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50 ans de musique contemporaine, 5 allers-retours dans le temps

Le directeur artistique de la Société de musique... (Photo André Pichette, La Presse)

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Le directeur artistique de la Société de musique contemporaine du Québec, Walter Boudreau.

Photo André Pichette, La Presse

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«La Société de musique contemporaine du Québec ne se promène pas en marchette! Nous n'avons jamais été aussi actifs, aussi présents. Nous envisageons avec beaucoup d'espoir les 50 années à venir», clame fièrement le directeur artistique Walter Boudreau.

Ainsi, la saison de l'organisme qui s'amorce vendredi commémore un demi-siècle de musique contemporaine imaginée et interprétée au Québec.

Walter Boudreau en est le troisième directeur artistique, ayant succédé aux compositeurs Gilles Tremblay (deux ans) et Serge Garant (vingt ans). Saxophoniste, compositeur au croisement du jazz, du rock psychédélique et de la musique sérieuse au siècle précédent, l'ex-leader de l'Infonie avait joint le camp de la musique contemporaine québécoise pour devenir un de ses principaux compositeurs, maestros et directeurs artistiques.

Souffrant d'un problème d'image et de perception, la musique contemporaine a traversé des périodes difficiles au fil de ces cinq décennies, déplore Walter Boudreau.

«Il est devenu très difficile d'écouter de la musique contemporaine via les médias institutionnels. Ce désengagement de la radio publique a commencé il y a une vingtaine d'années, et il s'est avéré beaucoup plus prononcé chez nous qu'au Royaume-Uni, en Allemagne ou en France. Encore aujourd'hui, Radio France entretient deux orchestres symphoniques! Notre radio nationale, elle, ne commande même plus d'oeuvres.»

Malgré cette adversité, le directeur artistique croit toujours que la musique contemporaine doit demeurer un phare de la création musicale.

«Nous faisons de la recherche et développement; on ne peut comparer notre impact à celui des musiques populaires. Et nous avons du succès: il y a deux ans, notre festival Montréal/Nouvelles Musiques avait cumulé 24 000 entrées payantes. Il y a donc déséquilibre dans la médiatisation de notre travail», martèle Walter Boudreau avant de présenter cinq événements dont l'objet est de commémorer un demi-siècle de musique contemporaine au Québec.

Plutôt qu'une «rétrospective à saveur musicologique qui n'intéresse que les musicologues», le directeur a opté pour cette idée d'«allers-retours».

«Quelques souvenirs des années 60 m'ont mené à cette idée: un dossier très amusant de Paris-Match s'interrogeait alors sur ce que deviendrait la France en 2000; le film 2001: l'odyssée de l'espace m'avait aussi fasciné, tout comme le roman 1984 de George Orwell. Or, nous sommes maintenant dans cet avenir qui ne correspond pas vraiment à ces évocations futuristes. En musique, des prédictions ont été aussi infirmées; prenez Pierre Boulez, qui affirmait que l'on ne reviendrait plus jamais en arrière, que les compositeurs ne feraient plus appel aux accords mineurs et majeurs! Il n'avait pas prévu l'impact d'un artiste new-yorkais et chauffeur de taxi à cette époque, un certain Steve Reich...»

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Cinq allers-retours proposés par Walter Boudreau

Broadway Boogie-Woogie, vendredi soir, 19h, salle Pierre-Mercure

«Pour notre premier concert, nous rendons hommage à Pierre Mercure, jadis destiné à être directeur de la SMCQ mais mort tragiquement en 1966. Nous interpréterons Tétrachromie, une des premières oeuvres de l'époque alliant l'électronique et l'acoustique, dont Mario Gauthier a piloté la reconstitution à partir des bandes originales et des indications du compositeur. Dans ce même programme, nous ferons De Stijl, extrait de la pièce De Materie du Hollandais Louis Andriessen, inspirée de Broadway Boogie-Woogie, toile célèbre de Piet Mondrian. Andriessen est à mon sens le compositeur le plus important de sa génération aux Pays-Bas; il incarne tout ce qui n'est pas orthodoxe.»

Chant d'amours, le 10 novembre, 20h, salle Pierre-Mercure

«Nous revisiterons celui qui fut l'âme de la SMCQ pendant 20 ans, et qui fut le porte-flambeau de la musique contemporaine au Canada. Aujourd'hui, Serge Garant est oublié... Lorsqu'on enterre quelqu'un au Québec, on l'enterre creux! Nous allons néanmoins jouer son Chant d'amours, oeuvre magistrale qui est en quelque sorte son testament musical. Dans ce même programme, nous jouerons la pièce incroyablement intense Kontakte de Karlheinz Stockhausen, une oeuvre pionnière de la musique contemporaine qui associait pour la première fois les percussions et le piano à l'électronique.»

Berliner Momente, les 23 et 24 février, 19h30, salle Pollack de l'Université McGill

«L'ouverture du prochain festival Montréal/Nouvelles Musiques comportera les deux premiers mouvements de ma symphonie Berliner Momente, de loin mon oeuvre la plus ambitieuse. La symphonie complète dure 109 minutes, ses cinq mouvements furent composés de 1988 à 2008. Je dirigerai moi-même l'Orchestre symphonique de McGill alors qu'Alexis Hauser, son chef attitré, s'occupera du Concerto pour orchestre de Béla Bartók. Avec cet orchestre formidable, on prendra le temps de répéter chaque mouvement pendant de longues heures. Les trois autres mouvements de la symphonie? L'exécution complète de Berliner Momente se fera sur trois années consécutives.»

Symphonie du millénaire: Prise II, le 26 février, 15h33, basilique de l'oratoire Saint-Joseph

«Nous reprenons l'entreprise la plus considérable de l'histoire de la SMCQ: le 3 juin de l'an 2000, 70 000 personnes avaient assisté à cette Symphonie du millénaire, alors présentée au pied de l'Oratoire. Pas moins de 19 compositeurs avaient été mis à contribution. En février prochain, nous présenterons une réduction: au lieu de 96 minutes, la Symphonie du millénaire durera entre 70 et 72 minutes. L'oeuvre sera exécutée par l'Orchestre philharmonique des musiciens de Montréal, dirigé par Philippe Ménard, un choeur et le grand orgue de l'Oratoire, sans compter les échantillons musicaux originels.»

Niemandslandhymnen, le 18 mai, 19h, Usine C

«Cet événement pluridisciplinaire a été imaginé par Sandeep Bhagwati. D'origine indienne, il enseigne en Allemagne et au Québec; il est à la fois compositeur, poète, metteur en scène et s'intéresse aux nouvelles technologies. Son oeuvre intègre des musiques expérimentales, setâr iranien, kora ouest-africaine, chant khayal indien, danse, projections vidéo, etc. L'Ensemble de la SMCQ exécutera Niemandslandhymnen. Je serai moi-même branché de partout, de manière à ce que ma gestuelle déclenche des choses en temps réel! Cette approche du spectacle total rappelle ce qu'on cherchait à présenter avec l'Infonie il y a près de 50 ans.»

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