Les femmes manifestent dans le monde

Environ 10 000 personnes ont manifesté à Madrid... (PHOTO AP)

Agrandir

Environ 10 000 personnes ont manifesté à Madrid en mettant l'accent sur les victimes des violences commises par les hommes en Espagne. Sur la pancarte, on peut  lire : «Celui qui aime ne tue pas et n'humilie pas».

PHOTO AP

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Catherine TRIOMPHE
Agence France-Presse
New York

Après Moscou, Rome ou Paris, des milliers de personnes sont descendues mercredi dans les rues de New York et Washington pour marquer une Journée internationale des femmes aux airs de manifestation anti-Trump.

Des femmes participent à une marche baptisée «Day... (REUTERS) - image 1.0

Agrandir

Des femmes participent à une marche baptisée «Day Without a Woman», à New York.

REUTERS

Les organisateurs de cette journée, rebaptisée aux États-Unis «Une journée sans femmes», avaient appelé les femmes à ne pas travailler pour marquer le coup.

Si la plupart des gens ne pouvaient pas se payer ce luxe, la ville d'Alexandria, en Virginie, a tout de même été contrainte de fermer toutes les écoles de la ville, tant la grève était suivie parmi les enseignants.

À New York et à Washington, de nombreux manifestants avaient ressorti les fameux bonnets roses surnommés «pussy hats», lancés pour la grande marche des femmes du 21 janvier qui avait réuni des millions de personnes à travers les États-Unis pour protester contre l'investiture de Donald Trump la veille à Washington.

À New York, près de 2000 personnes, souvent vêtues de rouge à l'appel des organisateurs, étaient venues autant pour dénoncer les premières mesures anti-immigration ou anti-environnementales du président républicain que pour défendre le droit à l'avortement, le planning familial auquel le nouveau président veut couper les fonds, ou les droits des femmes.

Arielle Datz, 30 ans, qui travaille dans l'édition, avait pris sa journée pour pouvoir manifester, d'abord sur la Cinquième avenue, tout près de la Trump Tower, puis en fin d'après-midi dans Greenwich Village.

«J'espère bien qu'on n'en a pas pour quatre ans» de Trump, a-t-elle déclaré. «Mais on va continuer (à manifester) aussi longtemps qu'il le faudra».

À Washington, ils étaient plusieurs centaines à manifester sous les fenêtres de la Maison Blanche.

«Tous les jours, je me réveille en me disant: dites-moi que ce n'est pas vrai», explique une cadre en marketing âgée de 40 ans, Sheila Collins, la voix étranglée. «Ils sont en train de saper notre démocratie».

Donald Trump avait pourtant tweeté dès le matin son «immense respect» pour les femmes et salué leur «rôle crucial» partout dans le monde. Mais ses messages ont provoqué des réactions outrées sur Twitter: nombreux sont ceux qui lui ont rappelé ses propos misogynes, les accusations d'agressions sexuelles ou ses prises de position contre l'avortement.

Violences 

Ailleurs dans le monde, les manifestations ont été plus centrées sur les droits des femmes.

En France, ONG, féministes et syndicats avaient appelé à cesser le travail et à manifester à partir de 15h40: selon leurs calculs, c'est à cette heure-là que, pour une journée de travail théorique de huit heures, les femmes ne sont plus payées comme elles le devraient, vu leurs salaires inférieurs à ceux des hommes.

À Moscou, un groupe de féministes a été brièvement interpellé après avoir manifesté dans l'enceinte du Kremlin. «Le féminisme est notre idée nationale», proclamait une bannière tenue par deux militantes qui sont montées jusqu'au balcon de l'une des tours du Kremlin.

Le 8 mars est en Russie plus associé à la féminité qu'à la lutte pour l'égalité des sexes, et la coutume de l'époque soviétique est toujours vivace, qui consiste à offrir des fleurs à ses mères, épouses ou collègues.

En Italie, rameaux et guirlandes de mimosa ont triomphé jusque devant le palais présidentiel à Rome: ces boutons jaunes ayant été choisis par les femmes italiennes dès 1946 comme symbole du 8 mars.

Deux femmes participent à une marche pour l'égalité... (AFP) - image 4.0

Agrandir

Deux femmes participent à une marche pour l'égalité des sexes à Rome.

AFP

«Nous ne sommes pas toutes là, nous voulons être vivantes», pouvait-on lire sur des pancartes à Madrid, où environ 10 000 personnes ont manifesté en mettant l'accent sur les victimes des violences commises par les hommes en Espagne.

En Asie aussi, les femmes ont surtout manifesté contre les violences dont elles sont encore souvent la cible.

À Dacca, au Bangladesh, une quinzaine de survivantes d'attaques à l'acide ont ainsi participé à un défilé de mode. A New Delhi, ce sont des dizaines de jeunes femmes en tenue blanche qui ont participé à une démonstration d'autodéfense.

Dans plusieurs pays d'Amérique latine comme l'Argentine, le Guatemala, le Brésil et l'Uruguay, des manifestations contre les violences machistes étaient également prévues en fin de journée.

Dans cette région, plusieurs cas de meurtres sauvages ont fait sortir ces derniers mois des milliers de femmes dans la rue, marquant une nouvelle prise de conscience.

Au Brésil, l'aéroport international de Rio de Janeiro Antonio Carlos Jobim a changé symboliquement de nom, prenant pour dix jours celui d'une militante contre la violence domestique, Maria da Penha.




À découvrir sur LaPresse.ca

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer