Climat: Kerry mise sur l'économie pour persuader Trump d'agir

Le secrétaire d'État américain John Kerry a affiché mercredi... (Photo Mark Ralston, REUTERS)

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Le secrétaire d'État américain John Kerry a affiché mercredi à la COP22, à Marrakech, mise sur l'économie pour faire revenir Donald Trump sur ses positions climatosceptiques.

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Céline SERRAT
Agence France-Presse
Marrakech

John Kerry, le secrétaire d'État américain, appuyé par des centaines d'entreprises de son pays, a affiché mercredi à la COP22 à Marrakech sa foi dans la transition vers les énergies renouvelables et mise sur l'économie pour faire revenir Donald Trump sur ses positions climatosceptiques.

«Le monde entier se dirige vers un avenir avec des énergies propres» et «je vois cette transformation se faire dans mon pays», a lancé cet ardent défenseur de la lutte contre le réchauffement climatique au cours d'une intervention en forme de testament.

Les énergies renouvelables étant de plus en plus compétitives, ce sont «les marchés», selon lui, qui vont orienter les choix énergétiques et climatiques des pays, à commencer par les États-Unis dont Donald Trump vient d'être élu président.

«Les États-Unis sont aujourd'hui en bonne voie de réaliser les objectifs internationaux qui ont été fixés», a assuré le diplomate, ajoutant ne pas penser que «cela puisse être inversé».

Depuis mardi, les dirigeants de quelque 180 pays défilent à la tribune de la COP22 pour dire leur volonté et l'urgence de mettre en oeuvre l'accord de Paris, entré en vigueur le 4 novembre.

À mots couverts, certains ont exprimé leur inquiétude de voir l'action mondiale freinée par des États-Unis qui tourneraient le dos à ce pacte, après avoir largement contribué à ce qu'il existe.

«J'espère que les engagements pris l'an dernier resteront sur les rails afin de relever les défis qui se présentent à nous», a déclaré le ministre des Affaires étrangères du Sri Lanka, Mangala Samaraweera.

«Nous devons redoubler d'efforts pour que nos enfants héritent d'un monde plus sûr», a plaidé le président du Niger, Issoufou Mahamadou.

Les engagements actuels des pays engendreraient une hausse de plus de 3°C par rapport à l'ère pré-industrielle, un seuil synonyme d'un emballement des dérèglements climatiques (sécheresses, inondations, niveau des océans, etc.).

Mais l'accord de Paris prévoit que les États, sur une base volontaire, rehaussent leurs objectifs de réduction des émissions de gaz à effet de serre pour limiter à 2°C l'augmentation de la température mondiale.

Pas de place pour l'idéologie

Dans son discours de près d'une heure, John Kerry a aussi appelé le futur locataire de la Maison-Blanche à consulter largement scientifiques et économistes et à se demander «ce qui avait persuadé le pape et les dirigeants du monde entier de prendre leurs responsabilités».

Selon lui, «personne n'a le droit de prendre des décisions affectant des milliards de personnes sur la base de la seule idéologie».

Pendant sa campagne, Donald Trump a qualifié le changement climatique de «canular» et a dit vouloir relancer une industrie du charbon américaine à la peine.

Peu avant l'intervention de John Kerry, plus de 360 entreprises, pour la plupart américaines, avaient rendu publique une lettre demandant au président élu de respecter l'accord sur le climat. DuPont, Gap, Hewlett Packard, Kellog, Hilton, Nike ou Mars font partie des signataires.

«Nous appelons (nos élus) à soutenir les investissements en faveur d'une économie bas-carbone aux États-Unis et à l'étranger, afin de donner plus de clarté aux décideurs financiers et de renforcer la confiance des investisseurs», y écrivent-elles.

Pour les signataires, «ne pas favoriser une économie bas-carbone mettra en danger la prospérité américaine».

Parallèlement aux discours à la tribune, une réunion ministérielle était consacrée mercredi au financement de la lutte contre le réchauffement.

En plénière, le président de Djibouti Ismail Omar Guelleh a à cet égard déploré les insuffisances «du financement et des transferts de technologie», notant que l'Afrique n'est responsable que de «moins de 4% des émissions mondiales».

Les pays du Sud réclament aussi d'être aidés pour se protéger des nouvelles conditions climatiques via des actions dites d'adaptation : digues, surélévation des habitations, aide à l'irrigation, système d'alerte météo, etc.

«L'accord de Paris appelait à un équilibre entre le financement» des actions pour réduire les émissions et celles pour l'adaptation, rappelle Armelle Le Comte, de l'ONG Oxfam, mais «nous sommes encore très loin du compte».

Sur les 100 milliards de dollars annuels promis d'ici à 2020, les pays riches se sont engagés à multiplier par deux le financement des actions d'adaptation, qui s'élèvent à environ 10 milliards.

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