Patrick Labbé: animateur de camp de jour

Depuis des années, Patrick Labbé multiplie les rôles, mais ce n'est pas à la... (Photo: Olivier Jean, La Presse)

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Depuis des années, Patrick Labbé multiplie les rôles, mais ce n'est pas à la télévision ou au cinéma qu'on verra l'acteur cet été. Ces jours-ci, il s'est plutôt transformé en menuisier. Il défonce des murs, arrache des planchers et rafraîchit les installations du camp Bruchési, à Saint-Hippolyte, où il ouvrira en juin une nouvelle colonie de vacances pour jeunes artistes. Son Camp de base, qui borde le lac de l'Achigan, permettra aux adolescents d'avoir une véritable expérience de jeu, de réalisation ou de montage, promet-il.

D'où vous est venue l'idée de fonder une colonie de vacances destinée aux jeunes qui aiment les arts de la scène et le cinéma?

Ce n'est pas un projet tout à fait nouveau pour moi. J'avais déjà travaillé, il y a environ dix ans, dans un Camp des artistes que j'avais moi-même fondé. Puis, comme d'autres projets, j'ai fini par passer à autre chose.

Récemment, j'ai travaillé sur une série jeunesse pour VRAK.TV, dont les aventures se déroulaient dans une colonie de vacances. Pendant le processus d'écriture, j'ai repris contact avec mes anciens animateurs, qui sont maintenant pour la plupart des comédiens et cinéastes professionnels.

Finalement, le projet n'a pas été retenu, mais j'avais ravivé chez eux de très beaux souvenirs qui nous ont motivés à relancer l'expérience. On recrée finalement cet été une petite recette miracle, mais avec des critères plus élevés cette fois-ci. Avec la technologie, YouTube et l'internet, les jeunes sont encore meilleurs qu'avant. Ça rend notre rôle plus captivant, je dirais.

On me dit que vous passez beaucoup de temps ces jours-ci à améliorer l'équipement du camp, que vous voulez vous assurer que tout soit prêt pour accueillir tes premiers campeurs. Que faites-vous exactement?

Disons que les installations qu'on nous a confiées ont vraiment besoin d'amour. On construit des lits, on arrache des planchers, on en refait d'autres. On crée des divisions, on remet à niveau certaines affaires qui avaient été mises de côté depuis un certain temps.

Le camp Bruchési, qui est la plus vieille colonie de vacances au Québec, a des installations et un terrain qui nous permettent d'être très créatifs. On construit une salle de spectacle avec des gradins, une salle de régie, des loges. On prépare aussi un costumier, un cinéma et des lieux pour pratiquer des cascades. Évidemment, il nous faut aussi une salle de classe, pour les jours où il y aura de la pluie. Franchement, ça s'annonce spectaculaire.

Qui sont les jeunes qui s'inscriront à votre camp cet été? Voulez-vous recruter des artistes de la relève, comme les enfants acteurs, ou vous adressez-vous plutôt au grand public?

Ma philosophie a toujours été de ne pas me prendre pour quelqu'un d'autre et de ne pas faire miroiter l'idée chez les jeunes d'une porte qui s'ouvre véritablement sur le milieu de façon professionnelle. Ce n'est pas le cas. Nous ne sommes pas une école de théâtre ou de cinéma, mais d'abord et avant tout un endroit où l'on vient s'amuser et apprendre notre métier, qui est passionnant. On s'adresse principalement aux adolescents, car c'est la tranche d'âge la plus difficile à vivre. À cet âge-là, on est pogné, on vit plein de trucs difficiles. Le théâtre et le jeu permettent aux enfants d'extérioriser leurs problèmes et d'apprendre à se nourrir d'une passion.

Avez-vous fait ce constat par vous-même lorsque vous étiez adolescent dans une colonie de vacances axée sur les arts?

Pas du tout! (rires) Quand j'étais jeune, je ne démontrais pas d'intérêt pour le théâtre ou les camps de vacances en général. Mes parents m'inscrivaient parfois dans des camps de hockey ou d'immersion en anglais, mais je préférais bûcher du bois avec mon père plutôt que de partir avec d'autres jeunes en forêt.

C'est vers l'âge de 15 ans que mes parents m'ont finalement inscrit à mon premier cours de théâtre. Je n'ai jamais appris mon métier d'acteur dans les grandes écoles, mais en travaillant. Ce n'est que plus tard, après avoir commencé ma carrière, que j'ai donné des ateliers à des jeunes, dans les écoles.

Je sentais par contre que je perdais rapidement leur attention. J'ai donc imaginé un lieu où je pouvais maintenir un degré de concentration élevé, sans qu'il y ait sans cesse des creux de vague, de la perte d'énergie. C'est ce que le contexte d'un camp de vacances nous permet de faire. En une semaine, nous réalisons davantage de choses avec les enfants qu'en six mois sur les bancs d'école. Et c'est sans compter le résultat final, qui est franchement meilleur.

Quel message voulez-vous transmettre aux jeunes qui s'inscriront à votre camp et qui aiment le théâtre et les arts de la scène?

Je veux qu'ils sachent que tout le monde a un rôle à jouer dans une production. Chaque réplique est importante, chaque virgule compte. Je veux que le jeune aille chercher à l'intérieur de lui les émotions qu'il vit. Et quand ce n'est pas évident de les laisser sortir, les animateurs et moi serons là pour l'aider à ce qu'il y arrive. Les acteurs et les artistes, nous sommes des personnes émotives. En tant qu'adultes, dans notre relation avec les adolescents, nous n'agirons pas comme des thérapeutes, ou des magiciens qui feront disparaître leurs problèmes. Mais nous les aiderons à évoluer et à canaliser ce qu'ils vivent pour transformer ça en créativité.

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