Une Française libérée après sept ans de prison au Mexique

Florence Cassez est accueillie par sa mère, lors... (PHOTO CHRISTOPHE ENA, AP)

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Florence Cassez est accueillie par sa mère, lors de son arrivée à l'aéroport Charles de Gaulle, à Roissy, en banlieue parisienne, le 24 janvier.

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Jean-Claude BOKSENBAUM
Agence France-Presse
Mexico

La Française Florence Cassez a décollé de Mexico mercredi à 21 h 25 locales en direction de l'aéroport de Paris Charles de Gaulle après la décision de la Cour suprême de faire procéder à sa libération immédiate.

Elle devrait en principe atterrir à Paris jeudi vers 14 h 15 à l'aéroport de Paris.

La Française avait quitté la prison pour femmes de Tepepan, au sud de Mexico, en fin d'après-midi dans un véhicule blanc (bien blanc NDLR) suivi d'un important cortège de voitures de la police de la ville de Mexico. Vêtue d'un gilet pare-balles, elle était accompagnée par son père, Bernard Cassez, et le consul général de France au Mexique, Gérald Martin.

La Cour suprême du Mexique a mis fin mercredi à plus de sept ans de cauchemar vécu par la Française de 38 ans.

Trois des cinq juges de la première chambre de la Cour suprême ont estimé que les droits constitutionnels de la Française avaient été violés par les autorités lors de son arrestation en décembre 2005 et lors du montage policier mettant en scène sa soi-disant arrestation en direct devant les caméras de télévision.

Ils ont annulé sa condamnation à 60 ans de prison pour enlèvements, délinquance organisée et port d'armes prohibées sans autre forme de procès.

«Le jugement est annulé, le recours est accordé et la liberté absolue de Florence Cassez est ordonnée», indique la résolution adoptée par la Cour suprême.

Le jugement ayant été déjà envoyé par courrier spécial à la prison, la Française a pu prendre l'avion dès mercredi soir, avec son père Bernard, pour rejoindre sa mère Charlotte qui l'attend en France et qui s'est déclarée «folle de joie».

«Ma fille s'est battue, elle a gagné sa liberté, j'adore ma fille, elle est extraordinaire», a dit Charlotte Cassez dans une brasserie parisienne où s'étaient retrouvés les amis qui avait soutenu Florence Cassez.

«C'est un jour lumineux pour la justice mexicaine», s'est exclamé l'avocat mexicain de la Française, Me Agustin Acosta.

Selon lui, «il s'agit d'un jour historique pour la Cour suprême parce qu'il a été établi que les violations graves des droits de l'homme ne seront plus tolérées comme mécanisme pour établir la culpabilité des personnes».

Même joie pour l'avocat français Frank Berton : «Justice a été rendue au Mexique pour cette fille qui depuis sept ans a crié pour dire son innocence, que ces droits ont été violés, pour dire qu'elle voulait retrouver sa liberté».

La proposition initiale de la juge Olga Sanchez d'une annulation de sa condamnation, mais assortie d'un renvoi vers un tribunal d'appel, n'a pas recueilli la majorité. La juge a donc décidé de reprendre à son compte la proposition du juge Arturo Zaldivar -rejetée le 21 mars 2012- d'une libération immédiate et absolue, et qui a cette fois obtenu les trois voix nécessaires, grâce à l'apport du nouveau juge Alfredo Gutierrez Ortiz Mena.

Pour la Française emprisonnée depuis le 8 décembre 2005, cette cinquième tentative devant la justice mexicaine aura été la bonne, après trois condamnations en justice ordinaire en 2008, 2009 et 2011 et une indécision de la Cour suprême en 2012.

Florence Cassez avait déposé un recours en révision devant la Cour suprême du Mexique peu après le rejet de son pourvoi en cassation le 10 février 2011, son troisième et ultime échec devant la justice ordinaire.

Le président français François Hollande a «salué» la décision de la Cour suprême du Mexique de libérer Florence Cassez, parlant de la fin d'une «période particulièrement douloureuse».

Dans un communiqué, le chef de l'État a remercié «tous ceux qui, au Mexique comme dans notre pays, se sont engagés pour que la vérité et la justice prévalent».

Nicolas Sarkozy s'est dit quant à lui «très ému et très heureux» de l'annonce de la libération de Florence Cassez avec qui il s'est entretenu par téléphone, a-t-on appris dans l'entourage de l'ancien chef de l'État.

L'affaire Cassez avait provoqué en 2011 une crise diplomatique entre la France et le Mexique ayant entraîné l'annulation par Mexico de l'année de la France au Mexique, après la décision de Nicolas Sarkozy de dédier cet événement à la Française.

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