Une montée des océans «inévitable» inquiète la NASA

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Les scientifiques surveillent particulièrement les glaces du Groenland, qui ont perdu en moyenne 303 milliards de tonnes par an durant la dernière décennie. L'Antarctique de son côté a fondu de 118 milliards de tonnes par an.

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Kerry SHERIDAN
Agence France-Presse
Miami

Une montée des océans d'au moins un mètre due au réchauffement climatique est inévitable dans les 100 à 200 ans qui viennent et pourrait durement toucher de grandes villes situées en bord de mer comme Tokyo ou Singapour, a prévenu la NASA mercredi.

Les glaces du Groenland et d'Antarctique fondent plus vite que jamais, mais une certaine incertitude demeure cependant, notamment sur le calendrier exact de la montée des eaux. En effet, les scientifiques ne savent pas à quelle vitesse vont fondre les principales calottes glacières des pôles.

«Au vu de ce que l'on sait aujourd'hui à propos de l'expansion des océans avec le réchauffement, et sur la fonte des glaciers et des calottes glacières qui ajoutent de l'eau dans les océans, il est pratiquement certain que nous aurons une augmentation du niveau des mers d'au moins un mètre, et probablement davantage», a expliqué Steve Nerem, de l'université du Colorado et qui dirige l'équipe de la NASA chargée de surveiller la montée des niveaux des mers.

«Toutefois, on ne sait pas si cela arrivera dans le siècle à venir ou sur une période plus longue», a-t-il ajouté.

Miami inondée par les marées 

«La montée du niveau des mers a un impact très important», a également souligné Michael Freilich, directeur de la division Sciences de la Terre au siège de la NASA à Washington.

«Plus de 150 millions de personnes, principalement en Asie, vivent dans des zones situées à moins d'un mètre de l'actuel niveau des mers. Aux États-Unis la montée des eaux va aussi changer le tracé de nos côtes, notamment dans des États comme la Floride», a-t-il encore noté, rappelant que déjà aujourd'hui les grandes marées causent des inondations dans certaines rues de Miami, ce qui n'était pas le cas par le passé.

«Certaines îles du Pacifique pourraient être entièrement éliminées et des grandes villes comme Dhaka, au Bangladesh, Singapour ou Tokyo seront grandement touchées», a prévenu M. Freilich.

Les dernières prédictions sérieuses en date, qui remontaient à 2013 par un panel intergouvernemental des Nations unies sur le changement climatique, évoquaient une montée des océans de 30 à 90 cm d'ici la fin du siècle.

Mais selon M. Nerem, les dernières données mesurées par les satellites de la NASA pointent vers la fourchette haute de ces prévisions.

Les scientifiques surveillent particulièrement les glaces du Groenland, qui ont perdu en moyenne 303 milliards de tonnes par an durant la dernière décennie.

L'Antarctique de son côté a fondu de 118 milliards de tonnes par an.

Depuis 1992 et les premières mesures précises par satellites, les océans ont monté d'environ 7,6 centimètres, avec des pointes à 23 cm en certains endroits en raison de variations naturelles.

«Période de fonte rapide» 

«Une chose que l'on a apprise, c'est que les calottes glacières fondent plus vite qu'on ne le pensait jusque-là», a ajouté Josh Willis, océanographe de la NASA. «Dans les 20 prochaines années nous verrons probablement une augmentation du niveau des eaux plus rapide que la moyenne et nous devons donc nous y préparer».

Pour Eric Rignot, glaciologue à l'Université de Californie, comme la planète se réchauffe, les glaces fondent automatiquement plus rapidement: «On ne parle pas d'un scénario futuriste. Personnellement, les données collectées ces dernières années m'inquiètent beaucoup».

«Nous avons vu en étudiant les changements climatiques survenus depuis la naissance de la Terre que des montées des eaux jusqu'à trois mètres en un siècle ou deux sont possibles si les glaces fondent rapidement», a précisé Tom Wagner, un autre scientifique de la NASA spécialiste de l'étude des glaces.

«Nous voyons des preuves que les couches de glace "se réveillent", mais nous devons mieux les comprendre avant d'affirmer que nous entrons dans une nouvelle période de fonte rapide», a-t-il conclu.

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