Ouganda: l'opposant Besigye une nouvelle fois arrêté

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Assigné à résidence depuis vendredi soir, Kizza Besigye a été escorté hors de sa maison de Kasangati, dans le nord de Kampala, et emmené dans un fourgon de police.

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Agence France-Presse
KAMPALA

Le principal opposant en Ouganda, Kizza Besigye, a été arrêté lundi matin pour la troisième fois depuis le scrutin présidentiel du 18 février, alors qu'il avait appelé ses partisans à une marche vers le siège de la Commission électorale, a constaté une journaliste de l'AFP.

Assigné à résidence depuis vendredi soir, M. Besigye a été escorté hors de sa maison de Kasangati, dans le nord de Kampala, et emmené dans un fourgon de police, selon cette source. «Nous l'emmenons au poste de police de Nagalama», a confirmé à l'AFP un porte-parole de la police, Patrick Onyango.

M. Besigye, 59 ans, est arrivé deuxième de l'élection présidentielle avec 35,37 % des voix, loin derrière le président sortant Yoweri Museveni (60,75 %), 71 ans, au pouvoir depuis 30 ans et réélu pour un cinquième mandat de cinq ans, selon les résultats officiels.

L'opposant historique, déjà battu au premier tour lors des trois dernières élections présidentielles (2001, 2006 et 2011), a dénoncé un scrutin «frauduleux», et demandé aux Ougandais et à la communauté internationale d'en rejeter les résultats.

M. Besigye avait appelé dimanche soir ses partisans à l'accompagner lundi dans une marche vers la Commission électorale, dont il condamne le manque d'indépendance et qu'il accuse de couvrir les fraudes commises par le régime.

«La loi nous donne dix jours après l'annonce des résultats pour les contester. Comme vous le savez, j'ai passé le premier de ces dix jours en résidence surveillée. Il me reste maintenant neuf jours pour exercer ce droit», avait-il expliqué dans un message adressé à ses sympathisants.

«Demain (lundi), j'irai donc à la Commission électorale pour recevoir ces résultats. Je rencontrerai ensuite mon équipe de campagne et nous ferons le tour du pays pour collecter toute l'information disponible afin de préparer une réponse argumentée. C'est un droit qui nous est dû et nous ne demandons pas la permission», avait-il ajouté.

Mais la police a prévenu qu'elle ne tolérerait aucune manifestation lundi, affirmant que M. Besigye ne lui avait pas annoncé son intention d'organiser un cortège.

Elle a également justifié son refus par le fait que la rentrée scolaire devait avoir lieu lundi et qu'une marche «empièterait sur les droits collectifs des parents et de leurs enfants».

M. Besigye a été arrêté quatre fois en une semaine, et trois fois depuis la tenue du scrutin le 18 février.

Les États-Unis ont dénoncé le «harcèlement» dont il a été l'objet, et estimé que l'élection n'était «pas du tout en adéquation avec les standards internationaux et les attentes en matière de processus démocratique».

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