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L'ONU appelle Ottawa et les provinces à travailler ensemble

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Selon Christiana Figueres, ambassadrice des Nations unies sur le climat, la tarification du carbone, par l'intermédiaire d'une taxe ou par un système d'émissions, est l'un des moyens les plus efficaces de lutter contre les changements climatiques.

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(Québec) Ottawa et les provinces doivent collaborer davantage pour faire face à la menace climatique, a affirmé hier l'ambassadrice des Nations unies sur le climat, Christiana Figueres, au cours d'une entrevue exclusive accordée à La Presse.

La secrétaire exécutive de la Convention-cadre de l'ONU sur les changements climatiques sera à Québec aujourd'hui pour prendre part au sommet des premiers ministres provinciaux sur le climat. Sa visite au Canada survient à sept mois du Sommet de Paris, qui doit mener à la conclusion d'un nouvel accord mondial pour réduire les émissions de gaz à effet de serre (GES).

À la veille de son passage à Québec, elle a lancé un appel au gouvernement fédéral et aux leaders des provinces.

«Un message clé que j'amène est que le gouvernement fédéral et les provinces doivent travailler plus étroitement ensemble, et les provinces doivent travailler entre elles plus étroitement», a-t-elle déclaré.

Au cours de la conversation, Mme Figueres s'est gardée de décocher des flèches au gouvernement Harper, souvent critiqué sur la scène internationale pour son inaction dans la question climatique. Elle s'est montrée optimiste devant les efforts déployés par quatre provinces canadiennes - la Colombie-Britannique, l'Alberta, le Québec et, depuis hier, l'Ontario.

Chacune de ces provinces a, par l'intermédiaire d'une taxe ou d'un système de plafonnement et d'échange, fixé un prix sur le carbone, a souligné Mme Figueres. Elle y voit un signe que le Canada est prêt à agir pour contrer la menace climatique.

«Cette situation laisse entrevoir un portrait très alléchant sur la possibilité pour le Canada d'aller de l'avant avec différentes mesures, à différents niveaux», se réjouit Mme Figueres.

Le Canada n'est pas le seul endroit dans le monde où des provinces ou des régions s'activent dans la lutte contre les changements climatiques, a noté Mme Figueres.

«Vous avez des pays où les villes ou les provinces sont devant les gouvernements nationaux, a-t-elle observé. Dans certains cas, comme en Chine, le gouvernement fédéral a intentionnellement demandé aux villes et aux provinces de prendre la tête des efforts.»

Invitée à commenter l'action du gouvernement Harper, qui a retiré le Canada du protocole de Kyoto, Mme Figueres s'est bien gardée de lui lancer la pierre, soulignant au contraire son apport «constructif» aux négociations et rappelant que le Canada a toujours exprimé le désir de signer une entente liant tous les pays.

À ses yeux, la situation du Canada est un «microcosme» qui illustre parfaitement les difficultés de la communauté internationale à s'attaquer aux changements climatiques. Important producteur de pétrole, le pays devra se résigner à laisser sous terre une partie importante de cette abondante ressource s'il veut freiner le réchauffement de la planète.

«Comment y arrive-t-on sans affecter négativement les économies du monde? C'est la grande question, souligne Christiana Figueres. C'est pourquoi il est clair que le Canada joue un rôle important en matière de changements climatiques.»

Un prix sur le carbone

Même si quatre provinces ont fixé un prix sur le carbone, cette stratégie est politiquement explosive à Ottawa, où les conservateurs s'opposent bec et ongles à toute forme de «taxe sur le carbone».

Pourtant, dit Christiana Figueres, la tarification du carbone, par l'intermédiaire d'une taxe ou par un système d'émissions, est l'un des moyens les plus efficaces de lutter contre les changements climatiques.

«Je crois que nous allons nous diriger dans cette direction, a-t-elle dit, je vois de plus en plus d'indices de cela.»

«Ce qui est clairement inévitable, a-t-elle ajouté, c'est que nous allons plafonner les émissions de GES et les réduire. La transformation du secteur énergétique est maintenant inévitable et irrésistible.»

Sommet de Québec

Le gouvernement Couillard a accepté l'été dernier de se joindre aux pourparlers entre les provinces sur l'élaboration d'une stratégie énergétique, à condition que la question des changements climatiques soit incluse dans les discussions. Le sommet de Québec, qui s'ouvre ce matin, constitue la première réunion des leaders provinciaux consacrée à cette question.

Le premier ministre albertain Jim Prentice, en campagne électorale, ne pourra participer aux travaux. La leader britanno-colombienne Christy Clark doit aussi être absente.

On ne s'attend pas à ce que le sommet de Québec mène à la conclusion d'un accord contraignant entre les provinces sur la question climatique, a-t-on indiqué dans différentes capitales au cours des derniers jours. Le forum permettra néanmoins aux leaders d'échanger sur leurs pratiques pour réduire les émissions de GES.

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