Donald Trump candidat au Nobel de la paix

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Donald Trump «mériterait d'être récompensé pour «son idéologie vigoureuse de paix par la force, employée comme arme de dissuasion contre l'islam radical».

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Pierre-Henry DESHAYES
Agence France-Presse
OSLO

Donald Trump, les habitants des îles grecques venant en aide aux migrants, les acteurs du processus de paix colombien, le pape, Angela Merkel... Célébrissimes ou anonymes, ils sont tous présumés être en lice pour le Nobel de la paix.

Comme chaque année, les candidatures à «la plus prestigieuse récompense au monde attribuée pour la préservation de la paix» - dixit le dictionnaire d'Oxford - doivent être envoyées au plus tard le 1er février.

Et comme à l'accoutumée, l'identité des candidats est tenue strictement secrète, ou presque puisque les parrains peuvent en effet divulguer le nom de leur «poulain».

Une pétition en ligne avait ainsi recueilli lundi quelque 630 000 signatures pour que le Nobel soit attribué aux habitants des îles grecques qui, en première ligne de la crise migratoire, portent secours et réconfort aux réfugiés franchissant au péril de leur vie la Méditerranée depuis la Turquie voisine.

Soutenue par des universitaires, la campagne se heurte cependant à une difficulté de taille: le prix ne peut être partagé par plus de trois lauréats.

Des scientifiques grecs ont contourné l'obstacle en distinguant trois noms: une octogénaire et un pêcheur de Lesbos ainsi que l'actrice américaine Susan Sarandon, première personnalité d'envergure à être venue sur l'île pour sensibiliser l'opinion publique.

Lui-même prix Nobel de la paix en 1984, l'archevêque sud-africain Desmond Tutu a apporté son soutien à trois candidatures, dont une a également trait aux bons Samaritains grecs: le Mouvement de solidarité égéen.

«Imaginez 900 000 visiteurs dans le besoin qui arrivent à la porte d'un établissement relativement modeste. Affamés, épuisés et dans un état de choc émotionnel... Ils ne parlent pas votre langue ni ne partagent les mêmes croyances culturelles ou religieuses», a écrit Mgr Tutu.

«Qu'est-ce que vous faites? Vous ouvrez la porte. Incroyable!», s'est-il émerveillé.

Les deux autres candidatures ayant reçu sa bénédiction sont la Fondation pour la paix dans l'ère nucléaire qui milite pour l'abolition de l'arme atomique, et un trio comprenant... le pape François salué par l'archevêque anglican pour ses efforts «écologiques» contre «le consumérisme et la cupidité».

Un «traître à la patrie» primé? 

Dans un autre registre, le candidat à la candidature républicaine Donald Trump a aussi été suggéré pour le Nobel de la paix, selon un observateur attentif de la chose Nobel, Kristian Berg Harpviken, directeur de l'Institut de recherche sur la paix d'Oslo (Prio).

M. Trump mériterait d'être récompensé pour «son idéologie vigoureuse de paix par la force, employée comme arme de dissuasion contre l'islam radical, l'EI (le groupe islamiste État islamique, NDLR), l'Iran nucléarisé et la Chine communiste», souligne la lettre de parrainage, dont M. Harpviken dit avoir reçu copie.

Parlementaires et ministres, anciens lauréats, certains professeurs d'université...: des milliers de personnes à travers le monde sont habilitées à proposer une candidature. Si l'Institut Nobel est tenu d'accepter toutes les propositions valides, le seul fait d'être candidat ne représente pas un adoubement de sa part.

Les cinq membres du comité qui choisit le lauréat pourront aussi mettre sur la table les candidatures de leur choix lors de leur première réunion, le 29 février.

Pour M. Harpviken, Edward Snowden, qui a révélé l'ampleur du programme de surveillance de l'Agence de sécurité américaine (NSA), pourrait bien l'emporter.

«Les fuites de Snowden ont entraîné un bon nombre de réformes dans les pratiques et dans la législation américaines qui font qu'il est difficile de soutenir encore qu'il est un traître à la patrie», a-t-il expliqué à l'AFP.

Après la percée sur le nucléaire iranien, les négociateurs américain Ernest Moniz et iranien Ali Akbar Salehi comptent aussi parmi ses favoris, de même que les acteurs du processus de paix en Colombie, le président Juan Manuel Santos et le chef des FARC (rebelles) Timoleon Jimenez.

Donnée parmi les favoris l'an dernier - quand le prix est allé au quartette pour le dialogue national tunisien -, la chancelière allemande Angela Merkel est de nouveau en lice.

Idem pour le gynécologiste Denis Mukwege, qui soigne les femmes violées dans l'est de la RDC, et une Yazidi, Nadia Murad, qui a échappé à l'EI après avoir été réduite à l'esclavage sexuel par les djihadistes.

Le Nobel de la paix sera attribué début octobre.

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