Culture: précarité et éducation font réfléchir

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Michel Leblanc, président de la Chambre de commerce du Montréal métropolitaine.

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La politique culturelle du Québec, adoptée en 1992, doit être renouvelée. Depuis plusieurs semaines, le ministre de la Culture, Luc Fortin, pilote des consultations publiques qui se termineront au cours des prochains jours à Montréal et à Sherbrooke. Hier, lors de la première journée de son passage dans la métropole, deux préoccupations ont fréquemment fait surface: la précarité financière des artistes et l'importance qu'il faut accorder à l'éducation. Bilan d'une journée riche en réflexions.

Priorité aux jeunes

Lundi prochain, à Sherbrooke, le ministre de la Culture, Luc Fortin, terminera sa tournée de consultations publiques qui l'a mené aux quatre coins de la province afin de renouveler la politique culturelle. Cette pièce maîtresse de son ministère avait été adoptée en 1992, alors que Robert Bourassa était premier ministre. Près de 25 ans plus tard, les industries culturelles ont changé, tout comme le contexte économique (et numérique!) dans lequel elles évoluent. «Parmi les thèmes qu'on aborde, le mariage entre l'éducation et la culture est celui qui est le plus fréquemment mentionné. Il n'y a pas une journée où on ne m'en parle pas», a affirmé le ministre, qui a entendu 325 groupes pendant ces nombreuses journées de consultations. Son objectif, promet-il, est d'accoucher d'une nouvelle politique gouvernementale qui touche à plusieurs autres ministères et sociétés d'État. «Je veux aussi favoriser l'accès de la culture chez les jeunes. C'est ma priorité», a-t-il dit.

Les artistes vivent dans la précarité

La prochaine politique culturelle du Québec doit permettre d'améliorer les conditions de vie des créateurs, de favoriser une croissance de la demande pour l'offre culturelle et d'accorder une attention particulière aux exportations de la culture québécoise, a soutenu hier Michel Leblanc, président de la chambre de commerce du Montréal métropolitain. 

«Les créatifs culturels vivent dans la précarité. Un artiste gagne en moyenne 23 500 $. [...] C'est difficile pour eux, et c'est collectivement un risque que l'on prend.»

Selon lui, le Québec a longtemps accordé la priorité à l'offre culturelle, mais il est temps de prêter une attention particulière à la demande. M. Leblanc est d'avis que les citoyens ne sont pas toujours à l'affût de tout ce qui se fait en matière culturelle.

La culture au service de la réussite

Les enfants qui ne sont pas exposés à de la culture pendant leur parcours scolaire sont cinq fois plus enclins à décrocher que ceux qui l'ont été. Cette statistique, citée par la directrice générale du Conseil des arts de Montréal, Nathalie Maillé, a fait réagir les gens réunis dans l'auditorium bondé de Bibliothèque et Archives nationales du Québec, où avait lieu la consultation publique. Selon elle, l'art doit être accessible aux élèves tout au long de leur parcours d'études. Ce souci de l'éducation a été énoncé à de multiples reprises, hier. La présidente du Mouvement national des Québécoises et Québécois (MNQ), Martine Desjardins, croit pour sa part que l'accès à la culture doit être préservé lorsque des coupes budgétaires sont faites en éducation. Louis Dussault, président de K-Films Amérique (distributeur de films d'auteur), a pour sa part affirmé: «Michel Tremblay ne serait pas un écrivain qui [vend autant] si on n'enseignait pas ses romans et son théâtre à l'école. Au secondaire, les jeunes sont friands, il y a moyen de les influencer.»

Quelle place pour la diversité?

En entrevue avec La Presse et à plusieurs reprises pendant la consultation publique, hier, le ministre de la Culture, Luc Fortin, a répété que le français occuperait une place de choix dans la prochaine politique culturelle du Québec. Mais quelle place fera-t-on aux différentes communautés culturelles, ou encore à la communauté historique anglophone? La question a été soulevée par différents groupes. Jérôme Pruneau, directeur général de Diversité artistique Montréal, estime pour sa part qu'une meilleure reconnaissance du bagage professionnel des artistes immigrants devrait être assurée. Le Conseil des arts de Montréal a de son côté défendu le recours à des quotas pour imposer aux différentes industries culturelles le reflet de la société québécoise dans toute sa diversité. Puisqu'en ce moment, le but du ministre Fortin est d'écouter les parties prenantes, il ne s'est pas prononcé sur ces propositions. «Les communautés issues de la diversité, tout comme les peuples autochtones et les anglophones, auront leur place dans la politique culturelle», a-t-il toutefois déclaré.

Les consultations publiques pour le renouvellement de la politique culturelle du Québec se poursuivent aujourd'hui à Montréal, puis se déplaceront lundi à Sherbrooke.

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