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      TIFF: conversation avec Robert Redford

      Robert Redford... (PHOTO NATHAN DENETTE, LA PRESSE CANADIENNE)

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      Robert Redford

      PHOTO NATHAN DENETTE, LA PRESSE CANADIENNE

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      Dans un événement de nature «incontournable» comme le TIFF, la question de la présence des différents artisans et intervenants de l'industrie du cinéma ne se pose plus depuis longtemps. Tous y sont. Sur le calendrier des professionnels et des journalistes du monde entier, le rendez-vous est encerclé d'avance. Forcément, de belles occasions de rencontres s'offrent à vous.

      Il y a six ans, nous avions eu la chance de converser seul à seul avec le regretté Sydney Pollack, venu à l'époque appuyer Breaking and Entering, un film d'Anthony Minghella (lui aussi disparu depuis) pour lequel il agissait à titre de producteur.

      L'éminent cinéaste, à qui l'on doit quelques-uns de nos plus beaux souvenirs liés au cinéma populaire américain (The Way We Were, Tootsie, Out of Africa), avait alors évoqué la difficulté, pour les réalisateurs de sa génération, de trouver à Hollywood des projets enthousiasmants. «Le public dans les salles est de plus en plus jeune, avait-il fait remarquer, sans toutefois céder à la nostalgie. Tout est orienté vers eux pour des questions de gros sous. Il devient ainsi de plus en plus difficile pour moi de trouver un projet qui correspond à la fois à mes intérêts et à ceux des grands studios. Les films que nous produisons par l'entremise de notre société sont d'ailleurs tous réalisés à l'extérieur du système.»

      Le souvenir de Sydney Pollack est remonté à la surface cette semaine au détour d'une rencontre avec l'une des dernières légendes vivantes du cinéma hollywoodien. Robert Redford, 76 ans bien sonnés depuis le mois dernier, doit pratiquement son statut de superstar au réalisateur de Three Days of the Condor. Sept longs métrages ensemble. Le fondateur du Festival de Sundance, icône de son état, était dans la Ville reine pour accompagner la présentation de The Company You Keep, un film qu'il a réalisé, et dans lequel - fait très rare - il s'est donné le rôle principal.

      Dans cet excellent drame, le meilleur qu'il ait tourné depuis longtemps en tant que réalisateur, Redford renoue avec la tradition du film politique. Il y retrace le parcours de militants impliqués dans un attentat à la fin des années 60, aujourd'hui rattrapés par leur passé. L'acteur cinéaste prête ses traits à un fugitif qui, depuis des années, s'est construit une réputation enviable à titre d'avocat sous une fausse identité. The Company You Keep évoque les illusions perdues de militants vieillissants, la mouvance des idéaux, la quête d'intégrité morale et collective.

      Un film ne change rien

      Pour ce partisan du Parti démocrate américain, dont on a souvent dit qu'il finirait bien un jour par entrer en politique, la réflexion qu'amène son film n'est certes pas innocente.

      «J'ai compris depuis longtemps que le cinéma ne pouvait rien changer dans les convictions qu'ont les gens au préalable, confie Robert Redford. Plus jeune, je croyais fermement qu'un film comme The Candidate pouvait avoir un impact réel, et susciter une franche discussion sur notre système politique. C'était une époque où la substance cédait désormais le pas à l'image. Tu parles! Sont venus ensuite les Dan Quayle, George Bush, Sarah Palin et compagnie! Cela dit, on fait le film quand même. Parce qu'on y croit. Et qu'il aura peut-être un écho.»

      La trop courte durée de notre conversation ne nous aura pas permis de couvrir tous les aspects d'une carrière très riche, mais Robert Redford fait assurément partie de ceux pour qui l'intégrité artistique demeure une valeur essentielle. Il s'inquiète en outre, on le sent bien, du flot d'images auxquels nous sommes aujourd'hui exposés, et surtout de l'éthique floue qui les entoure bien souvent. En cela, il rejoint tout à fait les préoccupations du cinéaste québécois Bernard Émond, qui s'est presque excusé auprès des spectateurs de son magnifique film Tout ce que tu possèdes d'avoir «ajouté des images» à celles qu'on nous déverse déjà à pleins tubes cathodiques. Jacques Audiard, réalisateur du très beau De rouille et d'os, a aussi évoqué cette «obésité d'images» à travers laquelle tout s'inscrit de la même façon dans nos esprits. Que des cinéastes réfléchissent de cette façon à leur art est plutôt rassurant.

      À venir prochainement...

      À nos reportages quotidiens du TIFF se sont aussi greffées de nombreuses interviews avec des artisans dont les films prendront l'affiche chez nous au cours des prochaines semaines. Outre les trois cinéastes mentionnés plus haut, vous aurez bientôt dans nos pages des nouvelles de Marion Cotillard, Matthias Schoenaerts, Kristen Stewart, Walter Salles, Michael Haneke, Gael Garcia Bernal, Kristin Scott Thomas, François Ozon, Audrey Tautou, Spike Lee, et quelques autres. Pas qu'on veuille faire du name dropping. Enfin si. Un peu quand même...

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