Fracturation hydraulique: un panel scientifique critique une étude de l'EPA

En 2010, le Congrès américain a chargé l'Environmental... (Photo Shannon Stapleton, archives Reuters)

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En 2010, le Congrès américain a chargé l'Environmental Protection Agency de vérifier si l'extraction de pétrole et de gaz de schiste entraînait une contamination des eaux.

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Gaz de schiste
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(Québec) Des scientifiques du gouvernement américain remettent en question une vaste étude voulant que la fracturation hydraulique n'ait pas d'impact majeur sur l'eau potable. Une sortie saluée par des écologistes au Québec.

En 2010, le Congrès a chargé l'Environmental Protection Agency (EPA) de vérifier si l'extraction de pétrole et de gaz de schiste entraînait une contamination des eaux. Dans un rapport préliminaire qui a fait grand bruit lors de sa parution en juin, l'agence a conclu que la technique utilisée par cette industrie, la fracturation hydraulique, « n'entraîn[ait] pas d'impact étendu, général, sur les ressources en eau potable aux États-Unis ».

Or, selon un panel de 31 scientifiques chargés par l'EPA de réviser l'étude, cette vaste conclusion est « ambiguë » et « incompatible » avec les observations et données colligées pendant la recherche.

« Particulièrement préoccupante est la déclaration sur l'absence d'impact étendu, général, sur les ressources en eau potable », peut-on lire dans un document produit par le panel.

Les chercheurs reprochent à l'EPA d'avoir tiré ses conclusions sur la foi du faible nombre de cas de contamination à l'échelle du pays. Ils estiment que le rapport aurait dû davantage tenir compte de la gravité de certains incidents à l'échelle locale.

Le comité scientifique se réunira à plusieurs reprises au cours des prochains mois. Leur avis final pourrait infléchir les conclusions initiales de l'EPA sur la fracturation hydraulique, mais l'agence n'est pas liée par leurs travaux.

Remise en question

Pour les écologistes, l'opinion du groupe scientifique jette une douche froide sur les prétentions de l'industrie pétrolière et gazière, qui s'était réjouie du premier rapport de l'EPA en juin.

« Je ne serais pas prêt à dire que c'est un tournant, mais c'est important, a convenu Marc Brullemans, porte-parole du Regroupement vigilance hydrocarbures de Trois-Rivières. L'EPA, c'est une référence, et quand la dernière version de son rapport est sortie, il y a eu des réactions rapides de l'industrie, qui considérait sur la foi de certaines phrases du rapport que le dossier était réglé. »

Mais la remise en question des scientifiques n'a guère ébranlé l'Association pétrolière et gazière du Québec. Son président, Michael Binnion, estime que les scientifiques ont accordé trop d'importance à une poignée d'incidents isolés - et rapidement contenus.

« C'est comme dire que parce que des gens à l'entrepôt de Walmart laissent parfois tomber des boîtes, ça prouve qu'il y a un problème avec le système des entrepôts Walmart », illustre-t-il.

Le rapport initial de l'EPA n'a jamais avancé que la fracturation hydraulique est toujours sécuritaire, a convenu M. Binnion. Mais elle a conclu que la technique pratiquée aujourd'hui est généralement efficace et qu'il faut mener d'autres études.

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