Controverses sur les faits réels: atout ou obstacle aux Oscars?

Le film Selma met en vedette David Oyelowo dans... (Photo fournie par Media Films)

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Le film Selma met en vedette David Oyelowo dans la peau de King, au moment où celui-ci se joint à des militants de Selma, en Alabama, où seuls 2% des citoyens noirs sont des électeurs inscrits.

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Agence France-Presse
HOLLYWOOD

Presque chaque année, des films retraçant des faits historiques sont candidats aux Oscars et presque à chaque fois, ils génèrent leur lot de controverses sur la réalité comparée à la fiction. Si l'adage dit qu'il «n'existe pas de mauvaise publicité», est-ce vrai en matière d'Oscars?

À quel point les débats passionnés sur la véracité de tel ou tel fait peuvent-ils donner une plus forte exposition ou au contraire torpiller un film candidat aux Oscars?

Cette année, Selma, d'Ava DuVernay, sur Martin Luther King et la lutte pour les droits civiques, est accusé d'avoir fait à tort du président Lyndon Johnson un ennemi de MLK.

American Sniper, de Clint Eastwood, sur Chris Kyle, tireur d'élite le plus «performant» de l'armée américaine - il a tué au moins 160 personnes en Irak - est dénoncé par certains comme ayant glorifié un meurtrier de masse.

D'autres films récents ont généré leur lot de polémiques, à l'instar de Zero Dark Thirty, qui concourrait aux Oscars en 2013. Il a été accusé par les uns d'avoir fait une héroïne d'une agent secret qui avait pratiqué la torture, par les autres d'avoir été instrumentalisé par la campagne de réélection du président Barack Obama. Le film met en effet en scène la traque d'Oussama Ben Laden, sous les ordres de Barack Obama.

C'est Argo, sur le vrai complot rocambolesque de la CIA et du Canada pour faire évader des diplomates Américains ayant échappé à la prise d'otage de l'Ambassade américaine de Téhéran, qui a finalement décroché l'Oscar cette année-là.

Un héros américain attaqué

Argo, de Ben Affleck, était également accusé d'avoir joué avec les faits, et d'avoir minimisé le rôle majeur joué par le Canada.

JFK, A Beautiful Mind, entre autres, avaient aussi fait polémique en leur temps.

«Chaque fois que la controverse s'immisce dans le vote, il y a de gros risques que le film ne gagne pas» l'Oscar, estime Tom Nunan, qui a produit le film Crash, lauréat de l'Oscar du meilleur film en 2005 et qui enseigne à UCLA School of Theatre, film and télévision.

Selon lui, «ce n'est pas par hasard si ces polémiques sortent du bois au moment des Oscars, c'est avant tout une compétition», et elles peuvent servir à éliminer un rival.

Tom O'Neil, du site de pronostics pour les Oscars GoldDerby.com, est plus nuancé.

Les membres de l'Académie des arts et sciences du cinéma qui votent aux Oscars sont selon lui «très tolérants des libertés prises avec la réalité par les scénaristes, et du fait qu'un personnage puisse être embelli».

Pour lui, les débats autour du personnage de Chris Kyle n'ont «probablement pas nui à Bradley Cooper», finaliste pour l'Oscar du meilleur acteur: «Cela pourrait même l'aider si des participants au vote estiment qu'un héros américain est attaqué à tort».

The Theory of Everything, sur le premier mariage du génie britannique de la cosmologie Stephen Hawking, a aussi été critiqué par certains pour avoir complètement changé l'ordre chronologique de certains faits, mélangeant une réconciliation du couple après son divorce à une célébration à Buckingham.

En outre, la séparation entre Hawking et sa première femme Jane ne s'est pas passée de façon aussi amicale que le décrit le film.

Pour Tom O'Neil, «si ça marche du point de vue du récit, ce n'est pas grave d'embellir une histoire d'amour, car les gens veulent pouvoir être emportés» et s'attacher aux personnages.

À l'inverse, il juge que «la controverse sur Lyndon Johnson pourrait avoir nui à Selma».

«On peut jouer avec les faits mais les membres de l'Académie veulent savoir qui est le héros, qui est le méchant» et n'aiment pas que le rôle historique d'une personnalité soit altéré au point de transformer en «méchant» quelqu'un qui a eu un rôle plus positif.

Tom Nunan remarque qu'un «film doit prendre des libertés avec les faits pour gagner les spectateurs émotionnellement. Un film de cinéma n'est pas un documentaire, il est là pour divertir et faire s'échapper les spectateurs» de la réalité.

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