Le smog est de retour à Pékin, un an après les JO «verts»

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Un indice quotidien de la qualité l'air a révélé des niveaux «mauvais pour la santé» presque tous les jours à Pékin au cours des derniers mois.

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Dan Martin
Agence France-Presse
Pékin

Un an après ses Jeux olympiques «verts», tenus sous un ciel exceptionnellement dégagé, Pékin renoue avec son halo estival de grisaille, mélange d'humidité et d'une pollution qui est loin d'avoir disparu.

Pour des JO qu'elle voulait fastueux et au nom de la santé des athlètes, la Chine avait réussi le tour de force de nettoyer l'air de la capitale l'an dernier, à coups de circulation alternée, de déplacements d'usines, d'arrêts de production et de gels des travaux de construction.

Le pays avait mis les moyens, investissant plus de 17 milliards de dollars dans des projets environnementaux, allant des transports au traitement des déchets, selon le Programme des Nations unies pour l'environnement.

Ses deux installations olympiques phares, le stade et le centre aquatique, ont été érigés en modèles de bâtiments économes en énergie.

«Toutes ces mesures ont indéniablement eu un impact positif à long terme sur l'environnement», estime Wei Fusheng, ancien ingénieur du Centre national de contrôle de l'environnement. «Le premier a été une amélioration des niveaux de pollution», affirme-t-il.

Néanmoins, un indice quotidien de la qualité de l'air publié sur le site de socialisation Twitter par l'ambassade des États-Unis en Chine révèle le chemin que Pékin doit encore parcourir: des niveaux «mauvais pour la santé» ont été recensés quasiment tous les jours ces derniers mois.

La semaine dernière, les niveaux étaient «dangereux», selon les critères américains, dans une ville nappée d'un étouffant brouillard.

Proclamer des jeux «verts» a sans nul doute fait avancer la cause environnementaliste, mais beaucoup reste à faire, souligne Yang Ailun directrice de campagne de Greenpeace.

«Cela a changé les mentalités. Les gens se sont aussi souvenu des ciels clairs d'il y a 20 ans et se demandent pourquoi on ne les aurait plus maintenant. C'est déjà une réussite», dit Yang. Mais pour cela, il a fallu des mesures drastiques ne pouvant que rester exceptionnelles. «L'expérience de Pékin n'a fourni aucun exemple de mesures économiquement efficaces pouvant agir. Toutes celles qui ont été prises étaient chères et difficiles à reproduire ailleurs».

«De ce point de vue, je ne pense pas que les Jeux ont été un succès».

Cependant, la capitale a tout de même gagné sur le long terme à la fermeture d'usines polluantes et s'est vu doter de lignes de métro supplémentaires.

Elle a aussi maintenu depuis des restrictions de circulation, dont les effets bénéfiques devraient toutefois être assez rapidement écartés par les 1500 voitures supplémentaires chaque jour.

Certains experts estiment par ailleurs qu'un climat favorable et le début du ralentissement économique ont pu jouer un rôle dans la qualité de l'air l'an dernier. En matière de contrôle, le doute persiste sur la fiabilité des données officielles chinoises, spécialement concernant les émissions de particules des véhicules, la Chine ne mesurant que les plus grosses d'entre elles. Pour un indice américain «dangereux», l'indice officiel chinois parlait de «légère pollution» sur Pékin. Une différence due au fait que l'ambassade américaine prend en compte les petites particules, celles qui sont plus facilement inhalées et donc plus nocives.

Le Bureau de protection de l'Environnement de Pékin n'a pas souhaité commenter cette différence. Il a simplement publié un communiqué affirmant: «Nos chiffres montrent que la qualité de l'air au premier semestre et en juillet a été meilleure que l'an dernier». Et même si les niveaux de particules sont les meilleurs depuis une décennie comme s'en enorgueillissent les responsables pékinois, ils restent nettement supérieurs aux critères de l'Organisation mondiale de la santé.




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