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Sur la route d'Énergie-Est: Kamouraska, une campagne de charme en péril?

Véronique Drouin et Jean-Philippe Chabot se sont installés... (PHOTO EDOUARD PLANTE-FRÉCHETTE, LA PRESSE)

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Véronique Drouin et Jean-Philippe Chabot se sont installés à Sainte-Hélène-de-Kamouraska en août. Le couple hésite toutefois à acheter une maison en raison du projet de pipeline dans la région.

PHOTO EDOUARD PLANTE-FRÉCHETTE, LA PRESSE

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Hugo Meunier
Hugo Meunier
La Presse

(Kamouraska) La Presse visite des communautés nommées dans un récent plan stratégique développé pour TransCanada en raison de la force de l'opposition locale au projet de pipeline Énergie Est. Aujourd'hui: la région de Kamouraska, magnifique enclave aux abords du fleuve où les résidants et les nouveaux arrivants ont l'épiderme sensible sur les questions environnementales.

Le projet de pipeline Énergie Est de TransCanada compliquerait la grande séduction visant à attirer des jeunes dans la région de Kamouraska.

C'est l'avis de Chloé Chéné, agente de migration pour l'organisme Place aux jeunes en région, dont la mission est d'attirer des professionnels de 18 à 35 ans à Kamouraska.

L'organisme tente surtout de ramener au bercail les jeunes qui ont plié bagage, en plus de courtiser les immigrants et les citadins.

Une campagne de charme ardue par les temps qui courent, constate Mme Chéné, qui travaille pour l'organisme depuis sept ans. «Il y a beaucoup de craintes et de remises en question liées au projet de pipeline.»

Installé en août à Sainte-Hélène-de-Kamouraska avec sa copine, Jean-Philippe Chabot, 26 ans, est l'incarnation de ce doute. Attiré par les grands espaces, le couple - qui vivait depuis quelques années à Montréal pour les études - avoue être en train de déchanter. D'autant plus que le pipeline devrait traverser leur village. «Ça nous inquiète. On a un projet de famille, mais considérant le projet, ça ne sera pas à Sainte-Hélène, explique Jean-Philippe, qui loue une maison. Si j'achète une propriété près du pipeline, c'est clair que ça va jouer sur la valeur, sans compter les dangers que ça représente.»

Le passage de l'oléoduc est surtout prévu dans des terres à bois des municipalités du haut pays, soit Mont-Carmel, Saint-Onésime-d'Ixworth et Saint-Bruno, Saint-Gabriel et Sainte-Hélène-de-Kamouraska. «Notre clientèle se compose surtout de jeunes familles qui ne peuvent s'offrir des propriétés au bord du fleuve et qui optent justement pour le haut pays», souligne Chloé Chéné.

Sur toutes les lèvres

Place aux jeunes en région organise des séjours exploratoires, durant lesquels une quinzaine de candidats jugés sérieux sont invités à passer quelques jours dans la région. Plus de 130 personnes y ont pris part depuis cinq ans et 41 d'entre elles ont choisi de rester.

Lors du plus récent, le mois dernier, le projet d'oléoduc était sur toutes les lèvres, raconte Mme Chéné. «Les 16 participants m'en ont tous parlé», souligne l'agente de migration.

Outre ses paysages à couper le souffle, la région est en effet réputée pour attirer des jeunes très sensibles aux questions environnementales. C'est d'ailleurs écrit noir sur blanc dans le plan stratégique produit en mai par la firme de relations publiques Edelman pour le compte de TransCanada. «Le seul point positif de ce projet de pipeline, c'est de voir justement ces jeunes se serrer les coudes pour défendre leur coin de pays», résume Mme Chéné.

Si le projet refroidit les ardeurs de futurs Kamouraskois, il n'a pour le moment aucune incidence sur le tourisme. «Ça n'a rien changé aux activités de l'été dernier et personne n'a posé de questions là-dessus. Il faut dire que le projet est prévu hors du circuit touristique», note la responsable du tourisme au centre local de développement (CLD) de Kamouraska, Pascale Dumont-Bédard.

Le projet de pipeline n'aurait par ailleurs eu aucun effet sur le marché immobilier local. «Ce problème n'a jamais été encore abordé, tant du côté des vendeurs que des acheteurs», souligne Corinne Fortin, propriétaire de la succursale Royal LePage de la région.

Une entrepreneure militante

Au bout du village de Saint-Germain, près de Kamouraska, l'autobus blanc de Claudie Gagné est impossible à rater. Garé à l'extrémité de son terrain, il sert à sécher les plantes que la jeune entrepreneure ramasse sur les berges du Saint-Laurent. Claudie Gagné était encore adolescente lorsqu'elle a démarré Jardins de la mer, son entreprise. Depuis, elle sillonne les battures en quête de salicorne, de plantain marin, d'épinard de mer. Elle fait sécher ses récoltes, qu'elle distribue ensuite en petits pots dans les boutiques de la région, mais aussi dans de prestigieux restaurants tels que le Toqué!.

Mais depuis quelque temps, chaque contenant porte une étiquette sur laquelle on peut lire «produit menacé par le déversement pétrolier dans le St-Laurent». Une façon de militer pour Mme Gagné. «L'objectif est de sensibiliser les consommateurs à ce projet-là. Leur dire que si on dit oui au pipeline, ça met en péril de beaux produits comme ça!»

Elle s'inquiète comme tout le monde des risques de déversement, mais aussi de la hausse du trafic maritime dans le Saint-Laurent. Mais surtout, elle croise les doigts pour que les gens se mobilisent. «J'ai l'impression que ce projet est tellement absurde et j'ai confiance que les gens vont voir clair», résume Claudie Gagné.

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