Accord pour une centrale nucléaire lors de la visite de Poutine en Égypte

Le président russe (à gauche), soutien dès la... (PHOTO MIKHAIL KLIMENTYEV, REUTERS/RIA NOVOSTI)

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Le président russe (à gauche), soutien dès la première heure de M. Sissi, a été reçu avec faste dans un palais présidentiel du Caire. Selon une photo envoyée par la présidence égyptienne, M. Poutine a offert un fusil d'assaut Kalachnikov à son homologue.

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Notre dossier sur le soulèvement populaire qui secoue l'Égypte. »

Agence France-Presse
LE CAIRE

Le Caire et Moscou ont signé un accord pour construire la première centrale électrique nucléaire en Égypte, lors de la visite du président russe Vladimir Poutine, reçu en grande pompe par son homologue égyptien Abdel Fattah al-Sissi.

Cette visite d'État en Égypte, où il cherche à renforcer l'influence de la Russie, est la première de M. Poutine en 10 ans. Il avait rencontré au Caire en 2005 le «raïs» Hosni Moubarak, chassé du pouvoir début 2011 sous la pression de la rue, en plein Printemps arabe.

Le président russe, soutien dès la première heure de M. Sissi, a été reçu avec faste dans un palais présidentiel du Caire. Selon une photo envoyée par la présidence égyptienne, M. Poutine a offert un fusil d'assaut Kalachnikov à son homologue.

Les deux pays «ont signé un protocole d'entente pour la construction d'une centrale nucléaire pour la production d'électricité dans la région de Dabaa», dans le nord de l'Égypte, a déclaré M. Sissi à l'issue de ses entretiens avec M. Poutine.

Au début des années 1980, sous le régime de Moubarak, l'Égypte avait déjà envisagé la construction d'une centrale électrique nucléaire à Dabaa, mais le projet n'a jamais vu le jour, suspendu après la catastrophe de Tchernobyl en 1986.

«Nous nous sommes mis d'accord sur la poursuite de la coopération militaire entre nos deux pays, surtout à la lumière des circonstances actuelles» a ajouté M. Sissi, dont le pays est le théâtre d'attentats djihadistes visant les forces de sécurité.

L'Égypte et la Russie ont également décidé de renforcer leur coopération dans les domaines de l'énergie, de l'investissement et du tourisme, selon les deux hommes.

«La répression au plus haut»

Depuis que M. Sissi, alors chef de l'armée, a destitué en juillet 2013 le président islamiste Mohamed Morsi, Moscou est très vite apparue comme la principale capitale non arabe à soutenir le nouveau pouvoir.

Alors qu'il était ministre de la Défense, M. Sissi était allé à Moscou en février 2014. Et après son élection, il avait rendu visite en août à M. Poutine dans sa résidence d'été à Sotchi.

Dès la première visite, les deux hommes avaient discuté de la livraison d'armements russes à l'Égypte.

En septembre, des médias russes avaient assuré que l'Égypte et la Russie s'étaient accordées sur la livraison de systèmes de défense anti-aérienne, d'hélicoptères et d'avions de combat pour 3,5 milliards de dollars, financés par l'Arabie saoudite. Depuis, plus rien n'a filtré sur le sujet.

Les capitales occidentales en revanche, avaient dénoncé - du bout des lèvres souvent - la brutalité de la répression en 2013.

Dans les mois ayant suivi l'éviction de M. Morsi, policiers et soldats ont tué plus de 1400 manifestants islamistes. Plus de 15 000 partisans de M. Morsi ont été emprisonnés et des centaines condamnés à mort.

Mardi, Amnistie internationale a d'ailleurs estimé qu'en Égypte, «la répression est au plus haut depuis 30 ans».

«Quatre ans après la révolution (de 2011), le constat est alarmant. La répression tue et les prisons, où l'usage de la torture est routinier, débordent», accuse l'organisation.

Élu président haut la main en mai 2014, après avoir éliminé de la scène politique toute opposition, M. Sissi a néanmoins été reçu dans plusieurs capitales européennes, dont Paris et Rome.

Washington, principal pourvoyeur de fonds du Caire, a un temps gelé son aide, essentiellement militaire. Mais elle a été restaurée en 2014, même si les États-Unis condamnent régulièrement les peines de mort ou de prison à vie prononcées par la justice égyptienne contre les islamistes et l'opposition laïque.

«Aussi longtemps que Washington critique le recul de l'Égypte sur le plan démocratique (...), cela laisse la porte ouverte à Poutine (...) pour renforcer son influence au détriment des intérêts américains», analyse Anna Borshchevskaya, spécialiste de la Russie au Washington Institute For Near East Policy.

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