Après Fukushima, 10 000 cancers de plus sont à prévoir au Japon

Un travailleur est examiné à son entrée au... (Photo Issei KATO, archives AFP)

Agrandir

Un travailleur est examiné à son entrée au centre d'opération d'urgence, à la centrale de Fukushima Daiichi, à Okuma, le 20 février 2012.

Photo Issei KATO, archives AFP

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Agence France-Presse
WASHINGTON

L'accident de la centrale nucléaire de Fukushima, au Japon, le 11 mars 2011 pourrait provoquer 10 000 cancers de plus dans la population japonaise en raison des radiations, selon un rapport de deux ONG publié mercredi aux États-Unis.

L'étude de ces deux organisations de médecins qui militent contre l'énergie nucléaire, « Physicians for social responsability » (PSR) et « International Physicians for the Prevention of Nuclear War » (IPPN), indique s'appuyer sur les données scientifiques et médicales existantes portant sur les enfants, les personnels ayant participé au nettoyage et aux secours ainsi que sur la population en général.

Selon ce rapport, 116 enfants dans la préfecture de Fukushima ont déjà été diagnostiqués d'une forme agressive ou généralisée de cancer de la thyroïde. Dans une population de cette taille on enregistre normalement de un à cinq cas par an, selon ce rapport.

Parmi les personnels de décontamination et les sauveteurs « plus de 25 000 ont subi les doses les plus élevées de radiations avec des risques importants pour leur santé », selon ces ONG.

Des données fournies par l'opérateur de la centrale, TEPCO, prédisent qu'une centaine d'employés devraient développer un cancer en raison des doses excessives de radiations qu'ils ont subies et une cinquantaine de ces cas devraient être mortels.

Mais selon ce rapport, les doses pourraient même avoir été plus élevées et les données sur les personnels pourraient ne pas tenir compte des employés engagés temporairement.

Pour ce qui est de l'ensemble de la population au Japon, elle a été exposée à des doses accrues de radiations provenant de retombées radioactives mineures ainsi qu'à de l'eau et des aliments contaminés, estiment les auteurs.

Ils ont calculé que cela se traduisait par un risque accru de cancers sur l'ensemble du Japon allant de 9600 à 66 000 cas selon les doses de radioactivité.

« Les retombées de santé publique de Fukushima vont hanter le Japon pendant des années et cet héritage ne doit pas être poussé sous le tapis par les partisans de l'énergie nucléaire », a estimé la Dre Catherine Thomasson, coéditrice du rapport et directrice de Physicians for Social Responsibility.

Pour Robert Alvarez, un expert des politiques de l'énergie de l'Institute for Public Studies et ancien conseiller du Département américain de l'Énergie, la catastrophe de Fukushima a créé « de facto des zones où l'habitation humaine n'est plus possible pendant longtemps ».

En novembre 2011, le ministère japonais de la Science avait indiqué que le césium, qui reste radioactif durant une trentaine d'années, avait contaminé 30 000 km2 de terres au Japon, soit une superficie presque équivalente à celle de l'État du Connecticut.

Le gouvernement japonais a arrêté de façon permanente quatorze des 54 réacteurs du pays qui fonctionnaient avant la catastrophe de Fukushima car ils sont construits sur des failles sismiques. Depuis 2015, quatre autres réacteurs ont été remis en service.

Partager

À découvrir sur LaPresse.ca

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer