Plus de 670 cas de choléra au Soudan du Sud

Une jeune mère tient dans ses bras son... (PHOTO ANDREEA CAMPEANU, REUTERS)

Agrandir

Une jeune mère tient dans ses bras son bébé souffrant du choléra, à l'hôpital Teaching de Juba, le 27 mai.

PHOTO ANDREEA CAMPEANU, REUTERS

Agence France-Presse
JUBA

Plus de 670 cas de choléra, dont 23 mortels, ont été enregistrés à Juba depuis l'apparition de la maladie mi-mai dans la capitale du Soudan du Sud, ravagé depuis décembre par un conflit qui a chassé plus de 1,3 million de personnes de chez eux.

«Jusqu'à hier, 26 mai, plus de 670 cas de choléra étaient pris en charge» dans divers établissements de Juba, a déclaré le Dr Abdinasir Abubakar, de l'équipe de surveillance des maladies au bureau sud-soudanais de l'Organisation mondiale de la Santé (OMS).

«Parmi ces cas, 23 personnes sont mortes», a-t-il poursuivi, précisant que jusqu'ici tous les cas confirmés avaient été enregistrés dans les zones résidentielles de Juba.

Des cas suspects de choléra ont été signalés dans d'autres États, notamment ceux du Jonglei (est) et du Haut-Nil (nord-est), théâtre d'intenses combats depuis décembre, ainsi que dans celui des Lacs (centre), mais «ils ne sont pas confirmés. Jusqu'ici, il ne s'agit que de rumeurs et nous enquêtons», a-t-il poursuivi.

L'apparition du choléra au Soudan du Sud fait craindre une vaste épidémie, alors qu'environ 32 000 personnes, craignant d'être tuées en raison de leur appartenance ethnique, s'entassent dans des conditions épouvantables dans deux bases de l'ONU à Juba et que plus de 1 million de Sud-Soudanais survivent à travers le pays sans eau potable, sans abri ni toilettes dignes de ce nom.

«Nous n'avons aucun cas confirmé, seulement des cas suspects» dans les bases de l'ONU à Juba, a indiqué à l'AFP la porte-parole de la Mission locale des Nations-Unies (MINUSS), Ariane Quentier, précisant que des examens étaient en cours.

La MINUSS a commencé à désengorger certaines de ses bases, notamment le site surpeuplé de Tomping à Juba dont les occupants sont progressivement déplacés vers une autre base onusienne de la capitale et sur un nouveau site. «Le but est de vider Tomping», a souligné Ariane Quentier.

Les quelque 79 000 personnes réfugiées dans les huit bases de l'ONU du pays ont été vaccinées, mais le vaccin contre le choléra n'est efficace qu'à 65 %, selon l'OMS.

Le choléra est une infection diarrhéique aiguë provoquée par l'ingestion d'aliments ou d'eau contaminés par un vibrion, qui peut provoquer la mort en quelques heures en l'absence de traitement.

Il se propage facilement notamment dans les zones dépourvues d'infrastructures de base - eau propre, toilettes, assainissement - tels que les bidonvilles ou les camps de réfugiés, souvent surpeuplés.

Le Soudan du Sud est en proie depuis le 15 décembre à des combats qui opposent l'armée du président Salva Kiir à des forces rebelles de son ancien vice-président Riek Machar, et s'accompagnent de massacres et d'exactions à caractère ethnique contre les civils.




Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

Autres contenus populaires

la boite:219:box
image title
Fermer