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Le pape tend la main aux couples non mariés et aux divorcés remariés

Le pape valorise dans Amoris Laetitia les mariages... (PHOTO ANDREW MEDICHINI, AP)

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Le pape valorise dans Amoris Laetitia les mariages civils, mais aussi les unions libres que vivent de nombreux jeunes, « signes d'amour », « quand l'union atteint une stabilité consistante ». Il veut accompagner ces couples vers le sacrement du mariage.

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Jean-Louis DE LA VAISSIERE
Agence France-Presse
CITÉ DU VATICAN

Le pape François a rendu public vendredi un texte très attendu sur la famille, dans lequel il tend la main aux personnes «en situation irrégulière» dans l'Église catholique, dont les nombreux divorcés remariés, mais sans vraiment bouger sur les homosexuels.

Le pape répond ainsi en partie aux attentes de ces divorcés remariés civilement, en appelant à leur intégration dans l'Église. Et s'il ne remet pas en cause la doctrine, il n'exclut pas un accès au cas par cas aux sacrements de communion et de confession, revendication très forte de ces divorcés catholiques.

Jorge Bergoglio reconnaît aussi une valeur à certaines unions libres, mais uniquement celles entre un homme et une femme, et fondées sur la stabilité.

Cette «exhortation apostolique» sur la famille et le mariage était très attendue, après deux synodes (assemblées d'évêques) qui avaient, en 2014 et 2015, illustré les profondes divisions de l'Église sur sa réponse aux évolutions sociétales.

L'esprit de «miséricorde» prôné par Jorge Bergoglio est bien résumé par une phrase clé de ce texte de quelque 260 pages : «je comprends ceux qui préfèrent une pastorale plus rigide qui ne prête à aucune confusion», mais, ajoute-t-il, l'Église «doit être une mère (...) qui ne renonce pas au bien possible, même si elle court le risque de se salir avec la boue de la route».

«On retrouve dans ce texte l'expérience personnelle du pape François qui a souvent cheminé avec tant de familles en difficulté», a commenté le cardinal de Vienne, Christoph Schönborn devant des centaines de journalistes.

Ce fils de divorcés a salué «la force d'autocritique» d'un pape qui a rejeté «un modèle abstrait, loin des situations concrètes» qu'avait souvent présenté l'Église sur la famille. Il s'est fécicité que l'exhortation parle positivement «de l'émotion, des passions, de l'éros, de la sexualité».

«La dimension érotique de l'amour» est un «don de Dieu», écrit ainsi le pape, de façon inédite dans un document pontifical, a relevé le Vatican.

La Conférence des baptisé(e)s francophones (réformateurs) a d'ailleurs salué le caractère «discrètement subversif» de cette «exhortation».

Communion : ouvertures discrètes

Le pape adopte tout au long des neuf chapitres de ce texte une approche d'ouverture et d'accueil, soulignant à maintes reprises le fait que les personnes en situation «irrégulière» «ne sont pas excommuniées» ni «exclues de la grâce divine».

Pour autant, il n'annonce pas un changement de doctrine général, en particulier pour les divorcés remariés. Ces derniers sont encouragés à participer activement à la vie de la communauté (liturgies, etc.) et à trouver l'aide d'un prêtre pour se réintégrer.

Dans deux discrètes notes de bas de page, une ouverture aux sacrements pour certains divorcés victimes de leur mariage, après un chemin de «discernement» et de «repentance», se dessine. L'une d'elles parle clairement de «l'aide des sacrements».

«L'exhortation dit sans le dire qu'un couple qui a fait un travail de discernement peut, si sa conscience le lui dicte, et si le prêtre y consent, accéder aux sacrements», s'est ainsi félicitée la Conférence des baptisés.

Cette question avait profondément divisé le synode, tout comme celle des homosexuels, qui s'était heurtée à un tir de barrage des prélats du Sud. Et sur ce point, l'exhortation apostolique reste très timorée : l'exigence du «respect» à l'égard des gaIs est rappelée, mais leurs parents sont pris en pitié, et un accent très fort est mis sur la conviction qu'une union gaie ne peut absolument pas être considérée comme un mariage.

À contrario, le pape valorise dans «Amoris Laetitia» (la joie de l'amour) les mariages civils, mais aussi les unions libres, «signes d'amour», quand elles atteignent «une stabilité consistante», que l'église doit s'efforcer de transformer en mariage.

Le texte porte le style du pape François : un hymne à la famille traditionnelle dans un langage simple, concret, parfois poétique, citant même son film culte, Le Festin de Babette de Gabriel Axel.

Le texte est aussi un manuel de vie pour les couples, les fiancés, la préparation au mariage, les familles au quotidien, le rythme travail-repos, évoquant longuement par exemple, et pour la première fois, la nécessité d'une éducation sexuelle.

Le texte, envoyé à chacun des 4700 évêques, aborde aussi beaucoup de thèmes qui touchent les familles du Sud, comme les mariages arrangés et la polygamie. Ou encore les familles divisées par les migrations, les mariages interreligieux, les abus sexuels dans les familles, les mutilations sexuelles ou la violence contre les femmes.

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