intensifient aux portes d'Apatzingán, l'un des bastions du cartel, le gouvernement a décidé d'intervenir en envoyant l'armée. C'est que la région, abritant de nombreuses milices populaires et des criminels sanguinaires, s'est entre-temps transformée en poudrière. La confusion règne chez les autorités, qui refusent de laisser dégénérer ce conflit armé, mais ne peuvent combattre ces groupes civils soutenus par la population. Romain Le Cour Grandmaison, spécialiste de cette région au centre de recherche Noria, affirme: «Le Michoacán, ça risque d'être le Viêtnam de ce gouvernement.»

La population appuie les groupes d'autodéfense

Même s'il tolère leur existence, le gouvernement n'a cessé de souligner l'illégalité des groupes d'autodéfense. «Nous ne sommes pas des criminels, nous savons que nous sommes illégalement armés, mais avons-nous le choix?», se demandait il y a quelques mois José Manuel Mireles, le leader charismatique de la résistance populaire au Michoacán, lors d'un entretien avec La Presse. «Nous voulons déposer les armes et vivre en paix, mais pour le moment, notre seule intention est de nous défendre», ajoutait ce médecin, qui est aujourd'hui convalescent après avoir été grièvement blessé lors d'un accident d'avion. Au Michoacán, de plus en plus d'habitants sont convaincus que, face à la corruption et l'abandon des autorités, le peuple doit assurer sa propre défense.

Un concentré de tous les échecs

C'est ce qu'affirment les éditorialistes mexicains, rappelant le chapelet de maux qui accablent cet État: corruption, extorsion, exécutions, «narcofosses» dans lesquelles les cartels se débarrassent des corps de leurs victimes... En mai déjà, le gouvernement avait envoyé des troupes militaires au Michoacán pour «reprendre le territoire». Sans succès. La violence et les morts n'ont fait qu'augmenter. Le président Enrique Peña Nieto s'était engagé à mettre sur les rails une nouvelle stratégie contre le crime organisé, mais il privilégie, à l'instar de son prédécesseur Felipe Calderón, la voie militaire.

Le gouvernement ne sait pas qui désarmer

«Le gouvernement veut nous enlever nos armes, mais nous ne nous laisserons pas faire. Nous n'allons pas nous retirer tant que les leaders du cartel ne seront pas capturés.» C'est ce qu'explique à La Presse Arturo Barragán, porte-parole des groupes d'autodéfense. Les militaires envoyés au Michoacán ont amorcé leur mission de désarmement des civils avec une bavure, lundi soir: ils ont tiré sur des villageois et tué deux personnes. Les autorités ont alors restitué leurs armes aux milices civiles, tout en leur demandant d'interrompre leurs patrouilles armées. «Qu'on désarme d'abord les criminels qui nous attaquent!», réclament les milices d'autodéfense. Mercredi, le gouvernement annonçait l'arrestation de l'un des leaders des Chevaliers templiers, un geste destiné à calmer la population.

Des champions de la corruption

Mi-secte, mi-cartel, les Caballeros Templarios, nom inspiré des corps armés assurant la protection des croisés, au Moyen Âge, contrôlent une part importante de la production et du trafic de drogues. Ils pratiquent l'extorsion systématique à la population et exercent une emprise croissante sur le commerce dans la région. Tout cela grâce à leur capacité de corruption. «Le degré de collusion avec les autorités et l'imbrication politique des Chevaliers templiers sont supérieurs à ceux d'autres cartels au Mexique», explique Romain Le Cour Grandmaison. Après le siège d'Apatzingán, les narcotrafiquants auraient fui dans la sierra. Mais ils conservent une base sociale et plusieurs fiefs importants au Michoacán.

Données pour une carte

Le Michoacán est l'un des 32 États du Mexique, l'un des plus peuplés avec près de 4,5 millions d'habitants. Les conflits récurrents en ont fait une région pauvre, malgré ses richesses naturelles.

990 meurtres ont été commis au Michoacán en 2013, un record.

Quelque 2000 militaires et policiers fédéraux sont déployés depuis le début de la semaine dans la région d'Apatzingán. Au total, plus de 10 000 militaires ont été envoyés dans le Michoacán depuis 2006.




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