Mali: la rébellion exclut de parapher l'accord de paix «en l'état»

Le nord du Mali est tombé au printemps... (Photo Souleymane Ag Anara, archives Reuters)

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Le nord du Mali est tombé au printemps 2012 sous la coupe de groupes djihadistes liés à Al-Qaïda.

Photo Souleymane Ag Anara, archives Reuters

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Agence France-Presse
BAMAKO

La rébellion à dominante touareg du nord du Mali a rejeté une invitation de la médiation algérienne à parapher le 15 avril l'accord de paix, malgré les pressions internationales pour imiter le camp gouvernemental, qui l'a déjà fait le 1er mars.

Dans un communiqué publié dans la nuit de vendredi à samedi, la Coordination des mouvements de l'Azawad (CMA, rébellion) dit avoir reçu une lettre officielle du chef de file de la médiation l'informant de «l'organisation du paraphe, le 15 avril 2015 à Alger, de ''l'accord pour la paix et la réconciliation au Mali''».

Un courrier similaire consulté par l'AFP, adressé par le ministre algérien des Affaires étrangères Ramtane Lamamra à un des groupes signataires du 1er mars, affirme que la CMA lui a notifié sa décision de parapher ce document.

Il invite en conséquence tous les participants à ces négociations à une nouvelle cérémonie de paraphe le 15 avril à Alger, suivie d'«interactions et de consultations de courte durée» sur la signature finale et l'application de l'accord.

Mais dans son communiqué, publié quelques heures après une déclaration unanime du Conseil de sécurité de l'ONU vendredi «exhortant les groupes armés de la Coordination à parapher le projet d'accord», la rébellion affirme qu'elle ne pourra pas parapher ce document «dans son état actuel et à la date indiquée».

«La CMA, tout en réaffirmant sa disponibilité à donner toutes les chances à l'aboutissement d'un paraphe, réitère, encore une fois, son attachement à la prise en compte des amendements qu'elle a remis à la mission internationale, le 17 mars 2015 à Kidal», dans le nord-est du pays, selon le texte.

Lors de cette rencontre avec une délégation de diplomates internationaux et africains dans son bastion de Kidal, la rébellion leur avait présenté une série de «points essentiels à introduire» dans l'accord, une exigence rejetée par la médiation comme par Bamako.

Parmi les principales revendications figurent la «reconnaissance officielle de l'Azawad comme une entité géographique, politique et juridique», en référence à l'appellation du nord du Mali par les rebelles, la création d'une assemblée interrégionale couvrant cette zone, et un quota de «80% de ressortissants de l'Azawad» dans les forces de sécurité.

Le nord du Mali est tombé au printemps 2012 sous la coupe de groupes djihadistes liés à Al-Qaïda après la déroute de l'armée face à la rébellion, d'abord alliée à ces groupes qui l'ont ensuite évincée.

Les djihadistes ont été dispersés et partiellement chassés de cette zone par une opération militaire internationale lancée en janvier 2013 à l'initiative de la France, et toujours en cours. Mais des zones entières échappent encore au contrôle de Bamako.

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