Stratégies de TransCanada: des experts recommandent de «distraire» les écologistes

Des activistes de Greenpeace ont manifesté à Cacouna... (PHOTO NICOLAS FALCIMAIGNE, ARCHIVES LA PRESSE CANADIENNE)

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Des activistes de Greenpeace ont manifesté à Cacouna en avril dernier.

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(QUÉBEC) TransCanada doit «armer» ses partisans d'informations pour «mettre de la pression» et «distraire» les écologistes qui s'opposent à l'oléoduc Énergie Est, affirme un géant américain des relations publiques dans un document stratégique que Greenpeace a obtenu.

Le groupe écologiste a mis la main sur une série de documents produits par la société Edelman, attachée à New York, pour le compte de TransCanada. Le document conseille à l'entreprise d'adopter une stratégie particulière pour vendre le projet au Québec en raison de la sensibilité particulière de la population à la protection de l'environnement.

«Pour arriver à une décision éclairée sur ce projet, les Québécois doivent avoir le portrait réel des motivations, non seulement des promoteurs, mais aussi des opposants», peut-on lire dans le document stratégique d'une cinquantaine de pages.

«Pour ajouter des couches de difficultés pour les adversaires, nous travaillerons avec des tierces parties, nous les armerons avec l'information dont elles ont besoin pour mettre de la pression sur les opposants et les distraire de leur mission.»

Le porte-parole de Greenpeace, Patrick Bonin, s'insurge contre la stratégie.

«TransCanada ne devrait pas avoir à se cacher derrière des individus ou des groupes qu'ils mettent en place pour dire ce qu'ils ont à dire et attaquer les opposants, a-t-il dénoncé. Ils devraient accepter la responsabilité de leurs actes et être transparents dans ce qu'ils font.»

TransCanada dit vouloir se tenir au courant des déclarations publiques des adversaires de son projet. Cela permet à l'entreprise de «mieux s'engager dans la discussion», selon son porte-parole, Tim Duboyce.

«Une des leçons que nous avons tirées du projet Keystone XL est l'importance de tenir nos opposants responsables pour leurs déclarations à notre égard, a-t-il dit. Comme nos actionnaires et la communauté des affaires nous tiennent responsables pour nos actions, nous reconnaissons notre devoir de tenir les opposants bien organisés qui opèrent sur le plan mondial au même niveau de responsabilité et de transparence.»

D'autres tactiques proposées par la société de relations publiques Edelman

Six régions problématiques

Le plan d'Edelman cite six villes ou régions où l'oléoduc Énergie Est est susceptible de provoquer une levée de boucliers. Saint-Augustin-de-Desmaures, près de Québec, est le lieu où le pipeline traversera le Saint-Laurent pour gagner la Rive-Sud. Cacouna est le site du terminal pétrolier. Saint-Bruno-de-Kamouraska est habité par bon nombre d'écologistes et plusieurs scientifiques («particulièrement de l'Université Laval», précise le document) y possèdent des résidences secondaires. La ville de Saint-Henri-de-Témiscouata et les régions de Lanaudière et de Chaudière-Appalaches sont aussi mentionnées.

Une «bible» de relations publiques

Edelman a étudié les messages que TransCanada souhaite véhiculer, incluant le contenu d'un document appelé la «bible», qui comprend une série de questions-réponses sur Énergie Est. Elle recommande mettre en relief les précautions qui seront prises pour assurer la sécurité du projet et de mettre en relief les bénéfices économiques du projet. Dans un volet sur les pratiques environnementales, on propose à TransCanada de souligner sa participation volontaire aux processus d'audiences publiques du BAPE et de la Commission de la protection du territoire agricole. «Nous recommandons aussi de continuer à mettre l'emphase sur le terme «ressources naturelles» lorsque possible, au lieu des sables bitumineux, qui sont perçus négativement», précise le document.

Éduquer les Québécois

Pour convaincre les Québécois des avantages du projet, TransCanada devrait élaborer un «contenu éducatif» qui permettrait de mieux comprendre le projet, propose Edelman. La firme suggère d'utiliser les médias sociaux, de s'aligner à des chercheurs respectés pour bâtir sa crédibilité et gagner la confiance du public, et même de prendre contact avec l'émission Découverte pour aider à démystifier le transport du pétrole par pipeline, «et plus spécifiquement, pour [en] illustrer les caractéristiques positives».

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