Moncton: où étaient les médias traditionnels?

«Une chance qu'il y a Twitter...» (Photo Marc Grandmaison, La Presse Canadienne)

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«Une chance qu'il y a Twitter...»

C'est ce qui se disait mercredi soir, alors que les internautes cherchaient en vain de l'information sur la fusillade et la chasse à l'homme qui se déroulaient à Moncton, au Nouveau-Brunswick.

Où étaient les médias traditionnels? Non seulement les chaînes d'information continue LCN et RDI n'avaient pas d'émissions en direct à proposer, mais le quotidien local, le Times & Transcript, s'obstinait à maintenir son abonnement payant alors que la GRC pourchassait toujours le suspect dans les rues de Moncton. À noter que lors de l'ouragan Sandy, le New York Times et le Wall Street Journal avaient offert leur contenu gratuitement à la population. Même chose du côté du Washington Post lors de la fusillade à la Washington Navy Yard, en septembre dernier.

Au Québec, seule la CBC diffusait les points de presse officiels en direct. Les journalistes de Radio-Canada à Moncton, Marylin Marceau et Michèle Brideau, diffusaient leurs informations sur Twitter. On pouvait également consulter l'Halifax Chronicle Herald, qui avait temporairement suspendu son abonnement payant pour informer la population. LaPresse.ca a également publié un texte en soirée.

Twitter est donc devenu encore une fois un point de ralliement, comme il l'est toujours dans le cas d'événements tragiques. La régie de la santé du Nouveau-Brunswick (@HorizonHealthNB) l'a utilisé pour diffuser ses messages. La GRC implorait quant à elle les gens de Moncton de ne pas sortir de leur maison pour ne pas s'exposer au danger. Avait-elle pris des notes lors des attentats du marathon de Boston? (La GRC du Nouveau-Brunswick n'a pas rappelé La Presse.) Toujours est-il qu'elle demandait dans le même souffle aux citoyens de ne divulguer aucune information qui pourrait informer le fugitif de la position des policiers.

Que font les chaînes d'information?

Sur Twitter, autour de minuit, les critiques fusaient à propos du silence des chaînes d'information francophones. Il faut dire que c'est le réflexe de bien des gens, lorsque survient un tel événement, d'allumer la télé. Or, mercredi soir, il n'y avait aucune émission spéciale sur la fusillade de Moncton. «Je croyais que nous avions des services de «nouvelle continue» en français maintenant..., a twitté le maire de Montréal, Denis Coderre. Pendant ce temps à Moncton...»

Comment expliquer ce silence?

À RDI, on s'est contenté de présenter des interventions en direct de la journaliste Michèle Brideau au début du Téléjournal de 21h, puis à trois autres moments durant la soirée. «On reconnaît qu'on aurait dû aller en émission spéciale, a déclaré le porte-parole de Radio-Canada, Marc Pichette. Tout ce que je peux dire, c'est que les équipes se sont rencontrées cet après-midi [jeudi] pour revoir le fil des événements et que depuis ce matin, nous sommes en émission spéciale.»

Du côté de LCN, la journaliste Karima Brikh était en direct à 22h dans les studios de Montréal et présentait à l'écran des photos glanées sur les réseaux sociaux. Comme la plus proche station affiliée à TVA se trouve à Carleton, en Gaspésie, il était difficile de faire plus. LCN n'a pas communiqué avec nous, mais un employé de la salle de nouvelles qui préfère garder l'anonymat a rappelé à La Presse que «depuis le 26 mai, il n'y a plus d'équipe de rédaction le soir à LCN. En outre, certains quarts de travail, dont celui du chef de pupitre, ont été abolis. Quant au bulletin de 20h30, même s'il n'est diffusé qu'à LCN, il est préparé par l'équipe du TVA 22 heures».

Bref, une chance qu'il y avait Twitter...




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