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Une «taxe» de 3,7 à 12,7 cents sur le litre d'essence est envisagée

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Un ménage ayant un seul véhicule et utilisant... (Photo: La Presse)

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Un ménage ayant un seul véhicule et utilisant le chauffage électrique paierait en 2020 entre 75$ et 255$ de plus par année qu'à l'heure actuelle si le plan de Québec entre en vigueur.

Photo: La Presse

Tommy Chouinard
La Presse

(Québec) Le gouvernement Charest veut adopter bientôt une cible «ambitieuse» de réduction des émissions de gaz à effet de serre (GES) d'ici 2020 : entre 10% et 20% par rapport au niveau de 1990. Pour l'atteindre, il entend notamment hausser la taxe verte sur l'essence et les autres hydrocarbures.

Cette hausse et le coût des futurs droits d'émission de GES des entreprises feraient grimper le prix de l'essence de 3,7 cents, voire de 12,7 cents le litre selon la cible choisie, indique le document de consultation rendu public hier par la ministre de l'Environnement, Line Beauchamp.

«Le document est très clair. Nous indiquons quels sont les prélèvements monétaires que nous voulons faire pour changer les comportements», a-t-elle affirmé en conférence de presse. «Plusieurs économistes, de façon indéniable, vont vous dire que plus quelque chose coûte cher, plus on fait attention à son utilisation.»

Line Beauchamp a annoncé la tenue d'une consultation publique afin de fixer la prochaine cible de réduction de GES pour la période 2012-2020.

Québec est confiant d'atteindre en 2012 la cible prévue dans le protocole de Kyoto, une réduction de 6% par rapport à 1990. Les émissions de GES ont baissé de 4,7% jusqu'à maintenant.

Pour l'après-Kyoto, la période 2012-2020, Line Beauchamp propose de choisir entre quatre cibles de réduction des émissions de GES, toujours par rapport à 1990: 10% (la cible du Nord-Est américain), 12% (celle des États américains et provinces membres du Western Climate Initiative), 15% (la cible adoptée par l'Ontario) ou 20% (l'objectif de l'Union européenne). Les États-Unis ont une cible de 18,5%; le Japon, 25%; le Royaume-Uni, 34%; la Suède, 40%.

Ottawa a fixé une cible «décevante» pour le pays, une réduction de 3% seulement, a souligné Line Beauchamp.

Son document de consultation précise quelques mesures en vue d'atteindre la prochaine cible. Québec augmenterait la redevance sur les hydrocarbures, la taxe verteA qui est fixée à 1 cent le litre à l'heure actuelle. Il mise également sur la création d'un système de plafonnement et d'échange de droits d'émission de GES pour les entreprises. Avec ces mesures, Québec engrangerait de 4,2 à 15,3 milliards de dollars de 2012 à 2020, selon la cible fixée.

Un ménage ayant un seul véhicule et utilisant le chauffage électrique paierait en 2020 entre 75 $ et 255 $ de plus par année qu'à l'heure actuelle - à moins de «changer ses comportements», a noté Line Beauchamp. Pour un ménage avec deux véhicules et chauffant sa maison au mazout, la facture augmenterait de 237 $ à 804 $.

Pour atténuer les impacts et inciter les Québécois à changer leurs comportements, Québec créerait des programmes d'aide à l'utilisation de technologies vertes et des mesures en matière d'efficacité énergétique, par exemple. Il investirait davantage dans les transports collectifs.

Une réduction de 10% des émissions de GES ferait légèrement augmenter le produit intérieur brut réel (0,04%), alors que le scénario de 20% se traduirait par une baisse de 0,16% (511 millions). La lutte contre les changements climatiques fera croître le secteur des technologies vertes, ce qui aura un effet bénéfique sur l'économie, a souligné Line Beauchamp.

La consultation publique se tiendra du 22 octobre au 4 novembre, en commission parlementaire.

Line Beauchamp veut annoncer la cible choisie avant la tenue, en décembre, de la conférence de Copenhague, le sommet international sur l'après-Kyoto. «À Copenhague, le Québec pourra clairement se positionner comme un leader dans les changements climatiques», a-t-elle affirmé.

L'écologiste Steven Guilbeault, d'Équiterre, demande au gouvernement d'adopter la cible de

20%. «C'est ça, une cible ambitieuse. On est tout à fait capables de l'atteindre. Et je crois que ça permettrait au Québec de continuer d'être un leader dans la lutte contre les changements climatiques», a-t-il dit, soulignant le «manque de sérieux» d'Ottawa dans ce dossier.

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