La bataille électorale se joue aussi à Hollywood

George Clooney est dans le camp d'Hillary Clinton.... (PHOTO ARCHIVES AFP)

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George Clooney est dans le camp d'Hillary Clinton.

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Véronique Dupont
Agence France-Presse
Los Angeles

George Clooney et Reese Witherspoon courent pour Hillary, Mark Ruffalo et Susan Sarandon soutiennent Bernie... La bataille électorale se joue aussi à Hollywood où les stars prêtent un peu de leur glamour à leur candidat(e).

«Ce que les célébrités apportent, plus que l'argent, c'est la visibilité. Quand vous avez des gens comme George Clooney ou Beyoncé qui vous soutiennent, ça dope votre image», constate Sarah Bryner, directrice des études chez l'organisation spécialisée dans le financement des campagnes électorales, Center for Responsive Politics.

Les vedettes donnent directement jusqu'à plusieurs millions de dollars à leur champion(ne), à l'instar des poids lourds du secteur, le directeur de Dreamworks Animation Jeffrey Katzenberg ou le réalisateur Steven Spielberg.

Des stars comme George Clooney ou Tobey Maguire organisent des levées de fonds pour Hillary Clinton, où riches donateurs versent jusqu'à 300 000 dollars par tête pour frayer avec le tout-Hollywood le temps d'un dîner.

Les stars de cinéma, télévision ou musique représentent conjointement la cinquième source de donations pour l'ex-secrétaire d'État.

Si l'on inclut les candidats à la fois démocrates et républicains depuis le début de la bataille présidentielle, Hollywood n'arrive qu'en 13e position des industries qui pèsent le plus dans les coffres de campagne, avec 27 millions de dollars, une somme largement en faveur des démocrates.

C'est bien moins que Wall Street et ses 231,6 millions de dollars injectés, à 65% chez les républicains, selon le Center For Responsive Politics.

Toutes les vedettes ne sont toutefois pas les bienvenues.

Célébrité craintives

«Personne ne veut d'une célébrité à risque comme Mel Gibson, et même aujourd'hui je ne pense pas qu'un candidat voudrait de Jane Fonda, trop controversée», estime Steven Ross, professeur d'histoire à l'université USC et auteur d'Hollywood Left and Right.

Le soutien de l'actrice et réalisatrice Lena Dunham «est important pour toucher les jeunes femmes», et celui du réalisateur noir Spike Lee à Bernie Sanders pour attirer les électeurs Afro-américains, nombreux à soutenir Hillary Clinton, énumère l'universitaire.

Est-ce que leur appui se traduit en termes de votes? «Impossible à quantifier» pour Sarah Myers.

Une étude de deux universitaires, Craig Garthwaite et Timothy Moore, publiée dans le journal de Law Economics and Organizations, estime toutefois que la très influente star de la télé Oprah Winfrey a apporté 1 million de votes à Barack Obama en 2008.

Les relations parfois incestueuses entre Hollywood et la politique remontent aux origines des studios: «Dans les années 1920, Louis B. Mayer avait transformé la MGM en agence de propagande pour le parti républicain» et envoyait les plus grandes stars poser à côté des candidats, rappelle Steve Ross.

Il s'empresse de rappeler que contrairement au cliché selon lequel Hollywood serait un pur bastion démocrate, «il y a deux Hollywood: celui des affaires, et celui de la création».

Les dirigeants de studios ne veulent pas lâcher la proie pour l'ombre et donnent généralement dans les deux camps, pour faire en sorte que politiques et législations - contre le piratage, sur les droits d'auteur, les traités échanges internationaux... - soient favorables à leur industrie.

Glamour contre accès privilégié

En revanche, les créatifs d'Hollywood soutiennent majoritairement les démocrates depuis les années 1960, à part quelques rares noms comme Charlton Heston ou Clint Eastwood.

Que veulent les stars en contrepartie de leurs dollars et sourires éblouissants? Un accès privilégié.

«Elles ne sont pas naïves au point de se dire qu'elles vont influencer un programme, mais quand on donne des sommes à plus de six chiffres, on s'attend à ce que quand vous voulez parler au président, vous puissiez le faire», fait valoir Steve Ross.

Comme toujours, le milliardaire Donald Trump, qui semble assuré de remporter l'investiture républicaine, est un cas à part.

Très peu de stars l'ont soutenu, «à part des gens trop vieux pas très glamour comme Jon Voight», ou l'ancien catcheur Hulk Hogan. Mais Trump «est une célébrité en lui-même», remarque Steven Ross. Et avec ses déclarations tonitruantes, il crée en permanence le spectacle.

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