Les difficultés de l'après COP21 débattues à Davos

Le Secrétaire général de l'ONU Ban Ki-Moon a... (PHOTO ARND WIEGMANN, REUTERS)

Agrandir

Le Secrétaire général de l'ONU Ban Ki-Moon a prononcé une allocution à Davos, le 22 janvier.

PHOTO ARND WIEGMANN, REUTERS

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Fabien ZAMORA, David WILLIAMS
Agence France-Presse
DAVOS

La COP21 a permis un accord historique, mais atteindre ses indispensables objectifs pour éviter une catastrophe climatique est un chantier immense, et pétrole de gaz resteront incontournables, ont prévenu les responsables réunis cette semaine à Davos.

« La COP21 a été un succès, mais ça, c'était la partie facile », a déclaré cette semaine Christina Figueres, la responsable climat de l'ONU devant le Forum économique mondial (WEF) qui réunit chaque année des décideurs économiques et politiques.

L'après COP21 a été largement débattu dans la station de ski suisse, d'autant que l'effondrement des prix du pétrole aux alentours de 30 dollars suscite beaucoup de questions sur la transition énergétique.

« À ce prix, il est beaucoup plus intéressant d'utiliser du pétrole que des énergies renouvelables qui sont encore chères », explique le chef économiste du cabinet britannique IHS, Nariman Behravesh.

L'absolue nécessité de mettre en oeuvre l'accord international obtenu de haute lutte à Paris il y a à peine 5 semaines n'a pas été remise en cause. Il vise à limiter le réchauffement « bien en deçà de 2°C » par rapport à l'ère préindustrielle en limitant ses émissions de gaz à effet de serre.

« Si nous pouvons arriver à près de 1,5 degré, cela nous évitera des points de bascule catastrophiques », a déclaré Johan Rockstrom, qui dirige le Stockholm Resilience Centre, en évitant la fonte des glaces du Groenland par exemple.

Pour atteindre les objectifs de Paris, il est indispensable de réussir à faire baisser le prix de l'énergie propre.

« Nous avons un énorme besoin d'innovation, par exemple dans les renouvelables. Il y a beaucoup à faire pour les rendre compétitives, en particulier avec un baril à 30 dollars, ce n'est pas une bonne nouvelle, je vous le dis », a estimé le patron du groupe pétrolier Total, Patrick Pouyanné.

Christiana Figueres relève toutefois qu'il y a eu d'énormes progrès dans certains aspects de la production de renouvelables. « On voit des prix incroyablement bas » dans certaines régions du monde pour de l'électricité solaire ou éolienne.

Prix du carbone

Une autre grande question est celle du prix de la pollution, de l'émission de CO2.

« Ce sera très clairement le débat des deux ans qui viennent [...], il est important qu'il puisse surgir une solution pour mettre en place ce système de prix du carbone », a déclaré à l'AFP le PDG du groupe de traitement d'eau et de déchets Véolia Antoine Frérot.

« Si nous ne faisons rien pour fixer le prix du carbone, nous verrons augmenter l'utilisation du charbon », estime M. Pouyanné. « C'est la réalité économique, l'Inde développera le charbon, l'Afrique du Sud aussi ».

Les deux hommes partagent aussi une estimation, de 30 à 40 dollars par tonne pour changer radicalement les émissions.

« Le monde économique tout seul n'y parviendra pas », a prévenu M. Frérot, alors qu'il n'existe pas à l'heure actuelle du prix du carbone, que ce soit par des quotas d'émissions commercialisables ou par une taxe carbone.

Johan Rockstrom insiste lui sur la préservation des forêts. « La biosphère, la nature pour faire simple, absorbe 4,5 gigatonnes de carbone, la moitié de nos émissions ».

« Nous devons absolument augmenter notre capacité d'absorption naturelle du carbone », a abondé Mme Figueres.

Quoi qu'il en soit, une chose est sûre pour les industriels, l'ère des hydrocarbures n'est pas finie.

« La demande mondiale en énergie va progresser » dans les années à venir, a rappelé le financier Kenneth Hersh, patron de NGP Energy capital management.

« Il n'y aura pas de ''big bang'', la transition pour une économie bas-carbone va prendre du temps », a prédit M. Pouyanné, pour qui le gaz sera l'énergie de la transition. Il anticipe d'ailleurs que Total produise plus de gaz que de pétrole en 2040.

Le prix de l'inaction est lui incalculable a prévenu un grand dirigeant d'un groupe d'assurance, évaluant le coût des catastrophes naturelles à 180 milliards de dollars par an, dont un quart seulement est assuré.

« Si nous ne faisons rien, on ne parlera plus du marché de l'assurance dans 50 ans. La planète sera tout simplement impossible à assurer », selon lui.

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer