Mali: trois morts dans une attaque contre un camp de l'ONU

Des soldats de l'ONU patrouillent dans la ville... (PHOTO KENZO TRIBOUILLARD, ARCHIVES AGENCE FRANCE-PRESSE)

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Des soldats de l'ONU patrouillent dans la ville de Kidal, dans le nord du Mali.

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Agence France-Presse
BAMAKO

Deux Casques bleus guinéens et un civil travaillant pour les Nations unies ont été tués samedi dans une attaque à la roquette contre un camp de la Mission de l'ONU au Mali à Kida, au nord-est du pays, revendiquée par le groupe djihadiste Ansar Dine, allié d'Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi).

Cet attentat intervient une semaine après la tuerie de l'hôtel Radisson Blu, qui a fait 20 morts dans la capitale Bamako.

« Notre camp à Kidal a été attaqué tôt ce matin par des terroristes. Ils ont utilisé des roquettes » qui ont tué « deux Casques bleus de nationalité guinéenne » et un « civil contractuel » de l'ONU, a déclaré à l'AFP un responsable de l'ONU.

La Minusma a ensuite confirmé ce bilan dans un communiqué, précisant que 20 personnes avaient été blessées, dont quatre grièvement, dans cette attaque menée aux environs de 4 h (locales, soit à 22h, vendredi, heure de Montréal).

« Les terroristes ont tiré et sont repartis » vers une destination inconnue, a précisé à l'AFP une autre source onusienne.

La Minusma est la mission de maintien de la paix de l'ONU la plus coûteuse en vies humaines depuis la Somalie en 1993-1995.

L'attaque a été revendiquée en fin de journée auprès de l'AFP par un responsable d'Ansar Dine, le groupe djihadiste dirigé par l'ex-chef rebelle touareg malien Iyad Ag Ghaly : « Nous revendiquons au nom de tous les moudjahidin l'attaque contre le camp de Kidal » qui est « une réponse à la violation de nos terres par les ennemis de l'islam », a déclaré Hamadou Ag Khallini dans une brève conversation téléphonique avec un journaliste de l'AFP.

L'assaut a été condamné par le Conseil de sécurité de l'ONU qui a demandé à Bamako d'« enquêter rapidement et de poursuivre en justice les responsables ».

Le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon s'est dit « révolté par cette attaque meurtrière ». M. Ban a réaffirmé « la détermination des Nations unies à soutenir le gouvernement malien, les parties signataires de l'accord de paix, ainsi que le peuple malien, dans leurs efforts pour parvenir à une paix et une stabilité durables ».

Un conseiller municipal de Kidal, chef-lieu de la région éponyme, a qualifié les assaillants d'« ennemis de la paix ».

Instabilité au Mali malgré l'accord signé

L'instabilité persiste dans le nord du Mali malgré la signature en mai-juin d'un accord entre le gouvernement et la rébellion à dominante touareg visant à instaurer une paix durable dans la région.

Dans un enregistrement remontant à octobre et authentifié le 16 novembre, Iyad Ag Ghaly avait dénoncé cet accord de paix et appelé à poursuivre la lutte contre la France et le djihad. Ansar Dine est notamment un allié d'Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi) et du Front de libération du Macina (FLM), un groupe djihadiste du centre du Mali.

Le 20 novembre, un commando d'au moins deux assaillants avait pénétré dans l'hôtel Radisson Blu de Bamako, tôt le matin, et ouvert le feu sur le personnel et les clients, tuant 20 personnes, avant que les deux assaillants soient abattus à leur tour par les forces de sécurité.

L'attentat avait été revendiqué le jour même par le groupe djihadiste de l'Algérien Mokhtar Belmokhtar, Al-Mourabitoune, qui disait avoir agi « avec la participation » d'Aqmi. Mais le Front de libération du Macina avait ensuite lui aussi revendiqué de son côté le massacre, commis selon lui « avec la collaboration d'Ansar Dine ».

Le nord du Mali est tombé en mars-avril 2012 sous la coupe de groupes djihadistes liés à Al-Qaïda, dont Ansar Dine. Les djihadistes ont été dispersés et en grande partie chassés à la suite du lancement en janvier 2013, à l'initiative de la France, d'une intervention militaire internationale qui se poursuit actuellement. Mais des zones entières échappent encore au contrôle des forces maliennes et étrangères.

Les attaques djihadistes se sont étendues depuis le début de l'année vers le centre, puis le sud du pays.

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