Le président brésilien accusé de brader l'Amazonie

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Sur cette photo apparaît une partie de la forêt détruite par l'homme en Amazonie.

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Agence France-Presse

Plusieurs mouvements écologistes ont accusé lundi le président brésilien Michel Temer de prendre des mesures qui menacent la forêt amazonienne pour s'assurer le soutien du puissant lobby de l'agro-business au Parlement face à des accusations de corruption.

Le chef de l'État a notamment mis en place récemment un programme qui prévoit de régulariser l'occupation illégale de terres dans de vastes zones de protection environnementale.

Pour les écologistes, cette mesure pourrait stimuler la déforestation, aussi favorisée par des projets de loi visant à rabaisser le niveau de protection de sanctuaires naturels.

M. Temer est aussi critiqué pour avoir donné son aval au gel de la cession de titres de propriété destinés à des Indiens d'Amazonie et de descendants d'esclaves venus d'Afrique.

«Nous faisons face à une offensive du lobby de l'agro-business au Parlement», explique à l'AFP Elis Araujo, chercheuse à l'Institut de l'Homme et de l'Environnement en Amazonie (Imazon).

«Ce lobby tente de réduire le niveau de protection de nombreux territoires et de dresser des obstacles à la reconnaissance de territoires pour les communautés traditionnelles. Ils ont beaucoup d'influence au gouvernement», déplore-t-elle.

Pour Mme Araujo, la protection de l'environnement est devenue «une monnaie d'échange».

Premier président brésilien en exercice mis en accusation pour corruption, M. Temer se livre depuis plus d'un mois à d'intenses tractations politiques pour sauver son mandat.

Il doit éviter à tout prix que deux tiers des députés (342 voix sur 513) décident de renvoyer son cas vers la Cour Suprême, qui peut décider de l'inculper et de l'écarter du pouvoir pour six mois.

Le vote doit avoir lieu la semaine prochaine et le lobby de l'agro-business est constitué de 211 parlementaires selon les estimations de la presse brésilienne, un nombre suffisant pour tirer M. Temer d'affaire.

Pour les écologistes, la légalisation de l'occupation de terres, présentée par le gouvernement comme une possibilité de régulariser l'activité de petits paysans, peut aussi stimuler la violence de la part de gros propriétaires.

«Ce sera la loi de la falsification, qui permettra la légalisation massive de zones publiques occupées, donnant le champ libre à la déforestation et aux conflits pour la terre», dénonce l'ONG Institut socio-environnemental.

D'après les chiffres de l'association catholique Commission Pastorale de la Terre (CPT), 37 travailleurs ruraux ont déjà trouvé la mort dans ces conflits cette année.




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