Chez-nous des artistes: la vedette et l'astrologue

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Hugo Meunier
Hugo Meunier
La Presse

Les grands noms se font rares au Chez-nous. Certes, plusieurs locataires ont fait de belles carrières, ont vécu de leur art, mais peu d'entre eux auront laissé leur empreinte comme Léger Michaud, mieux connu sous le nom de Michel Stax.

Si ce nom ne vous dit rien, sachez qu'il a fait sensation dans les années 70 et 80 avec les succès Mademoiselle Caroline, Notre amour n'est plus qu'une aventure, Milord, Ma jolie Rose, mais surtout les tubes Oh ma Lili et sa reprise de Just a Gigolo, qui ont fait de lui une vedette populaire.

Quelques décennies plus tard, il semble être LA star de l'heure entre les murs du Chez-nous des artistes, où les locataires n'hésitent pas à le citer lorsqu'on demande si de grands noms habitent parmi eux.

Pourtant, il est encore un petit nouveau, lui qui a emménagé il y a quatre ans. Pour lui, le Chez-nous est un nouveau départ. «J'ai été pas mal sur le party. Je prenais de la coke et je buvais beaucoup», avoue sans ambages le chanteur de 68 ans, qui célèbre six ans de sobriété.

De temps à autre, il donne encore des spectacles. Il vient d'ailleurs de terminer un album de rhythm and blues avec un copain. «Je m'amuse», résume Michel Stax, né un vendredi 13.

Mauvais présage? Sa vie a été marquée par le mauvais sort, à commencer par deux accidents de voiture qui ont failli lui coûter la vie - surtout le deuxième, survenu en 1977 au volant de sa Corvette neuve.

«J'étais au top. Tout est ensuite tombé à l'eau», laisse tomber le chanteur, qui n'entretient pas d'amertume, même s'il semble nostalgique de ses années de gloire et de «la vieille école». «En 1973, ça a fait boum! On jouait sept soirs dans les clubs et trois heures chaque fois.»

Michel Stax a commencé à consommer dans ces années-là. L'argent, les femmes, la gloire, le tourbillon. «Aujourd'hui, l'important, c'est que je sois en santé. Je suis chanceux d'être en vie», estime-t-il, heureux d'avoir fait la paix avec ses vieux démons. Ce soir, justement, il fera un «partage» dans une réunion des AA.

«Je suis fier de moi, j'ai gagné de la dignité et de l'humilité. Ça ne me dérange plus de ne pas boire, je n'ai plus soif!»

Sa voix, abîmée par la coke et la boisson, lui sert lors des spectacles organisés toutes les deux semaines dans la salle communautaire.

Ce vieil ami de René Angélil et de La Poune continuera de chanter tant qu'il vivra. Il suffit de le voir sauter, danser, s'époumoner sur la petite scène du rez-de-chaussée pour comprendre qu'il y est à sa place.

Le reste du temps, Michel Stax vit tranquillement, contemple le parc de sa fenêtre, dans son appartement perché au troisième étage de l'immeuble. En paix.

L’astrologue Louise Haley, alias Madame Minou, et son chat... (PHOTO NINON PEDNAULT, LA PRESSE) - image 2.0

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L’astrologue Louise Haley, alias Madame Minou, et son chat Jupiter Amour Nounours

PHOTO NINON PEDNAULT, LA PRESSE

La voisine d'en dessous

Sa voisine d'en dessous est nulle autre que l'astrologue Louise Haley, la seule et unique Madame Minou.

Dès qu'on pose le pied dans son logement, Madame Minou insiste pour nous présenter son «mari». L'époux en question est son chat nommé Jupiter Amour Nounours. «Il y a de gentilles personnes qui veulent te rencontrer», lui dit-elle en lui caressant la tête.

Madame Minou est pratiquement aveugle et se déplace en fauteuil roulant ou à l'aide d'une canne. Des employés d'un CLSC viennent réchauffer ses plats tous les midis.

Malgré ces limites, Madame Minou s'exprime avec aplomb de sa voix tonitruante et travaille toujours. Elle collabore à la radio et fait de la voyance par téléphone. Elle laissera le téléphone sonner à trois reprises lors de notre passage. Elle tourne aussi des capsules pour le web.

«Le destin m'a amenée ici. Je voulais venir, je connaissais des gens. Je suis bien», résume-t-elle.

Cette verbomotrice nous demande notre signe astrologique, en plus de nous parler de son respect éternel pour le chanteur Martin Deschamps, qui monte sur scène malgré d'importants handicaps.

«Moi, je ne veux pas arrêter de travailler. Je suis une vieille fatigante. Même à 100 ans, je veux continuer de travailler.»

Avant de partir, Madame Minou prédit (littéralement) beaucoup de succès à La Presse+ - même si elle est nostalgique du papier -, une année 2016 très importante dans l'histoire de l'humanité à cause de l'alignement des planètes et un gros changement dans la vie de l'auteur de ces lignes en 2017.

«Je ne suis pas une chanteuse, je suis une chateuse!», lance enfin Madame Minou, qui ajoute un «miaou» en guise de salutations.

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