BPC dans le fleuve: amende salée pour La Baie

L'amende concerne l'emblématique magasin du détaillant de la... (PHOTO PATRICK SANFAÇON, LA PRESSE)

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L'amende concerne l'emblématique magasin du détaillant de la rue Sainte-Catherine à Montréal.

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Le détaillant La Baie vient d'être condamné à une des plus importantes amendes de l'histoire du Canada en matière de rejet de BPC dans l'environnement, à la suite d'un déversement survenu à son magasin emblématique de la rue Sainte-Catherine en 2011, selon ce qu'a appris La Presse vendredi.

Pas moins de 146 kilos du produit toxique s'étaient écoulés de vieux transformateurs situés sur le toit du magasin montréalais. Les produits avaient contaminé le toit du bâtiment, puis s'étaient écoulés par le drain jusqu'à l'égout pluvial, et ultimement dans le fleuve.

Selon les calculs des experts d'Environnement Canada, environ 39 kilos de BPC ont atteint le Saint-Laurent.

«Souvent les rejets de BPC se produisent sur de l'asphalte, sur le bord d'une route par exemple, et il est possible d'en récupérer. Alors que là, ils sont allés carrément dans l'eau. Ça ne se récupère pas, c'est perdu à tout jamais», explique Me Frédéric Hivon, du Service des poursuites pénales du Canada.

Le juge Jean-Paul Braun a imposé à l'entreprise une amende de 765 000$ pour rejet illégal de BPC, omission de signaler un rejet et omission de produire les rapports exigés.

Le magistrat a aussi émis une ordonnance qui forcera La Baie à prendre des mesures pour éviter de telles situations à l'avenir. L'entreprise devra aussi publier une annonce à ses frais dans les médias pour publiciser le fait qu'elle a été trouvée coupable.

Quatre dirigeants et employés de la compagnie, Earle Fisher et Blair Reeve, de Montréal, ainsi que Jason Taylor et Robert Swaile, de Toronto, faisaient eux aussi face à des accusations pénales dans cette affaire, mais ils ont été acquittés lorsque l'entreprise a plaidé coupable.

L'amende maximale pour un rejet illégal de BPC à l'époque des faits était de 1 million, mais les montants ont été haussés depuis. Dorénavant, le plafond sera de 6 millions. 

La directrice des communications corporatives de La Baie, Tiffany Bourré, a affirmé dans un courriel à La Presse que l'entreprise a «saisi cette opportunité» pour améliorer ses façons de faire.

«La compagnie de la Baie d'Hudson s'engage à améliorer continuellement sa gestion environnementale. La santé et la sécurité de nos associés, clients et voisins est d'une importance primordiale, sans compromis. HBC maintient avoir pris des mesures rapides et transparentes en collaboration avec toutes les agences environnementales appropriées pour contenir et remédier au déversement lorsqu'il est survenu en 2011», a-t-elle ajouté.

La Presse a tenté d'obtenir des détails d'Environnement Canada à plusieurs reprises depuis jeudi matin. Après avoir promis de nous revenir rapidement, l'organisme fédéral a changé de cap et refusé de discuter du dossier.

Les BPC sont des produits chimiques industriels toxiques autrefois utilisés dans la fabrication de matériel électrique et systèmes hydrauliques, entre autres. Leur particularité est d'être pratiquement indestructibles en milieu naturel. S'ils sont absorbés par un être vivant, ils sont difficilement éliminés dans l'urine et s'accumulent dans les graisses. L'importation, la fabrication et la vente de BPC sont devenus illégales au Canada en 1977. Leur rejet dans l'environnement est devenu illégal en 1985. Leur stockage est encadré de façon très sévère par la loi.




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