Pas de gaz de schiste pour l'instant, mais cela pourrait changer, dit Arcand

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En reconnaissant que le débat entourant le dossier du gaz de schiste a connu un «mauvais départ», le regroupement demande au gouvernement Couillard d'inclure dans sa future politique énergétique les principes visant à guider les entreprises en matière d'acceptabilité sociale.

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Gaz de schiste
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Patrice Bergeron
La Presse Canadienne
QUÉBEC

Le gouvernement Couillard tire un trait sur l'aventure du gaz de schiste... pour l'instant, car «on ne sait jamais ce qui peut arriver», a déclaré le ministre des Ressource naturelles et de l'Énergie, Pierre Arcand, mercredi.

Il prend ainsi acte du rapport du Bureau d'audiences publiques sur l'environnement (BAPE), tout en gardant une porte ouverte. Dans une entrevue à Radio-Canada, le premier ministre Philippe Couillard s'était pourtant montré plus catégorique en affirmant qu'«actuellement, il n'y a pas grand intérêt à développer cette ressource» (...) et que «l'acceptabilité sociale n'est pas là».

Dans son rapport déposé en début de semaine, le BAPE conclut que l'exploration en vue de trouver du gaz de schiste dans les basses terres du Saint-Laurent, par le biais de la fracturation hydraulique, ainsi que son exploitation, ne comportent pas assez d'avantages pour le Québec. L'exploitation ne serait pas rentable pour l'industrie pour les 25 prochaines années, selon le BAPE. Mais qui plus est, le document souligne qu'il y a un problème d'acceptabilité sociale, ce qui est un des piliers, une des conditions, du développement durable.

Dans une entrevue accordée à La Presse Canadienne mercredi après-midi, à la sortie de la dernière séance du conseil des ministres avant le congé des Fêtes, M. Arcand a évoqué précisément cet aspect pour ne pas donner suite à cette filière controversée. «Il est clair que, pour l'instant, il ne semble pas y avoir d'acceptabilité sociale.»

Le développement de cette source d'énergie est reportée «sine die, comme on dit», a-t-il indiqué, donc à une date indéterminée. Par contre, du même souffle, il a pris la peine d'ajouter, deux fois plutôt qu'une, qu'«on ne sait jamais ce qui peut arriver» dans l'avenir. Autrement dit, rien n'est définitif, la position du gouvernement pourrait changer si la situation change, si par exemple le vent tourne dans l'opinion publique.

«Pas au moment où on se parle, mais peut-être que dans l'avenir, si les technologies s'améliorent, s'il y a autre chose, si un projet recueille l'acceptabilité sociale, (cela pourrait changer), mais pour l'instant, cela ne semble pas être le cas.»

L'arrivée de l'industrie du gaz de schiste au Québec au début des années 2010 avait déchaîné les passions dans plusieurs régions de la province. Les activités d'exploration se déroulaient souvent à proximité des zones habitées, malgré l'opposition des citoyens, et en l'absence d'encadrement législatif et réglementaire. Les séances de consultations organisées par l'industrie tournaient à la foire d'empoigne, tandis que le gouvernement libéral de Jean Charest montrait une certaine ouverture envers l'industrie tout en jugeant ses activités inoffensives a priori.

À son arrivée au pouvoir à l'automne 2012, le gouvernement péquiste de Pauline Marois avait décrété un moratoire sur le gaz de schiste. En mai 2013, le ministre péquiste de l'Environnement, Yves-François Blanchet, avait déposé un projet de loi prolongeant d'au maximum cinq ans le moratoire, jusqu'à ce que l'Assemblée nationale adopte un cadre législatif sur l'exploration et l'exploitation dans le domaine des ressources gazières.

Le gouvernement Marois avait aussi commandé au BAPE le rapport sur le gaz de schiste déposé lundi.

Des associations patronales interpellent Québec

Cinq associations patronales demandent au gouvernement Couillard de reconsidérer sa décision en plus de garder la porte ouverte à l'exploitation du gaz de schiste.

Ce regroupement d'affaires a estimé mercredi que le Bureau d'audiences publiques sur l'environnement (BAPE) ne possède pas l'expertise requise pour se prononcer sur les retombées économiques de l'exploitation de cette ressource.

Lundi, un rapport de l'organisme avait conclu que l'exploration et l'exploitation du gaz de schiste dans les basses terres du Saint-Laurent, par le biais de la fracturation hydraulique, ne comportaient pas assez d'avantages pour le Québec.

La Fédération des Chambres de commerce du Québec, le Conseil du patronat du Québec, l'Association pétrolière et gazière du Québec, les Manufacturiers et exportateurs du Québec et la Fédération canadienne de l'entreprise indépendante, demandent ainsi à Québec de compléter l'analyse stratégique du dossier.

Le regroupement croit qu'une analyse économique complète est nécessaire afin de connaître le plein potentiel du développement industriel qui serait engendré par la production gazière locale.

Selon les cinq associations, l'énergie n'est pas une industrie «comme les autres», puisque son intérêt se mesure en termes de «stabilité économique tout autant qu'en sécurité de l'approvisionnement».

En reconnaissant que le débat entourant le dossier du gaz de schiste a connu un «mauvais départ», le regroupement demande au gouvernement Couillard d'inclure dans sa future politique énergétique les principes visant à guider les entreprises en matière d'acceptabilité sociale.

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