Maude Michaud: enfant de Fantasia

Avec huit courts métrages et un webdoc, dans... (PHOTO SARAH MONGEAU-BIRKETT, LA PRESSE)

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Avec huit courts métrages et un webdoc, dans le cadre de ses études de maîtrise, Maude Michaud, elle, est une pure enfant de Fantasia.

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Mario Cloutier

Fantasia présente cette semaine le premier long métrage de la Montréalaise Maude Michaud. Un thriller d'horreur psychologique, fruit d'un esprit décomplexé et libre!

Quelque chose se passe dans l'horreur. Celle qu'on imagine, qu'on s'imagine, celle qu'on invente par anxiété ou angoisse ou par créativité. Et les femmes sont à l'avant-garde de ce mouvement.

Maude Michaud n'est pas la première cinéaste montréalaise à réaliser des films d'horreur. Il y a la pionnière et habituée de Fantasia, Izabel Grondin, présentement en préproduction de son premier long métrage, Le quartier des oubliés, Elza Kephart, qui a réalisé Graveyard Alive, et plusieurs autres travaillant dans l'underground ou en court métrage.

Avec huit courts métrages et un webdoc, dans le cadre de ses études de maîtrise - Bloody Breasts: An Exploration of Women, Feminism and Horror Films - à l'Université Concordia, Maude Michaud, elle, est une pure enfant de Fantasia. C'est à l'université et en fréquentant le festival que «l'horreur» s'est imposée dans sa vie. «Ç'a été comme un déclic, dit la réalisatrice et productrice de 30 ans, la clé qui a ouvert la porte entre mes intérêts et une approche cinématographique que je pensais pouvoir utiliser. J'avais annoncé à mes parents, à l'âge de 14 ans, que je voulais devenir cinéaste. Ils m'ont toujours appuyée et mon but à long terme reste de pouvoir en vivre.»

Vivre du cinéma de genre - horreur, science-fiction, fantastique, thriller - au Québec? Peu de cinéastes établis s'y sont essayés. C'est évidemment une question de budget et de public. Le cinéma de genre est surtout une affaire de gars et tout se déroule en anglais.

«Être femme réalisatrice d'horreur, c'est une forme de militantisme, avoue la jeune femme. On choisit un métier non traditionnel. Et même s'il y a de plus en plus de femmes réalisatrices, on ne peut pas dire qu'il y a égalité hommes-femmes dans le domaine. Ce genre très masculin au départ qui permet pourtant l'exploration de thématiques et de sujets très féminins.»

En dehors de la violence dont les femmes sont souvent «victimes» en cinéma d'horreur, il y a donc un chemin?

«Je voulais montrer que oui, c'est possible d'être féministe et cinéaste ou fan d'horreur. C'est consacré maintenant avec le mois de février, dédié aux femmes dans l'horreur depuis cinq ans. L'approche des femmes est plus viscérale, psychologique. Dans la plupart des cas, c'est plus dérangeant et profond. Les réalisatrices ont un message à passer et font des films très percutants. On en est aux sous-genres dans le cinéma d'horreur féminin.»

Dys-

Son premier long métrage, Dys-, touche aux problèmes d'un couple dysfonctionnel qui doit s'enfermer chez lui en raison d'une épidémie de nature inconnue. «Ce qui me fait peur dans notre monde moderne, c'est les pandémies ou les épidémies. Au cinéma, on fait souvent des drames pour en parler ou des films de zombies. Mais j'en avais soupé des zombies», fait-elle.

Dys- aborde notamment des questions liées au corps féminin et à la maternité, de façon pour le moins audacieuse, voire choquante.

«Les attentes envers la maternité ont beaucoup changé, croit-elle. Les femmes de mon âge, je crois, se demandent vraiment s'il s'agit d'un désir naturel ou imposé par la société.»

Ce huis clos possède un point de vue inédit, un style visuel léché, même si les failles y sont visibles en raison d'un microscopique budget d'au plus 100 000$.

«C'est une production complètement indépendante, explique-t-elle. Le tournage a duré en tout 17 jours et la production, un an et demi.»

L'actrice principale, Shannon Lark, est une vraie pasionaria du cinéma indépendant, en général, et de l'horreur, en particulier. Au cours des ans, cette Américaine a réalisé, produit et joué dans une cinquantaine de productions.

«Elle est très inspirante. C'est quelqu'un de positif qui m'a beaucoup encouragée. J'ai voulu démontrer avec Dys- que ce n'était pas un film cheap. Je voulais faire le plus possible avec le minimum de moyens dont je disposais.»

Projets

Le combat n'est toutefois pas fini. Maude Michaud sera présente au marché du film de Fantasia dans l'espoir de trouver un distributeur ou d'autres alliés pour ses projets avec sa propre maison de production, Quirk Films.

«Je resterai dans le cinéma de genre. J'écris en ce moment un film qui est un hommage au thriller érotique type des années 90, mais aussi un drame psychologique avec des aspects fantastiques et une histoire de fantômes. C'est le prochain film.»

En attendant, si imparfait soit-il, Dys- n'en est pas moins une respectable carte de visite. On peut même y entendre sa voix et elle apparaît brièvement comme figurante dans le film. Quelle horreur!

Pas chez Maude Michaud.

Fantasia présente Dys- à la salle J.A. de Sève de l'Université Concordia, le 1er août à 19h30.




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