Keystone: les opposants rejettent tout compromis

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Des groupes environnementaux attendent l'issue finale de la saga Keystone - qui dure depuis six ans - et sont convaincus d'être sur le point de crier victoire.

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Alexander Panetta
La Presse Canadienne
WASHINGTON

Les organisations environnementales américaines qui s'opposent au projet d'oléoduc Keystone XL affirment que rien ne les fera reculer, pas même un éventuel plan de réduction des gaz à effet de serre que le Canada pourrait adopter.

Plusieurs groupes contactés cette semaine rejettent une hypothèse souvent évoquée au Canada - celle voulant que des politiques climatiques plus ambitieuses du gouvernement fédéral puissent influencer l'issue du projet Keystone XL aux États-Unis.

Ces organisations affirment qu'elles ne changeront pas de position sur l'oléoduc, même si le Canada mettait en place une taxe sur les émissions carboniques, un système de plafonnement et d'échange de droits d'émission ou des politiques sévères sur les émissions de gaz à effet de serre.

Jason Kowalski, directeur des politiques pour l'organisation 350.org, affirme qu'un recul des groupes environnementaux est «inconcevable» et «n'arrivera jamais». Le groupe qu'il représente fait partie d'une coalition d'organisations qui ont contribué à transformer la dispute sur les droits de propriété au Nebraska en débat national sur les changements climatiques.

Ces groupes attendent maintenant l'issue finale de la saga Keystone - qui dure depuis six ans - et sont convaincus d'être sur le point de crier victoire.

Le président des États-Unis, Barack Obama, a émis plusieurs signaux qui laissent croire à un rejet du projet. Il a notamment annoncé qu'il opposerait son veto à l'oléoduc Keystone XL sans même attendre de connaître la version finale du projet.

Cette menace de veto a eu un effet de contagion politique au nord de la frontière, certains politiciens de l'opposition au Canada ayant accusé le gouvernement Harper d'être responsable de ce renversement de situation à cause de son inaction dans le dossier des changements climatiques.

Les libéraux en particulier, incluant le chef Justin Trudeau, ont laissé entendre à plusieurs reprises que le projet Keystone XL aurait pu réussir n'eût été l'inertie gouvernementale sur le climat, ce qui, selon eux, a transformé l'industrie des sables bitumineux du Canada en cible pour les défenseurs de l'environnement.

M. Kowalski est impitoyable quand on le questionne sur ces allégations des politiciens canadiens: «Elles sont fausses, et elles sont hypocrites, et ils (les politiciens) ne comprennent pas la science du climat».

Il affirme que toute politique climatique digne de ce nom rendrait le projet Keystone XL caduc, parce qu'elle freinerait la croissance de la production pétrolière canadienne. Son organisation attire l'attention sur un article de la revue scientifique «Nature» qui conclut que pratiquement tous les sables bitumineux devraient être laissés dans le sol pour empêcher les températures mondiales d'augmenter de deux degrés Celsius.

«Les commentateurs ne comprennent pas cela, a déclaré M. Kowalski cette semaine lors d'une manifestation à l'extérieur de la Maison-Blanche, à Washington. L'objectif d'une politique climatique est de laisser le dioxyde de carbone dans le sol.»

Deirdre Shelly participait aussi à la manifestation à la Maison-Blanche mardi, où des organisations ont laissé des boîtes contenant des milliers de signatures de citoyens demandant au président Obama de rejeter le projet.

L'étudiante estime que le Canada devrait adopter une politique climatique plus énergique, comme une taxe sur les émissions de dioxyde de carbone.

«Mais cela leur donnerait une porte de sortie pour continuer d'exploiter l'une des formes de pétrole les plus sales du monde», a déclaré cette étudiante en études internationales et politiques environnementales à l'American University de Washington.

Interrogée sur son objectif ultime, la jeune femme a eu cette réponse: «Nous devons freiner Keystone, nous devons freiner Énergie Est, nous devons freiner Kinder Morgan, nous devons arrêter tous les oléoducs, tous les projets d'infrastructures, les exportations, l'exploration et (notre dépendance) aux combustibles fossiles».

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