Makusham au Monument

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Au Café du Monument-National a eu lieu le mardi 28 avril l'un des plus spectaculaires lancements de l'histoire du disque québécois: celui de Puamuna, du chanteur innu Florent Vollant.

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Daniel Lemay
La Presse

La semaine dernière, Grand Angle a assisté à trois lancements, trois lancements de trois vétérans, trois hommes qui, chacun dans leur style ou leur approche, continuent de contribuer à la vivacité de la scène musicale québécoise. Grosse semaine.

Lundi au Monument-National, Gilles Valiquette, «Family & Friends» lançaient le CD P.S. I Love Uke dans lequel Valiquette interprète 15 chansons des Beatles - dont P.S. I Love You - en s'accompagnant au ukulélé. L'auteur, compositeur et interprète de Je suis cool, on le sait, est un fan et un grand spécialiste des «Fab Four», comme en témoigne l'ouvrage C'est fou mais c'est tout - Parcours discographique des Beatles au Canada, une étude de 700 pages publiée l'an dernier aux Éditions de l'Homme.

Autour de lui sur scène, il y avait entre autres le batteur de ses premiers disques dans les années 70, son fils Louis et, comme choristes, sa femme Viviane et sa fille Dominique. Et comme s'il avait eu peur de manquer de belles voix, Gilles Valiquette avait aussi convoqué Monique Fauteux et sa fille Julie Valois, la chanteuse de Premier Ciel, groupe-hommage à Harmonium.

On a vu François Cousineau jouer du piano sur un instrument d'enfant posé tout croche sur deux tabourets d'inégale hauteur. On a vu Gilles Valiquette, un animateur hors de l'ordinaire, poser avec ses petits-enfants. Cool, sympa, et tout le monde était content pour celui qui a beaucoup donné à sa communauté de créateurs, entre autres à la SOCAN qu'il a présidée pendant cinq ans.

Imposante délégation

Mardi, dans le même Café du Monument-National, a eu lieu un des plus spectaculaires lancements de l'histoire du disque québécois: celui de Puamuna, du chanteur innu Florent Vollant.

Ils étaient venus de Maliotenam, de Betsiamites et d'autres lieux encore, amis, parents, mères de clan. Un chef de bande du Labrador. Huit des 10 membres du conseil de bande de Maliotenam, dont Maurice Vollant, le fils de Florent, et le chef Mike McKenzie. «Des événements comme celui-là sont importants pour notre communauté, nous a dit M. McKenzie. Nous sommes venus pour rendre hommage à Florent qui est l'un de nos grands ambassadeurs.»

En français, en innu et en anglais, le chanteur a été présenté par Ghislain Picard, Chef de l'Assemblée des Premières Nations du Québec et du Labrador. Le chef des chefs... Comme si le premier ministre du Québec avait présenté Gilles Vigneault ou Robert Charlebois.

Accompagné des réalisateurs de son disque, Réjean Bouchard et Kim Fontaine, d'André Lachance à la guitare et de Louis-Philippe Boivin, son «frère attikamek», aux drums, Florent Vollant a commencé avec Tshekuannu, une toune de pow-wow s'il en est! Puis Pascale Picard est venue chanter avec lui Apu peikussian, sa première chanson traduite en innu, oui.

Après, l'ancien de Kashtin a fait venir en avant ses petits-enfants, une partie de ses petits-enfants, en fait, pour prendre une photo. «Ça, c'est ma gang!, a lancé un papi très ému. Vous êtes mieux de faire attention à moi!»

Les petits Vollant de cette génération ne parlent pas innu, nous a dit Réjean Bouchard à qui nous demandions la signification de ce disque pour la communauté. «C'est le grand drame de Florent... Au-delà de la musique, ce disque est un document anthropologique...»

La fête s'est terminée avec un grand makusham, une danse-célébration montagnaise qui a mis le Monument dans un état d'extase souriante. Dans la file sautillante, nous avons reconnu Pascale Picard, bien sûr, le sculpteur Armand Vaillancourt, Micheline Sarrazin, l'agente de Fred Pellerin, du chanteur Richard Séguin, de l'acteur Mario St-Amand.

Les danseurs les plus importants de ce makusham - c'est aussi le nom du studio de Florent Vollant à Maliotenam - étaient toutefois ces hommes et ces femmes qui avaient fait sept, huit, dix heures de route pour venir rendre hommage à celui qui garde vivant leur rêve, Puamuna.

Après la tempête

Le lendemain, nous étions au Bistro à Jojo, le temple du blues montréalais paqueté raide pour le lancement du CD de Bob Walsh, After the Storm.

Après la tempête... L'an dernier, Walsh a subi un quadruple pontage coronarien et suivait encore des traitements de dialyse quand il a enregistré ce disque. Après avoir passé 14 semaines à l'unité des soins intensifs de l'Hôtel-Dieu...

«Bob, c'est un survivor», nous a dit Jean Fernand Girard, son chef d'orchestre qui dirige un des meilleurs blues bands en ville. Mercredi, les gars - Christian Martin, Jean Cyr, Bernard Deslauriers, Guy Bélanger - étaient heureux de se retrouver avec «leur» Bob.

Bob Walsh, lui, en plus, était heureux d'être en vie. Et plein de monde avec lui.

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