Plan vert en Alberta: les écologistes ne crient pas victoire

À Calgary, les écologistes accueillent favorablement le plan... (PHOTO JASON FRANSON, LA PRESSE CANADIENNE)

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À Calgary, les écologistes accueillent favorablement le plan Prentice, mais certains jugent que la stratégie ne s'attaque pas au coeur du problème.

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(OTTAWA) Les écologistes de l'Alberta accueillent avec enthousiasme le plan vert promis par le nouveau premier ministre provincial, Jim Prentice. Mais plusieurs doutent que l'initiative permette de verdir l'image de la province, en particulier celle de l'industrie des sables bitumineux.

M. Prentice, qui a été assermenté comme premier ministre lundi, a promis un plan à long terme de réduction des gaz à effet de serre lors d'une entrevue au Globe and Mail.

La production d'électricité se trouve au coeur de sa stratégie. Il compte fermer plusieurs centrales électriques au charbon qui arriveront bientôt à la fin de leur vie utile. Il les remplacera par des sources d'énergie renouvelables comme l'éolien et le solaire.

Sauf que les émissions du secteur pétrolier continueront de croître, a convenu le nouveau premier ministre. Lors de sa campagne à la direction du Parti progressiste-conservateur, il a promis de ne pas taxer davantage les émissions de GES à moins que Washington n'en fasse autant. L'Alberta impose actuellement un prélèvement de 15$ la tonne de GES aux gros pollueurs.

À Calgary, les écologistes accueillent favorablement le plan Prentice. Ben Thibault, de l'Institut Pembina, note que 65% de l'électricité de la province est produite par des centrales au charbon, qui sont très polluantes. Leur fermeture permettrait de réduire le bilan de la province de manière marquée, croit-il.

«En raison de cette forte dépendance au charbon, notre production d'électricité émet plus de GES que les productions d'électricité de toutes les autres provinces réunies», note M. Thibault.

Pétrole

Aux yeux de Patrick Bonin, de Greenpeace, la stratégie ne s'attaque pas au coeur du problème environnemental de l'Alberta. Les émissions de l'industrie des sables bitumineux représentent à elles seules 7% des émissions du Canada, et la production de cette ressource est appelée à doubler au cours des prochaines années.

Les gains effectués grâce au plan seront rapidement éclipsés par la croissance de l'industrie pétrolière, explique M. Bonin. Voilà pourquoi il juge que le projet ne calmera pas la grogne à l'égard des pipelines Keystone XL, Northern Gateway et Énergie Est.

«Si le Canada augmente ses émissions avec l'expansion des sables bitumineux, comme il prévoit le faire, on va se retrouver dans la même situation: le Canada va encore être vu comme un paria sur la scène internationale», note-t-il.

À Ottawa, le Nouveau Parti démocratique a jugé «rafraîchissant» le projet de M. Prentice. Son critique en matière d'Affaires étrangères, Paul Dewar, a noté que la mauvaise image du Canada en matière de protection de l'environnement nuit à ses efforts de convaincre l'administration Obama d'autoriser le pipeline Keystone XL.

«À Washington, en particulier, l'absence de réglementations environnementales et les relations avec les Premières Nations sont deux dossiers où l'action d'Ottawa est mal vue, note M. Dewar. Je crois que M. Prentice comprend cela et je crois qu'il sera intelligent pour gérer l'image de l'Alberta, particulièrement aux États-Unis. La question qui se pose est: pourquoi ne comprend-on pas cela ici?»

Le gouvernement Harper n'a pas commenté directement le plan albertain.

«Nous continuerons à travailler avec l'Alberta et les provinces sur tous les aspects importants des Canadiens, y compris le développement de nos ressources», a simplement indiqué la porte-parole du ministre des Ressources naturelles, Greg Rickford.




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