La population de pandas grandit, pas leur territoire

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Selon le recensement national réalisé par la Chine de 2011 à 2014, il y avait 1864 pandas géants dans la nature, contre 1216 en 1988.

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Agence France-Presse
Paris

Si les pandas géants sont aujourd'hui plus nombreux, leur aire de répartition est en revanche plus petite et surtout plus fragmentée qu'il y a trente ans, ce qui entraîne «un risque élevé» d'extinction locale de petits groupes isolés, indique une étude parue lundi.

En 2013, cette aire de répartition avait diminué de 1,7 % par rapport à 1988, date à laquelle le panda était considéré comme en danger par l'Union internationale pour la conservation de la nature (UICN), selon cette étude de la revue Nature Ecology & Evolution.

En 2016, le panda est passé de la catégorie «en danger» sur la liste rouge de l'UICN à la catégorie «vulnérable», ce qui signifie qu'il est toujours menacé, mais sur une pente positive. Selon le recensement national réalisé par la Chine de 2011 à 2014, il y avait 1864 pandas géants dans la nature, contre 1216 en 1988.

L'évaluation de l'UICN «est basée presque exclusivement sur le nombre» de pandas, «ignorant les menaces émergentes», estiment toutefois les chercheurs.

«Il y a beaucoup de bonnes nouvelles pour le panda -- sa population augmente, une beaucoup plus grande partie de son habitat est protégée, la déforestation a cessé», a déclaré à l'AFP l'un des auteurs, Stuart Pimm, de la Duke University à Durham (États-Unis). «Mais il y a aussi de mauvaises nouvelles: l'habitat du panda est beaucoup plus fragmenté que dans le passé et de petits espaces pourraient ne pas abriter des populations viables».

Les pandas vivent dans six zones montagneuses, se répartissant en trente groupes isolés dont 18 comptent au maximum dix individus. Ces petits groupes sont confrontés à «un risque élevé d'extinction», alertent les chercheurs.

«Nos conclusions dessinent un tableau plus compliqué qui met en garde contre toute autosatisfaction», écrivent-ils.

«La déforestation à des fins commerciales a été l'activité la plus nocive», constatent-ils.

La création de réserves naturelles à partir des années 1960 a permis de réduire «de manière significative» la perte d'habitat, mais des menaces subsistent.

Les pandas vivent dans l'une des régions de Chine les plus touchées par les tremblements de terre. Ces séismes «ont détruit de larges zones d'habitat». Selon les chercheurs, 71,1 % des pertes d'habitat constatées entre 2001 et 2013 sont imputables au tremblement de terre survenu en 2008 dans le Sichuan.

La construction de routes est aussi «un facteur important de perte d'habitat et de fragmentation». Or, constatent les auteurs, «la densité des routes était 2,7 fois plus importante en 2013 qu'en 1976».

Le tourisme constitue une autre menace, selon les chercheurs.

Quant au réchauffement climatique, il pourrait modifier la quantité et la répartition des espèces de bambous dont se nourrissent les pandas.

Les chercheurs préconisent notamment la création de «corridors» pour connecter les populations isolées et le développement des réserves.




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