Carl Palmer: les tableaux du batteur d'ELP

Carl Palmer garde un bon souvenir des mois... (Photo fournie par l'artiste)

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Carl Palmer garde un bon souvenir des mois où il a habité à Montréal, exception faite de l'hiver et du froid!

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Le 25 juillet 2010, Emerson, Lake and Palmer (ELP) a célébré son 40e anniversaire d'existence en étant la tête d'affiche du festival de rock progressif High Voltage, à Londres. Ce fut le dernier concert de l'histoire du trio britannique qui a connu la gloire dans les années 70 quand le rock progressif faisait vibrer le Québec.

«J'ai accepté de participer à ce festival parce que c'était à Londres où nous avions fait nos débuts, mais après ça, pas question de continuer, explique le batteur Carl Palmer au téléphone. Je n'ai rien contre la nostalgie, j'aime faire plaisir aux gens et les remercier pour leur appui au fil des ans, mais il faut absolument maintenir une norme de qualité. Or, ce soir-là, j'ai senti que ce n'était pas tout à fait aussi bon que ce qu'on avait l'habitude de faire et que ça allait se détériorer. Il fallait que quelqu'un le dise et c'est moi qui l'ai fait. Il faut savoir quand s'arrêter.»

Le batteur anglais jouera encore la musique d'ELP vendredi au Gesù, mais avec un trio, l'ELP Legacy, dans lequel les claviers de Keith Emerson ont été remplacés par une guitare. Palmer est accompagné depuis plusieurs années déjà par le guitariste Paul Bielatowicz et le bassiste Simon Fitzpatrick qui étaient d'ailleurs avec lui au même Gesù l'an dernier.

«Si je joue avec de jeunes musiciens, c'est parce qu'ils peuvent repousser les limites. Je ne voyais pas l'intérêt de reproduire ou d'essayer d'égaler ce qu'a fait ELP. D'ailleurs, ELP aurait pu être un quatuor au début des années 70, mais nous n'avons jamais trouvé un guitariste assez bon. Aujourd'hui, il y a plus de grands guitaristes que de grands claviéristes. On ne peut évidemment pas jouer autant de notes sur une guitare que sur un clavier, mais, en ajoutant la basse à six cordes, la musique s'en trouve rafraîchie.»

Le Stade olympique puis le déclin

Comme Keith Emerson et Greg Lake, Carl Palmer a vécu à Montréal, plus précisément à Mont-Royal, pendant plusieurs mois alors que le trio préparait la tournée symphonique qui allait s'arrêter au Stade olympique le 26 août 1977. S'il n'a pas apprécié notre hiver, il garde un bon souvenir de la chaleur des Montréalais et du concert au Stade, même si une console a rendu l'âme 15 minutes avant le début de la représentation.

Ce concert devant 78 000 spectateurs aura été le point culminant de la carrière du trio britannique qui s'est étiolée par la suite. Quelques années plus tard, Palmer s'est joint au supergroupe Asia avec lequel il vient de boucler une autre tournée le mois dernier.

«Asia s'est amélioré au fil des années et, comme sa musique est moins complexe, il est plus facile de maintenir une norme de qualité élevée, affirme Palmer. Dans Asia, nous venions tous de groupes de rock progressif, mais nos chansons étaient presque de la variété avec un peu de prog à l'occasion. C'est un groupe rock dans la veine de Styx, Journey ou Foreigner.»

Le rock progressif était une forme artistique britannique, comme le jazz est américain, estime Palmer: «Il y aura toujours des groupes de rock progressif, mais ils ne tourneront pas à la radio et ne susciteront pas le même intérêt qu'à l'époque. Certains, comme Steven Wilson et Dream Theater, se démarquent, mais Dream Theater a plus de 25 ans. Moi, je joue encore du prog parce que ça fait partie de mon héritage musical. C'est là d'où je viens; j'étais dans l'un des groupes fondateurs qui l'ont propulsé à l'avant-scène.»

Son autre passion

Carl Palmer's ELP Legacy qu'on verra vendredi puise dans le répertoire instrumental de l'ex-groupe de Palmer, y compris la Toccata et fugue en ré mineur de Bach et l'America de Bernstein, tout en y ajoutant à l'occasion sa propre version d'une pièce classique comme La chevauchée des Valkyries de Wagner.

Palmer a également une autre passion qui s'expose dans les galeries d'art plutôt que dans les salles de concert. Il a lancé cette année Rhythm of Light, sa deuxième collection de tableaux créés à partir de son jeu à la batterie, collection qui a donné son nom à sa tournée actuelle de concerts.

Pour créer ses tableaux, Palmer installe sa batterie dans une pièce très sombre et se met à jouer avec des bâtons dont les extrémités sont serties de lumières LED. Ces effets de lumières sont aussitôt captés pour en faire des tableaux aux formes et aux couleurs diverses. «J'ai un tableau intitulé The Great Gates of Kiev comme la pièce dans laquelle je joue du gong, des toms et des cymbales à la fin de Pictures at an Exhibition de Moussorgsky. On peut voir ce que ça donne sur mon site web

(carlpalmerart.com).»

Au Gesù le 28 novembre.

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