Le président namibien reçoit le prix Mo Ibrahim

Hifikepunye Pohamba (ci-dessus), élu président en 2004 puis... (PHOTO RICHARD DREW, ARCHIVES AP)

Agrandir

Hifikepunye Pohamba (ci-dessus), élu président en 2004 puis en 2009, est encore en poste pour quelques semaines, jusqu'à la passation de pouvoir en mars à son successeur, Hage Geingob.

PHOTO RICHARD DREW, ARCHIVES AP

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Agence France-Presse
NAIROBI, Kenya

Le président namibien sortant Hifikepunye Pohamba a reçu lundi le prix Mo Ibrahim 2014 de la «bonne gouvernance» en Afrique, prix le plus richement doté du monde n'ayant pas trouvé de lauréat depuis 2011.

Les lauréats du prix, décerné en 2007 à titre honoraire à l'ex-président sud-africain Nelson Mandela, icône de la lutte anti-apartheid, reçoivent 5 millions de dollars, versés sur 10 ans, puis une allocation à vie annuelle de 200 000 $.

«Le comité a été marqué par la détermination du président Pohamba à conforter en priorité la cohésion et la réconciliation nationales, au moment où la Namibie abordait une phase décisive pour la consolidation de la démocratie et du développement social et économique», a déclaré Salim Ahmed Salim, président du Comité d'attribution du prix, en annonçant le lauréat à Nairobi.

«Sa capacité à gagner la confiance et le soutien de son peuple est remarquable. Au cours de son mandat, il a fait preuve d'un leadership juste et avisé, tout en conservant constamment une profonde humilité», a-t-il ajouté.

Le prix fondé par Mo Ibrahim, riche entrepreneur anglo-soudanais des télécommunications, récompense un ancien chef d'État ou de gouvernement d'un pays d'Afrique subsaharienne, qui a quitté ses fonctions au cours des trois dernières années, pour son travail dans l'intérêt du public ou son action caritative.

Hifikepunye Pohamba, élu président en 2004 puis en 2009, est encore en poste pour quelques semaines, jusqu'à la passation de pouvoir en mars à son successeur, Hage Geingob. M. Geingob, actuel premier ministre, a été élu en décembre lors d'un scrutin auquel M. Pohamba, atteint par la limite du nombre de mandats, ne se représentait pas.

Accordé pour la première fois en 2007 à l'ancien président mozambicain Joaquim Chissano, puis en 2008 à l'ex-président botswanais Festus Gontebanye Mogae, le prix Mo Ibrahim n'avait pas été décerné en 2009 et 2010, le jury n'ayant pas trouvé de lauréat.

Remis en 2011 à l'ancien président du Cap-Vert Pedro De Verona Rodrigues Pires, il n'avait de nouveau plus été décerné depuis.

Si les élections sont davantage la norme qu'autrefois sur le continent africain, la fondation Mo Ibrahim continue d'avoir un choix limité de dirigeants à récompenser : beaucoup sont encore accusés de s'accrocher au pouvoir.

Ces dernières années, les dirigeants du Gabon, Zambie, d'Éthiopie, du Malawi ou encore de Guinée-Bissau sont morts au pouvoir.

Plusieurs chefs d'État africains, dont les présidents du Rwanda Paul Kagame, du Burundi Pierre Nkurunziza ou de République démocratique du Congo Joseph Kabila sont actuellement accusés de vouloir changer ou jouer avec les règles constitutionnelles de leurs pays pour rester en poste.

Lundi, le président namibien sortant, aujourd'hui âgé de 79 ans, a d'ailleurs été aussi récompensé pour son «respect de l'État de droit et de la Constitution, notamment des dispositions relatives aux limites du mandat présidentiel».

La fondation a également salué son «profond respect de l'opposition politique, «son engagement personnel sur les questions de parité» qui fait qu'aujourd'hui «48 % des sièges du Parlement» sont occupés par des femmes, et les «investissements de son gouvernement en faveur de la santé et de l'éducation».



Ex-colonie allemande, placée sous tutelle sud-africaine au sortir de la Première Guerre mondiale par la Société des Nations (ancêtre de l'ONU), la Namibie a été l'un des derniers pays du continent africain à accéder à l'indépendance, en 1990.

En 2013, le pays affichait un revenu par habitant de 5840 $, ce qui le place parmi les pays à revenu intermédiaire. Mais de grandes différences persistent encore entre les communautés blanche et noire.

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer