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«Débordement» de persécutions anti-chrétiennes en 2015, selon une ONG

L'extrémisme islamique est «encore la première source de... (Photo Tara Todras-Whitehill, Archives The New York Times)

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L'extrémisme islamique est «encore la première source de persécution» dans 35 des 50 États classés par l'ONG Portes ouvertes.

Photo Tara Todras-Whitehill, Archives The New York Times

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Benoît FAUCHET
Agence France-Presse

2015, année de «débordement» des «persécutions» anti-chrétiennes, avec la Corée du Nord en tête et l'extrémisme islamiste largement en cause ailleurs: l'ONG Portes ouvertes a publié mercredi son classement des pays où les violences et discriminations sont les plus fortes contre les fidèles du Christ.

Au moins 7100 chrétiens ont été tués dans le monde en 2015 «pour des raisons liées à leur croyance», soit une augmentation de 63% par rapport à 2014, selon l'index annuel de cette organisation protestante évangélique fondée aux Pays-Bas.

«Chaque année ce nombre ne cesse d'augmenter, montrant une croissance de la persécution contre les chrétiens dans le monde», écrit Portes ouvertes (Open Doors) dans son rapport, qui fait état de 1.201 morts en 2012, 2123 en 2013 et 4344 en 2014.

L'ONG précise que ces chiffres, fruits d'informations de terrain et de divers recoupements (internet, presse...), «ne concernent que les assassinats de chrétiens prouvés de manière certaine», et affirme qu'«ils sont donc en dessous de la réalité». Plus de 4000 chrétiens (4028) ont été tués dans le seul Nigeria, notamment sous l'effet des agissements du groupe djihadiste Boko Haram, mais aussi, pointe Portes ouvertes, d'exactions commises par des bergers peuls.

Le nombre d'«églises ciblées» (attaquées voire détruites, pillées, fermées, confisquées...) a lui plus que doublé en un an, passant de 1062 en 2014 à 2406 en 2015, dont 1500 rien qu'en Chine.

Comme chaque année depuis 1997, Portes ouvertes a établi un «index mondial de persécution des chrétiens», la carte des cinquante pays où la foi des fidèles catholiques, protestants et orthodoxes est jugée la plus combattue ou menacée. Ce classement ne prend pas en compte que la violence, mais aussi les atteintes aux libertés religieuses, emprisonnements, exclusions sociales, discriminations au quotidien et «oppressions discrètes».

«On peut présenter l'année 2015 comme l'année du débordement, notamment de débordement du djihadisme», a commenté lors d'une conférence de presse Michel Varton, directeur de Portes Ouvertes France. «Ce débordement vient parce que le niveau des persécutions monte», a-t-il ajouté, relevant que le seuil d'entrée dans l'index 2016 est de 53 points, soit quatre de plus qu'en 2015.

«Impunité» en Inde 

Si la Corée du Nord est en tête de la liste pour la 14e année consécutive, c'est «l'extrémisme islamique» qui est «encore la première source de persécution», en cause dans 35 des 50 États classés, et dans la plupart des huit autres pays répertoriés en catégorie «persécution extrême» (plus de 80 points): l'Irak, l'Érythrée, l'Afghanistan, la Syrie, le Pakistan, la Somalie, le Soudan et l'Iran.

La radicalisation islamiste est cependant loin d'être le seul facteur de troubles antichrétiens. Comme à Pyongyang, l'ancienne «Jérusalem de l'Asie» où subsisteraient 300 000 chrétiens vivant leur religion clandestinement selon l'ONG, une «persécution d'État» prospère en Érythrée, des croyants étant «enfermés dans des conteneurs en métal» pour abjurer leur foi.

Le cas de l'Inde, qui figure pour la première fois dans les 20 premiers pays de l'index, à la 17e place, inquiète aussi Open Doors, notamment depuis l'élection en 2014 à la tête de la plus grande démocratie du monde du nationaliste Narendra Modi. «En Inde, l'hindouisme est utilisé pour cimenter la nation aux dépens des autres religions», déplore Portes ouvertes.

Dans certaines régions du pays, «l'impunité est visible. Si une église est attaquée, la police assiste aux exactions de manière passive, quand elle ne met pas en prison pasteurs et fidèles», a accusé devant la presse à Paris le secrétaire général du Conseil des chrétiens en Inde, John Dayal, soulignant que 6 des 36 États et territoires indiens «ont des lois anti-conversion au christianisme».

«On n'attend pas ça d'un pays qui envoie des fusées dans l'espace», a-t-il relevé.

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