Le petit Bei Bei relance la «pandamania» à Washington

Bei Bei est âgé de près de quatre... (PHOTO ANDREW HARNIK, ASSOCIATED PRESS)

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Bei Bei est âgé de près de quatre mois, pèse un peu plus de 17 livres et prend environ une livre par semaine.

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Fanny ANDRE
Agence France-Presse
WASHINGTON

Petite boule de poils noire et blanche et star d'internet, Bei Bei, le dernier né des pandas géants du zoo de Washington, a déjà connu les honneurs de deux Premières dames et s'apprête désormais à voir défiler des milliers de fans impatients.

Depuis son enclos de la capitale américaine, où il est né le 22 août, le plantigrade d'à peine 8 kilos ne connaît pour l'instant que le lait maternel et les caresses des soigneurs.

Mais à partir du 16 janvier, une déferlante d'admirateurs qui l'ont vu ouvrir les yeux et faire ses premiers pas en direct sur la «Panda Cam», vont se presser derrière la vitre de sa cage insonorisée.

Pour préparer le fragile animal à cette popularité, les soigneurs du zoo ont choisi de l'habituer progressivement.

«Nous faisons venir de petits groupes» en amont, comme les employés du zoo ou des dizaines de journalistes conviés mercredi aux «débuts médiatiques» de Bei Bei, explique le soigneur Juan Rodriguez.

Cet ancien volontaire aux épaules carrées cajole le panda comme un petit enfant. «Je suis très très précautionneux. Vous savez, c'est une espèce en voie de disparition», souligne-t-il en souriant.

Comparé à sa soeur aînée Bao Bao, née en 2013, Bei Bei est «très bavard, un peu exigeant parfois», constate Juan Rodriguez. «Ils ont assurément des personnalités différentes».

Les pandas du président Nixon 

Si l'engouement pour Bei Bei est alimenté par sa présence en ligne - une caméra le filme en permanence, permettant aux internautes de commenter le moindre de ses faits et gestes - il s'appuie aussi sur le prestige de ses célèbres prédécesseurs.

«La ville de Washington est vraiment associée aux pandas géants car dans les années 1970 le président Richard Nixon s'était rendu en Chine et avait reçu en cadeau deux pandas, à une époque où il n'y avait aucun de ces animaux aux États-Unis», raconte Brandie Smith, adjointe au directeur du zoo, dont l'entrée est entièrement gratuite.

Depuis, une véritable «diplomatie du panda» s'est mise en place, et l'épouse du président chinois, Peng Liyuan, est venue en personne dévoiler le nom du petit panda en marge d'une visite d'État fin septembre: Bei Bei signifie «précieux» en mandarin.

Accompagnée de Michelle Obama pour cette cérémonie, elle a «expliqué que c'était la première fois qu'elle avait l'opportunité de voir un bébé panda d'aussi près», se réjouit Mme Smith.

Comme sa soeur Bao Bao, et leur aîné Tai Shan, Bei Bei sera remis à la Chine quand il aura quatre ans. Les parents Mei Xian et Tian Tian resteront eux à Washington au moins jusqu'en 2020 en vertu de l'accord de prêt récemment renouvelé et facturé 500 000 dollars par an.

Le mâle «pas suffisamment expert»

La naissance des trois mammifères a donné lieu à un véritable feuilleton, de même que les décès tragiques d'autres petits, dont le jumeau de Bei Bei qui a succombé quelques jours après sa naissance.

La reproduction des pandas géants est un enjeu majeur pour l'espèce, dont moins de 2000 spécimens subsistent en liberté selon le World Wildlife Fund.

Dans le cas de Bei Bei, les soigneurs ont eu recours à l'insémination artificielle, un processus délicat puisque «la période de fécondation chez la femelle n'arrive qu'une fois par an pendant une période de deux jours maximum», a expliqué le vétérinaire en charge de ce travail, Pierre Comizzoli.

D'autres zoos, comme celui de San Diego, en Californie, sont parvenus à faire s'accoupler naturellement ces animaux particulièrement frigides en captivité, poursuit le scientifique. Mais à Washington «notre mâle n'est pas suffisamment expert pour pouvoir féconder la femelle», constate-t-il.

Pour autant, «au niveau production, productivité, on ne peut pas faire mieux» avec deux naissances en trois ans et potentiellement de futurs bébés pour Mei Xian, qui a épaté les soigneurs avec ses qualités maternelles.

Les longues files d'attente qui s'annoncent réjouissent Juan Rodriguez. «Nous sauvons des espèces, c'est notre mission», insiste-t-il. «Mais nous faisons aussi de la sensibilisation et c'est une très bonne opportunité pour interagir avec le public et lui expliquer ce qu'il peut faire pour aider ces espèces».

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