Patrick Watson et les robots

Patrick Watson... (Photo: Ulysse Lemerise, collaboration spéciale)

Agrandir

Patrick Watson

Photo: Ulysse Lemerise, collaboration spéciale

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

Ainsi donc, Patrick Watson a devancé sur scène la sortie officielle de son cinquième album, Love Songs for Robots. Et ce, sans empiéter sur le match gagné de haute lutte par le CH à Ottawa. En cette soirée dominicale au Théâtre Fairmount, ses fans étaient parfaitement disposés à absorber cette matière neuve. On imagine qu'il en sera de même lundi soir, au même endroit, au coeur du Mile End.

«Montréal héhé! Je joue devant mes voisins avec qui je fais mon épicerie», a lancé le chanteur en ricanant, visiblement heureux de se produire parmi les siens.

Quelques écoutes de cet enregistrement permettent d'observer que les claviers de François Lafontaine, sans qui Karkwa n'aurait jamais atteint les sommets que l'on sait, sont cruciaux dans la facture. Sur scène, ils sont joués par Mathieu Charbonneau du groupe Timber Timbre, et se fondent davantage dans un creuset de guitares, de pedal steel et de voix humaines. Complémentaires au piano du chanteur, aux guitares de Joe Grass, à la basse de Mishka Stein et à la batterie de Robbie Kuster, aux choeurs d'Erika Angell (Thus Owls), Marie-Pier Arthur et Lisa Iwanycki Moore, les machines représentent une part considérable des arrangements. Environnement plus électro et plus rock prog dans la facture générale.

Les machines au lieu de la musique de chambre, donc. Patrick et ses comparses ne s'affairent-il pas désormais à attendrir les robots dans ce décor vaguement science-fiction, bosquet de tiges coiffées de bulles de plastique? Émouvoir les androïdes? Injecter de l'émotion dans les microprocesseurs? Symboliquement, oui. Dans les faits, ces artistes s'adressent exclusivement aux humanoïdes friands de pop indie de haute volée. Et y imposent une contrepartie très organique, surtout par le biais des voix.

Il est encore tôt pour affirmer si ces chansons peuvent germer et pousser très haut dans nos hémisphères. Leur emballage n'a peut-être pas la profondeur orchestrale des albums précédents (Wooden Arms et Adventures in Your Own Backyard). Les arrangements s'avèrent moins considérables, on s'en tient davantage aux charpentes des chansons, à la voix du soliste et de ses choristes.

Quoi qu'il en soit, Patrick Watson et ses comparses auront interprété les titres du nouvel album: Love Songs For Robots, Good Morning Mr. Wolf, Hearts, Bollywood (assortie d'une finale paroxystique), In Circles, Grace (avec certains accents lennonesques), Alone In This World (jolie ballade folky pop avec un petit arôme des îles), Places You Will Go, Know That You Know, Turn Into The Noise (chanson d'esprit soul avec d'importants renforts choraux, d'ailleurs utilisée dans la bande-annonce du second volet de la cinquième saison de la série The Walking Dead).

Les fans auront en outre reconnu Adventures in Your Own Backyard (et auront multiplié les vocalises sur le pont de la chanson), Into Giants (en version acoustique, jouée carrément debout sur le bar avec participation fervente de l'auditoire), Travelling Salesman. Donc très peu de chansons connues au programme.

Il fallait plutôt avaler un album entier et le premier concert d'un cycle de création qui s'annonce long.

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires : Arts

Tous les plus populaires de la section Arts
sur Lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer