À Delhi, Obama appelle l'Inde à s'engager sur le climat

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Jérôme CARTILLIER, Etienne FONTAINE
Agence France-Presse
New Delhi

Au dernier jour d'une visite à New Delhi chargée en symboles, Barack Obama a appelé mardi l'Inde à s'engager résolument dans la lutte contre le changement climatique, et souligné l'importance du respect des libertés religieuses.

Le président américain, qui a multiplié depuis trois jours les signes de complicité avec le premier ministre Narendra Modi, a jugé que les États-Unis pouvaient  devenir «le meilleur partenaire de l'Inde».

«Je suis ici, car je suis absolument convaincu que nos peuples auront plus d'emplois et d'opportunités, nos nations seront plus sûres et le monde sera plus juste et plus sûr si nos deux démocraties font front commun», a-t-il poursuivi.

Dans une allusion directe à la Chine, M. Obama a affiché sa fermeté face aux possibles conflits maritimes dans la région. «Les États-Unis sont favorables à un plus grand rôle de l'Inde en Asie-Pacifique, où la liberté de navigation doit être maintenue et où les différends doivent être réglés pacifiquement», a-t-il dit.

Le premier ministre indien, arrivé au pouvoir en mai, se montre plus déterminé dans son discours que son prédécesseur face à l'influence chinoise dans la région.

Dans un discours très applaudi devant une assistance plutôt jeune, Obama a lancé une mise en garde très claire sur le climat : «Même si des pays comme les États-Unis réduisaient leurs émissions, si les pays en croissance comme l'Inde - avec des besoins en énergie en forte croissance - ne se tournent pas vers des énergies plus propres, nous n'avons aucune chance contre le changement climatique».

«Avec la hausse du niveau des océans, la fonte des glaciers de l'Himalaya, des moussons plus imprévisibles et des cyclones plus forts, peu de pays seront aussi touchés que l'Inde», a-t-il averti.

Troisième émetteur mondial de gaz à effet de serre, derrière la Chine et les États-Unis, l'Inde n'a pas encore annoncé ses engagements à l'approche du sommet sur le climat de Paris prévu en fin d'année. M. Modi a clairement indiqué n'avoir «aucune pression» par rapport aux engagements récemment pris par la Pékin dans le cadre d'un accord avec Washington.

«Au-revoir @WhiteHouse !»

Insistant sur la diversité au sein de la société et sur le respect des différences religieuses à travers le monde, M. Obama a souligné que cette question était «plus importante» en Inde que partout ailleurs.

Le sujet est sensible en Inde, plus particulièrement depuis l'élection en mai de M. Modi, fervent nationaliste hindou. Des groupes musulmans et chrétiens ont accusé récemment des organisations radicales proches du parti nationaliste hindou (BJP) de Modi de forcer ou d'inciter des membres de leurs communautés à se convertir à l'hindouisme.

«L'Inde réussira tant qu'elle ne sera pas divisée suivant des lignes religieuses», a lancé M. Obama.

Sur le plan économique, leurs liens restent modestes par rapport aux échanges entre les États-Unis et la Chine, comme l'a rappelé le président américain lundi devant un parterre de patrons.

«Nos échanges commerciaux avec l'Inde s'élèvent à environ 100 milliards de dollars par an, ce qui représente une amélioration sensible depuis que je suis arrivé au pouvoir (en 2009)», a-t-il souligné. «Mais nous faisons environ 560 milliards de dollars par an avec la Chine», a-t-il ajouté.

Symbole marquant de sa visite, Obama a assisté - une première pour un président américain en exercice - à l'immense parade de Republic Day qui marque l'entrée en vigueur de la Constitution post-coloniale de l'Inde en 1950.

Cette complicité affichée ne devait cependant pas détourner le premier ministre indien du subtil exercice d'équilibre diplomatique auquel il se livre pour ne s'aliéner ni son puissant rival chinois ni son allié historique russe.

Le président américain a quitté New Delhi mardi en début d'après-midi à bord d'Air Force One pour rejoindre Ryad où il doit rencontrer le nouveau roi Salmane d'Arabie Saoudite.

«Au-revoir @WhiteHouse !», a tweeté le premier ministre indien au même moment. «Votre visite a porté la relation entre l'Inde et les États-Unis à un nouveau niveau et ouvert un nouveau chapitre».

Seule ombre au tableau de cette deuxième visite de M. Obama en Inde: l'annulation, à la dernière minute, de la visite prévue de longue date au Taj Mahal, en raison de l'étape de Ryad.

Des centaines de personnes avaient été mobilisées pour nettoyer la route menant à l'immense mausolée dédié à l'amour. Et la photo de Barack et Michelle Obama devant ce haut lieu touristique indien était, sans conteste, la plus attendue du voyage.

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