Finis les numéros d'éléphants pour l'un des plus grands cirques américains

Traditionnellement, les éléphants du Ringling Bros. and Barnum &... (PHOTO ALEX BRANDON, ACRHIVES AP)

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Traditionnellement, les éléphants du Ringling Bros. and Barnum & Bailey font des numéros collectifs, tenant la queue de leurs congénères avec leur trompe, faisant semblant de dormir ou jouant avec un ballon.

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Kerry SHERIDAN
Agence France-Presse
POLK CITY, Floride

Les éléphants ont présenté leur dernier numéro ce week-end dans l'un des plus grands cirques américains avant d'aller prendre leur retraite sous le soleil de la Floride, mettant fin à une tradition de 145 ans, sous la pression grandissante des défenseurs des animaux.

Les onze éléphants femelles asiatiques de Ringling Bros. and Barnum & Bailey vont rejoindre 28 autres de leurs congénères qui coulent déjà des jours tranquilles pour le restant de leur vie dans un refuge créé en 1995 par le cirque appelé «Center for Elephant Conservation».

Pour la représentation finale à Providence dans le Rhode Island dimanche soir, six éléphants ont participé au spectacle avec le maître de la piste Johnathan Lee Iverson, qui a qualifié ce moment d'«historique» pour le cirque légendaire.

Traditionnellement, les éléphants de ce cirque font des numéros collectifs, tenant la queue de leurs congénères avec leur trompe, faisant semblant de dormir ou jouant avec un ballon.

Les éléphants sont utilisés dans des cirques américains depuis 200 ans. Selon des historiens, le pionnier du cirque Hachaliah Bailey a acheté un éléphant africain en 1808, qui aurait été le premier à présenter un numéro sur le sol américain.

Ils sont encore utilisés par une poignée de cirques plus petits comme Carson and Barnes, mais ces derniers en possèdent assez peu, a indiqué à l'AFP Stephen Payne, un porte-parole de Ringling Bros.

La mobilisation ces dernières années devant la justice des groupes de protection des droits des animaux a réussi à sensibiliser le public, forçant l'industrie du spectacle qui utilise des éléphants et d'autres espèces animales à battre en retraite.

De plus, un nombre grandissant de villes américaines ont pris des mesures rendant très difficile pour les cirques de faire des numéros avec des éléphants, comme notamment l'interdiction d'utiliser un «bullhook», une sorte de grand tisonnier de 60 centimètres avec un crochet à son extrémité pour faire obéir l'animal.

Les dresseurs de Ringling Brothers affirment que le «bullhook» n'est pas destiné à faire mal aux éléphants, mais à les guider tactilement et que, sans cet instrument, il est impossible de travailler avec eux vu leur masse de plus de trois tonnes.

Menacés d'extinction

«On ne peut simplement pas se tenir près d'un de ces animaux sans l'un de ces outils», a expliqué Janice Aria, responsable des soins des animaux au Center for Elephant Conservation.

Feld Entertainment Inc., la société de participation du cirque Ringling Brothers, avait annoncé en mars 2015 sa décision de mettre fin à ses numéros avec des éléphants d'ici à 2018 avant d'indiquer il y a quelques mois que le dernier spectacle aurait lieu en mai 2016.

Certains militants de la cause animale ont critiqué le centre de retraite des éléphants en Floride, dont ils jugent l'espace insuffisant pour le confort des pachydermes.

Critiques rejetées par le centre, qui affirme se consacrer surtout au bien-être, au soin et à la conservation de ces animaux menacés d'extinction.

Le centre des Ringling Brothers abrite le plus grand troupeau d'éléphants d'Asie du continent américain, dont la population fragmentée dans le monde est estimée entre 40 000 à 50 000 têtes au maximum.

Situé à Polk City, dans le centre de la Floride, il s'étend sur 80 hectares. Au départ, il était surtout destiné à l'élevage des 26 éléphanteaux qui y sont nés.

Les responsables de ce centre affirment aussi bien nourrir leurs éléphants en leur fournissant 2,5 tonnes de foin et plus de 350 kilos de fruits et légumes chaque jour. Les animaux peuvent entrer dans les étables l'après-midi, mais sont enchaînés la nuit.

L'une des plus vieilles pensionnaires a environ 70 ans. Vu son âge avancé, cette femelle bénéficie d'un traitement spécial: une pédicure hebdomadaire, des bains quotidiens et six miches de pain en plus par jour.

«Sans une intervention humaine, elle ne serait plus de ce monde», relève Erik Montgomery, un dresseur du Ringling Brothers.

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